Quelques mythes sur les violences à caractère sexuel

Mythe / Préjugé

RÉALITÉ

«Les violences sexuelles n’arrivent qu’aux autres, pas à soi ou à une personne de son entourage.»Tout le monde peut subir une violence à caractère sexuel, quel que soit le statut socio-économique, le style vestimentaire ou les endroits fréquentés.
«Il est inconcevable qu’une personne que je connaisse, ou à qui je fais confiance, puisse commettre une violence sexuelle à mon endroit.»La forte majorité (environ 80 %) des violences à caractère sexuel sont perpétrées par une personne connue de la victime : connaissance, fréquentation, conjoint, ami, membre de la famille.
«Les violences sexuelles ont lieu tard le soir, dans des lieux sombres ou isolés».Les violences sexuelles peuvent être commises à toute heure du jour ou de la nuit, se déroulent la plupart du temps dans des endroits privés, comme l’appartement de l’agresseur ou de la victime.
«Si une femme ne dénonce pas (ou le fait tardivement) la violence subie, il y a lieu de se questionner, à savoir si elle a réellement subi une violence».Seulement 10 % des victimes dénoncent les violences sexuelles dont elles ont souffert.
«Il est acceptable d’avoir une relation sexuelle avec une femme qui est en état de consommation ou inconsciente à cause des substances qu’elle a consommées.»Être en état d’ébriété et d’intoxication ou inconsciente à cause des substances consommées peut invalider le consentement.
«En l’absence d’une résistance claire de la part de la femme, il n’y a pas vraiment de violence sexuelle.»Plusieurs éléments peuvent rendre difficile, voire impossible, de résister à un agresseur : la peur des représailles, la surprise, un état altéré par des substances, une éducation favorisant la passivité en cas d’agression.
«Si la femme n’a pas une forte réaction émotive, c’est qu’elle n’a pas été victime d’une violence sexuelle, ou alors que l’agression n’était pas très grave.»De la même façon que pour les autres expériences de trauma, comme le deuil, chaque personne réagit de façon unique. Cette réaction ne reflète pas la gravité du geste subi ou l’ampleur des conséquences sur la victime.
«Si le récit présenté par la victime d’agression soulève des inconsistances ou des contradictions, c’est qu’elle n’a pas réellement été victime de violence à caractère sexuel.»Plusieurs éléments peuvent altérer la mémoire: les émotions fortes, les mécanismes de défense, l’état de consommation au moment des faits, et le délai écoulé entre la violence et la dénonciation.
«Les fausses plaintes sont nombreuses.»Les fausses plaintes ne sont pas plus nombreuses dans les cas de violences à caractère sexuel que dans les cas d’autres crimes.
«Une violence sexuelle peut être provoquée par une tenue vestimentaire ou une attitude aguicheuse.»Toute personne est en droit de refuser une activité sexuelle, et ce, peu importe son habillement ou ses comportements. Il appartient à la personne qui entreprend les activités sexuelles de s’assurer de l’accord volontaire de l’autre et de cesser toute activité si le consentement n’est pas clairement présent.
«Les agresseurs ont des problèmes de santé mentale.»Les violences sexuelles, étant des gestes de prise de pouvoir, sont stratégiques, réfléchies et calculées plutôt que d’être le fruit d’un esprit malsain.
«Les violences sexuelles sont sensationnelles, violentes, très visibles de l’extérieur.»La plupart des violences sexuelles sont commises à l’abri des regards ou subtilement perpétrées, et ce, la plupart du temps, au moyen de la manipulation ou de la menace, et non pas de violence physique.
«Tous les agresseurs sont des hommes.»40 % des hommes agressés ont au moins une femme comme agresseur.
«Lorsqu'un homme est victime d'une agression, il deviendra un agresseur.»Les 2/3 des hommes victimes d'agression ne deviendront jamais des agresseurs.