Récipiendaires 2015

La rectrice Luce Samoisette et le vice-recteur Jacques Beauvais accompagnent les récipiendaires des Prix de la recherche et de la création 2015.

Photo : UdeS - Michel Caron

S’il y a une qualité commune à tous les chercheurs et chercheuses de l’Université de Sherbrooke, c’est bien leur force d’innovation. Chacun se consacre à forger des avancées sociales, scientifiques, culturelles et technologiques qui transforment notre société, améliorent notre vie et annoncent un avenir prometteur. Les lauréats des Prix de la recherche et de la création 2015 en sont de parfaits modèles.

Lors d’une cérémonie tenue en leur honneur, la rectrice Luce Samoisette et le vice-recteur à la recherche, à l’innovation et à l’entrepreneuriat Jacques Beauvais ont souligné la réussite exceptionnelle de six professeurs remarquables. Décernés dans trois catégories, les Prix visent à mettre en lumière une découverte scientifique ou une œuvre de création significative publiée au cours de l’année.

Les professeurs récipiendaires des Prix de la recherche et de la création 2015 sont : Richard Leduc,Éric Marsault et Philippe Sarret, en médecine et sciences de la santé; Jean-Pierre Le Glaunec en sciences humaines et sociales, droit et administration; ainsi que Patrick Fournier et Serge Jandl en sciences naturelles et génie.

Professeurs Philippe Sarret, Éric Marsault, Richard Leduc (Médecine et sciences de la santé)

Les professeurs Philippe Sarret, Richard Leduc et Éric Marsault sont récipiendaires en médecine et sciences de la santé.

Photo : UdeS - Michel Caron

La douleur chronique constitue un problème important de santé publique qui impose un stress sérieux à la fois aux personnes qui en souffrent et au système de soins de santé qui ne peut les aider adéquatement. Les médicaments actuels, comme la morphine, comportent leur lot d’effets indésirables et 70 % des patients souffrant de douleurs chroniques ne sont pas soulagés efficacement par ces analgésiques d’ordonnance. Malgré le besoin criant de développement de traitements différents de la douleur chronique, aucune innovation n’a été constatée depuis les dix dernières années. La découverte d’une nouvelle classe de molécules analgésiques est d’une importance capitale pour le traitement de la douleur, notamment chez les patients cancéreux qui présentent des douleurs parmi les plus rebelles à traiter.

Les travaux réalisés par l’équipe des professeurs Philippe Sarret, Éric Marsault et Richard Leduc, du Département de pharmacologie-physiologie de la Faculté de médecine et des sciences de la santé, en étroite collaboration avec l’entreprise Angiochem, ont permis de développer une nouvelle classe d’analgésiques. Leur action antidouleur, dépassant celle des analgésiques couramment utilisés, a été mise en évidence dans plusieurs modèles précliniques d’évaluation de la douleur, incluant celles de type aiguë, postopératoire ou d’origine cancéreuse.

Les résultats de ces travaux ont eu un double impact à la fois dans le domaine du développement biopharmaceutique, avec la mise sur pied d’un nouveau traitement pour lutter contre la douleur chronique, mais également en matière d’avancement technologique, en créant une nouvelle entité chimique hybride servant de cheval de Troie pour franchir la barrière, située à l’intérieur du cerveau, qui sépare la circulation sanguine du système nerveux central. Des essais cliniques seront entrepris sous peu avec l’entreprise Angiochem.

Comme en témoigne le jury dans son évaluation : « il s’agit d’un excellent dossier ayant manifestement ouvert une voie à la communauté scientifique, en atteste la reconnaissance nationale et internationale exceptionnelle des milieux concernés. ».

Pour cette découverte remarquable, l’Université de Sherbrooke est très fière de remettre le Prix de la recherche et de la création 2015 dans la catégorie Médecine et sciences de la santé aux professeurs Philippe Sarret, Éric Marsault et Richard Leduc.

Professeurs Patrick Fournier et Serge Jandl (Sciences naturelles et génie)

Les professeurs Serge Jandl et Patrick Fournier sont les lauréats 2015 en sciences naturelles et génie.

