Conflit ou harcèlement psychologique?

Il peut parfois être difficile de distinguer entre un conflit interpersonnel et du harcèlement psychologique. Dans les deux cas, la relation avec l'autre est difficile et, lorsque le conflit est avancé ou intense, il est normal de se sentir menacé et de ne pas avoir envie d'être en relation avec l'autre.

Les conflits peuvent être plus ou moins complexes, plus ou moins profonds. Ils trouvent le plus souvent leur origine dans des malentendus ou des différends non résolus qui s'amplifient avec le temps pour devenir de réels problèmes.

Lorsque l'on vit un conflit, il arrive qu'on n'ait plus envie d'être en relation avec l'autre et qu'on ait la conviction que plus rien ne peut être fait pour rétablir la relation. Chaque geste posé par l'autre est interprété à la lumière de l'historique du conflit et est alors perçu comme étant hostile. Malheureusement, certains conflits non gérés peuvent parfois conduire à du harcèlement psychologique.

Au-delà des tensions et des chicanes « normales », on parle de harcèlement quand la situation prend la forme d'une conduite vexatoire qui se manifeste par des comportements, paroles, gestes répétés, hostiles et non désirés, ou encore une seule conduite grave qui porte atteinte et a un effet nocif continu pour la personne. La conduite en question porte atteinte à la dignité ou à l'intégrité physique ou psychologique de la personne et fait en sorte que son milieu de travail ou d'études devient néfaste pour elle.

Il est important de noter que, tant en situation de conflit qu'en situation de harcèlement psychologique, il est possible, si chacune des parties en a la volonté, de trouver des solutions permettant de rétablir les ponts et de faire cesser des comportements blessants ou irritants. On peut alors réfléchir à la situation, en parler avec la personne concernée ou encore demander de l'aide.

Voici des exemples de comportements pouvant être harcelants :

  • Empêcher une personne de s'exprimer : l'interrompre sans cesse, lui interdire de parler aux autres ;
  • Isoler une personne : ne plus lui adresser la parole, l'ignorer, l'éloigner, la priver des moyens de communication (téléphone, ordinateur, courrier, etc.) ;
  • Déstabiliser une personne : se moquer de ses convictions, de ses goûts, de ses points faibles, faire des commentaires désobligeants, mettre en doute son jugement ;
  • Déconsidérer une personne : répandre des rumeurs à son égard, la ridiculiser, l'humilier, l'injurier ou la harceler sexuellement ;
  • Discréditer une personne : ne plus lui donner de tâches à accomplir, lui attribuer des tâches inférieures à ses compétences ou qu'elle n'a pas la capacité de faire, la mettre en échec, simuler des fautes professionnelles, la dénigrer devant les autres ;
  • Menacer, agresser la personne : hurler, la bousculer, endommager ses biens.

Ce qui ne constitue pas du harcèlement

  • L'exercice normal du droit de gérance ;
  • Les maladresses de supervision ou de gestion ;
  • Le stress relié au travail ou aux études ;
  • Les conditions de travail ou d'étude ;
  • Les contraintes professionnelles difficiles ;
  • Les conflits : les conflits non résolus et l'accumulation de facteurs de stress peuvent néanmoins constituer des facteurs de risque du harcèlement.

Si la situation est liée à une violence à caractère sexuel (harcèlement sexuel, agression sexuelle, attouchements, voyeurisme, etc.), consultez notre site «Prévention des violences à caractère sexuel», déployé dans la cadre de la campagne «Sans oui, c'est non!».