Des solutions pour ne pas « pogner » les nerfs

Pleins feux sur l’anxiété et le stress  

Quelle différence y a-t-il entre l’anxiété et le stress?  Comment se manifestent-ils dans le comportement?  Étant l’affaire de tous, le stress et l’anxiété font partie des vies humaines. Même que, si l’on considère toutes les facettes de l’anxiété, il semblerait que 50 % des gens souffrent de ce malaise.

Lucie Gauthier vous en glisse quelques mots et vous propose des moyens à portée de main, efficaces pour mieux gérer le stress ou l’anxiété.

Une origine louable

L’objectif de base du stress est tout à fait sain et nécessaire. Il agit comme un système d’alarme pour rendre l’organisme alerte et le protéger d’un éventuel danger. Il est au corps, ce que le détecteur de fumée est à la maison.

Lorsqu’un danger est perçu, le cerveau envoie un message au système nerveux qui se divise en deux ramifications. La première : le système nerveux sympathique libère immédiatement l’énergie nécessaire pour mettre le corps en condition de réagir. La seconde : le système nerveux parasympathique régule et empêche le système sympathique de s’emballer en rétablissant le corps à son état normal.

Non seulement notre système d’alarme corporel peut sauver des vies, il nous permet également de mobiliser nos énergies et de prendre les moyens appropriés pour atteindre nos buts, lorsque nécessaire.

Maintenant, imaginez s’il se déclenchait pour tout et pour rien et qu’il résonnait continuellement dans nos oreilles? Il y aurait de quoi nous agacer jusqu’en en perdre la tête… n’est-ce pas?

La distinction entre stress et anxiété

Le stress

Le stress est un inconfort physique, en lien direct avec la réalité immédiate. Il se déclenche dès qu’il y a décodage d’une menace ou d’un danger réel.

Provoquées par des événements extérieurs, les inquiétudes rattachées au stress s’arrêtent souvent à l’anticipation d’une seule conséquence négative directe. Par exemple :

  • « Si je ne performe pas bien à l’entrevue, je risque de ne pas obtenir cet emploi. »   

L’anxiété

L’anxiété s’exprime par un malaise physique quasi-intolérable. La plupart du temps, elle est reliée à l’anticipation d’un évènement négatif qui risque d’arriver dans le futur (danger incertain, imaginaire).

Elle comporte des inquiétudes reliées généralement à un monologue intérieur. Excessives et irréalistes, ces inquiétudes impliquent une surestimation des risques possibles, une exagération des conséquences dramatiques qui pourraient survenir. Par exemple :

  • « Je ne performerai pas bien à l’entrevue + je n’obtiendrai pas de poste + je vais demeurer à contrat toute ma vie + on va douter de mes compétences  + je n’aurai jamais de conditions salariales + et si je deviens malade + je vais faire faillite + etc. »

À caractère incontrôlable, ces inquiétudes requièrent beaucoup d’attention et d’énergie.

Les symptômes

De manière générale, les symptômes du stress et de l’anxiété sont sensiblement les mêmes. Principale différence, ils sont plus accentués dans l’anxiété; à un point tel que, vécues à une forte intensité, l’anxiété peut devenir un réel handicap autant au point de vue fonctionnel, social qu’occupationnel1.

1. Même si, médicalement parlant, il n’y a pas de causes objectives, les réactions physiologiques sont réelles et en lien avec un scénario imaginaire.

Les stress et l’anxiété provoquent :

au plan physique

  • agitation, fébrilité, sensation d’être survolté, à bout
  • tremblements
  • palpitations
  • étourdissements
  • tensions musculaires
  • troubles digestifs
  • maux de tête
  • fatigue
  • problèmes de sommeil, insomnie ou hypersomnie
  • maladies de toutes sortes.

au plan psychologique

  • peur, inquiétudes constantes, malaises
  • sentiment de perte de contrôle, d’impuissance
  • sentiment de culpabilité inapproprié
  • peur de la critique et du rejet des autres
  • émotions étouffées ou à fleur de peau (tristesse, irritabilité, colère, agressivité)

au plan cognitif

  • tourbillon de pensées incontrôlables et perturbantes
  • difficulté à être attentif, à se concentrer

La détection de l’anxiété

Parce que les conditions de travail et d’études impliquent beaucoup d’adaptation, de situations inconnues, d’exigences et de compétition, elles peuvent mener au développement de l’anxiété.

