Récipiendaires 2014

Ils détiennent une maîtrise hors-norme de leur instrument, mais ne tiennent ni archet, ni baguette, ni médiator. Alors de quel instrument jouent-ils? Ces hommes et ces femmes produisent et développent des connaissances scientifiques : ce sont des virtuoses de la recherche. Lors d’une cérémonie tenue le 13 novembre 2014, l’Université de Sherbrooke a honoré 22 chercheuses et chercheurs remarquables, qui se sont illustrés durant l’année 2013.

Les récipiendaires des Prix de la recherche et de la création 2014 sont accompagnés de la rectrice Luce Samoisette et du vice-recteur Jacques Beauvais. Photo : René Marquis

Au cours de la soirée, la rectrice Luce Samoisette et le vice-recteur à la recherche, à l’innovation et à l’entrepreneuriat Jacques Beauvais ont remis les Prix de la recherche et de la création 2014. Décernés dans trois catégories, les Prix visent à souligner une découverte scientifique ou une œuvre de création significative publiée au cours de l’année; ils sont assortis d’une bourse de 5000 $. Les professeurs récipiendaires sont : Xavier Roucou en médecine et sciences de la santé; Nathalie Watteyne et Patricia Godbout en sciences humaines et sociales; ainsi que Mark Vellend en sciences naturelles et génie.

Professeur Xavier Roucou (Médecine et sciences de la santé)

Le professeur Xavier Roucou est récipiendaire en Médecine et sciences de la vie. Photo : René Marquis

Le biochimiste Xavier Roucou a réalisé une découverte extraordinaire : l’existence des protéines alternatives. Après avoir scruté tout le génome humain, Xavier Roucou et son équipe de la Faculté de médecine et des sciences de la santé ont fait tomber le dogme selon lequel chaque gène correspond à une protéine. Suivant les données qu’ils ont récoltées, chaque ARN messager code 3,8 protéines en moyenne, plutôt qu’une seule, comme cela était admis jusqu’ici. Cette découverte repousse les limites du vivant et ébranle la médecine et la biologie, puisque ces protéines alternatives dévoilent une face cachée du protéome humain.

Professeur Mark Vellend (Sciences et génie)

Notre planète, c’est connu, subit un déclin de sa biodiversité végétale. Des travaux menés dans plusieurs régions du monde ont montré qu’une perte localisée de végétaux (dans l’étang, par exemple) peut dégrader les fonctions de l’écosystème dans lequel ils se trouvent. Dans le même ordre d’idées, la communauté scientifique croyait que la perte mondiale se reflétait aussi à petite échelle. Or, une étude surprenante dirigée par le professeur Mark Vellend de la Faculté des sciences vient contredire cette affirmation. Son texte, publié dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, fait la synthèse de 168 recherches de différentes régions du globe et conclut que le déclin global de la variété d’espèces végétales ne s’applique pas à petite échelle.

Professeures Nathalie Watteyne et Patricia Godbout (Lettres et sciences humaines, droit et administration)

Les professeures Nathalie Watteyne et Patricia Godbout sont récipiendaires en Sciences humaines et sociales. Photo : René Marquis

Réunir toute l’œuvre d’Anne Hébert en édition critique dans cinq volumes, rien de moins. Voilà le travail titanesque entrepris il y a une dizaine d’années par la professeure Nathalie Watteyne et son équipe. Ce travail de recherche porte fruit en février 2013 avec la parution du premier tome, Poésie, qui rassemble tous les poèmes d’Anne Hébert, dont de nombreux inédits, dans une édition établie par la professeure Watteyne, ainsi que le Dialogue sur la traduction à propos du Tombeau des rois, par la professeure Patricia Godbout, toutes deux de la Faculté des lettres et sciences humaines. Un regard global sur une auteure qui aura fait preuve d’un souffle créateur, d’un génie littéraire, qui a marqué le Québec et traversé toutes les frontières.