Photo : UdeS - Michel Caron

Un gaz se réchauffe lorsqu’on le comprime et il peut se refroidir lorsqu’on le dilate. Cette propriété est utilisée pour la réfrigération. De façon analogue, la température d’un matériau magnétique peut augmenter s’il est soumis à un champ magnétique externe ou diminuer lorsque le champ est supprimé. Cet effet dit « magnétocalorique » peut aussi être utilisé pour la réfrigération. Plusieurs des gaz actuellement utilisés en réfrigération sont dommageables pour l’environnement et non recyclables. La réfrigération magnétique représente une alternative séduisante tant au niveau de l’environnement qu’au niveau de l’efficacité énergétique. Cette course effrénée pour la découverte de matériaux magnétocaloriques a débuté autour des années 2 000.

L’équipe des professeurs Patrick Fournier et Serge Jandl, du Département de physique de la Faculté des sciences, a effectué des percées à la fois fondamentales et appliquées en proposant un mode de refroidissement par rotation original. Les découvertes résultant de cette percée significative pourraient, dans un avenir rapproché, permettre à des équipements de refroidissement de fournir jusqu’à trois fois plus de froid qu’actuellement, avec la même quantité d’énergie et sans rejeter de gaz réfrigérants polluants dans l’environnement.

Leur article publié dans « Applied Physics Letters » a attiré l’attention de plusieurs médias scientifiques et de vulgarisation scientifique à travers le monde, dont NewsWeek. Le jury a qualifié cette découverte de « très bon dossier s'appuyant sur une publication marquante, ayant reçu un excellent retour de la part de la communauté scientifique nationale et internationale, et ayant diffusé vers le grand public ».

Pour toutes ces raisons, il nous fait plaisir de remettre le Prix de la recherche et de la création 2015 en sciences naturelles et génie aux professeurs Patrick Fournier et Serge Jandl.

Professeur Jean-Pierre Le Glaunec (Lettres et sciences humaines, droit et administration)

Le professeur Jean-Pierre Le Glaunec est lauréat en sciences humaines et sociales, droit et administration.

Photo : UdeS - Michel Caron

Le 18 novembre 1803, à Vertières, l’armée de libération haïtienne vient à bout de la puissante armée napoléonienne et ouvre la porte à l’indépendance de la première République noire, proclamée le 1er janvier 1804. Œuvre puissante et originale, L’Armée indigène. La défaite de Napoléon en Haïti intéresse autant les spécialistes de l’histoire haïtienne que ceux de l’histoire coloniale, de l’histoire militaire et de la mémoire. Fruit de sept ans de recherches, rigoureux et accessible, l’ouvrage rejoint un public haïtien, québécois et français, comme en font foi les témoignages de lecteurs et les ventes en librairies. L’ouvrage disposera d’une plus grande diffusion, entre autres aux États-Unis, lorsque la traduction anglaise sera publiée dans quelques mois.

La réception de l’ouvrage du professeur Jean-Pierre Le Glaunec, du Département d’histoire de la Faculté des lettres et sciences humaines, est remarquable. Ainsi, Dany Laferrière était présent au lancement, à la librairie Olivieri à Montréal, afin de discuter du livre avec l’auteur. En France, le professeur Le Glaunec a été invité à présenter sa recherche au ministère des Outre-Mer. Il a accordé un entretien à TV5, qui a été visionné depuis par plus de 30 000 personnes. L’émission La marche du monde, diffusée sur Radio France internationale, a consacré un segment complet de 45 minutes au livre et à son histoire. Le professeur Le Glaunec a été invité à donner plusieurs conférence et entretiens en Haïti. Son livre a été encensé par Le Devoir, La Libre Belgique, le principal journal haïtien, Le Nouvelliste, l’Actualité ou encore Géo-Histoire.

Ainsi, lors de son évaluation, le jury a qualifié l’ouvrage L’armée indigène comme suit « le travail de recherche ayant conduit à la création de cette œuvre unique est impressionnant par son sérieux. Le sujet traité est original et la reconnaissance obtenue au plan tant national qu'international dépasse déjà largement celui de la communauté des spécialistes du domaine ».

Pour cette réalisation remarquable qui suscite l’admiration dans la francophonie et ailleurs dans le monde, l’Université de Sherbrooke est très fière de remettre le Prix de la recherche et de la création en Sciences humaines et sociales, droit et administration au professeur Jean-Pierre Le Glaunec.