Pour certains le stress et l’anxiété sont la résultante d’épisodes situationnelles et deviennent un défi stimulant à surmonter. Pour d’autres, ces ressentis sont relativement constants ou fréquents, ce qui rend leur parcours professionnel beaucoup plus exigeant; celui-ci étant malheureusement accompagné d’une certaine souffrance.

Bien souvent même pas conscientes de leur trouble, les personnes qui vivent de l’anxiété utilisent différentes façons pour exprimer leur « souffrance » :

Trouble Anxiété Généralisée (TAG)

(appréhensions de conséquences futures négatives; incertitudes) :

  • « Je vis plusieurs peurs qui nuisent à ma qualité de vie et qui contrôlent celle-ci; il y a des moments ou j’ai peur de tout et je n’ose plus rien faire. »
  • « J’ai une angoisse extrême, j’ai de la difficulté à dormir tellement j’angoisse pour un rien. »
  • «  Mon principal problème touche ma confiance en moi et ma sécurité personnelle; cela me nuit particulièrement au niveau professionnel (collègues et patrons confondus). »
  • « Je me sens déprimée, je me demande si ça vaut la peine de vivre tout ce stress; je suis vraiment tannée que la vie soit compliquée comme ça. »
  • « J’ai des problèmes psychosomatiques; je suis souvent malade et on ne trouve jamais de causes physiques »
  • « J’ai peur pour mon avenir; j’ai peur de rien faire et je ne pense qu’à cela. »
  • « J’ai l’impression de perdre le contrôle sur ma vie et que tout va s’effondrer; j’ai trop de travail, ça me stresse au bout, et cela a un impact sur ma relation amoureuse. »

Crise de panique

(appréhensions de catastrophes physiques) :

  • « Je me sens incapable de rester seul; j’ai peur d’avoir un malaise et de faire une crise de cœur. »
  • « J’ai des chaleurs, des vertiges, des étourdissements, l’impression de devenir fou, etc. »
  • « J’ai des crises d’angoisse qui sont de différentes intensités et à des fréquences différentes. Je fais aussi de l’insomnie. Je suis fatigué et déprimé. »
  • « Je ne sais pas ce qui se passe; je deviens très mal sans raison et j’ai l’impression que je ne serai plus jamais capable de m’en sortir. »

Phobie sociale

(appréhensions d’humiliation, d’être observé ou au centre de l’attention) :

  • « J’ai de la difficulté à m’exprimer en groupe. »
  • « J’ai la hantise des présentations orales, j’ai toujours réussi à choisir des cours où il n’y en a pas, mais, cette session, je suis obligé d’en faire une et je panique juste à y penser. »
  • « J’ai un mécanisme de fuite très présent; surtout lorsque je devrais confronter ou exprimer  une opinion qui diffère de celle des autres. »
  • « Lorsque je suis avec des personnes que je connais moins, je suis gêné et je n’aime pas ça. J’ai peur de dire des bêtises qui feront que les autres me trouveront bizarre. »
  • « J’ai de la difficulté à m’intégrer dans un groupe, car je suis timide lorsqu’il y a beaucoup de monde. »
  • « J’ai vraiment peur pour mon image sociale et je ne sais pas si je suis capable de passer par-dessus. »
  • « J’ai de plus en plus de difficulté à parler avec les gens qui m’entourent. »
  • « Malgré la réussite que j’ai dans tout ce que j’entreprends, je ne me fais pas confiance et j’ai toujours peur de l’échec ou du ridicule. »

Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) :

  • « J’essaie constamment de maigrir; j’ai beaucoup de misère à m’accepter même si, dans le fond, je sais que je ne suis pas grosse; je fais beaucoup d’exercice et je ne suis pas capable de me contrôler. »
  • « J’ai des compulsions (achats, nourriture, etc.). »
  • « Je remets toujours en question mon identité sexuelle; pourtant je sais que je suis hétéro; ça me rend fou, je ne suis pas capable d’arrêter de penser à cela. »

Hypochondrie

  • « J’ai déjà été anxieux en voyant des reportages sur le sida; dans un rave, j’étais anxieux avant de prendre la pilule d’extasy. Cette anxiété me hante depuis ce temps, car j’ai le sentiment d’avoir endommagé mon cerveau. »  

Phobies simples

  • « J’ai peur des hauteurs. »
  • « Sachant que je devrai prendre l’avion dans un mois, cela m’empêche déjà de dormir. » 
  • « J’ai la phobie des enfants qui morvent et je dois faire un stage avec des enfants de la maternelle… je ne sais pas quoi faire. »

Impact de l’anxiété

Vivre de l’anxiété amène diverses conséquences qui, selon le cas, pourront affecter à différents niveaux.

Prise de décision

  • « Je me sens bouleversé; je suis tellement pris par ce que je vis ici que je ne sais plus ce que je veux, ce qui me fait plaisir; je remets tout en question… »
  • « J’ai de la difficulté à prendre des décisions; je doute toujours de mes choix.»
  • « Je ne sais plus où me diriger, quel choix faire pour l’avenir; j’ai peur de me tromper ou de passer à coté de quelque chose qui pourrait être meilleur pour moi. »

Procrastination

  • « Je suis toujours à la dernière minute pour les choses que j’ai à faire et cela augmente mon stress; je me sens rarement relaxe. »
  • « Je remets tout au lendemain et je suis maintenant au bout de mon souffle pour essayer de rattraper le temps que j’ai perdu. »

Même si le malaise peut varier d’intensité selon les circonstances, il n’en demeure pas moins que le personnel et les étudiants anxieux dépensent une quantité incroyable d’énergie pour tenter de neutraliser ce trouble.

Les réactions les plus courantes sont :

  • l’évitement des situations perçues à risques (fuite, isolement, procrastination);
  • le désir de tout contrôler, tout prévoir (faire des plans, des listes);
  • la constante recherche de réassurance.  

Gestion de l’anxiété

Afin d’en arriver à ce que le stress et l’anxiété soient la résultante d’épisodes situationnelles ou d’un défi à surmonter, quelques petits trucs efficaces de gestion :

  1. Prendre conscience des anticipations (les tout d’un coup que…) et les arrêter en prenant réalisant que ces anticipations sont imaginaires et en revenant dans le moment présent.
  2. Prendre conscience des exigences qui deviennent étouffantes plutôt qu’aidantes (les il faut que ou il ne faut pas que) et les diminuer.
  3. Faire de l’activité physique qui demande idéalement de l’attention (permet la libération de l’anxiété et la cessation de rumination des pensées).
  4. Se centrer sur ce que l’on veut plutôt que sur ce que l’on ne veut pas et agir en conséquence.

Note : Aider la personne à prendre conscience de ses forces et de son pouvoir; c’est probablement à ce niveau que vous avez le plus d’emprise pour aider vos collègues ou vos étudiants!

Ressources

Si vous vous apercevez que vous ou une personne de votre entourage êtes aux prises avec l’anxiété que vous avez du mal à gérer, diverses avenues s'offrent à vous :

  • Normaliser l’anxiété; bien qu’elle soit pénible à vivre, il existe différents moyens de la gérer.
  • Comprendre ce qui arrive et surtout, reprendre du pouvoir sur la situation.
  • Consulter un médecin pour s’assurer qu’aucune autre maladie physique n’interfère avec les symptômes ressentis.

Des ressources sont également disponibles sur le campus.

Pour le personnel :

  • un pair aidant; (site Internet)
  • un professionnel du PAP; tél. : 1-866-457-9560

Pour les étudiants :

  • un psychologue  du service de psychologie et orientation; tél. : 819-821-7666
  • le médecin en santé mentale du service de santé; tél. : 819-821-7667

Le Centre d’intervention psychologique de l’université de Sherbrooke (CIPUS) est également une ressource disponible pour les employés comme pour les étudiants.

Pour terminer, rappelez-vous que le meilleur antidote au stress et à l’anxiété demeure le passage à l’action :

« CE N’EST PAS PARCE QUE LES CHOSES SONT DIFFICILES QUE NOUS N’OSONS PAS, C’EST PARCE QUE NOUS N’OSONS PAS QU’ELLES SONT DIFFICILES. »

« DANS LA VIE, C’EST PLUS STRESSANT DE PENSER À L’ACTION QUE DE PASSER À L’ACTION. »

Pour toute question ou commentaire, n’hésitez pas à nous écrire à info.universante@usherbrooke.ca.