Récipiendaire 2011

Professeur Louis Taillefer (Sciences naturelles, génie, médecine et sciences de la santé)

Photo : Michel Caron

Le professeur Louis Taillefer, de la Faculté des sciences, a été honoré le 24 février pour le rayonnement de ses recherches sur la supraconductivité. Il a reçu le Prix institutionnel de la recherche et de la création 2011 des mains du vice-recteur à la recherche Jacques Beauvais. En 2010, l'équipe de Louis Taillefer a publié dans le prestigieux magazine Nature une découverte majeure sur la supraconductivité, plus particulièrement sur le comportement des électrons dans des oxydes supraconducteurs appelés cuprates. «Selon Nature, cet article a été cité 30 fois en 2010, ce qui est tout à fait exceptionnel. Des 200 articles publiés par Louis Taillefer en 25 ans, c'est celui qui a le taux initial de citations le plus élevé», a précisé le vice-recteur Jacques Beauvais en présentant le lauréat.

Le physicien de réputation internationale a reçu le prix institutionnel au cours d'une prestigieuse cérémonie soulignant l'accomplissement de membres de la communauté universitaire qui se sont distingués dans les domaines de la recherche ou de l'enseignement ou encore durant leur parcours d'études universitaires (voir l'autre article dont le lien est fourni en fin de texte).

Une clé pour comprendre la supraconductivité

Alors que les physiciens ont une compréhension détaillée du comportement des électrons dans la plupart des solides − permettant entre autres aux scientifiques et aux ingénieurs de manipuler les propriétés semiconductrices du silicium pour créer un ordinateur – une telle compréhension leur échappe encore dans le cas d'oxydes supraconducteurs appelés cuprates. Ces matériaux découverts il y a 25 ans ont un potentiel technologique énorme – notamment pour la transmission de l'électricité, l'imagerie médicale et l'informatique quantique. Or, les scientifiques ont une compréhension partielle des cuprates : depuis 20 ans, une incertitude persiste quant à la nature d'une phase mystérieuse propre à ces matériaux qu'on appelle la «phase pseudogap».

Les recherches dirigées par Louis Taillefer ont permis d'identifier une brisure de la symétrie qui intervient dans cette phase. Les mesures faites à Sherbrooke démontrent que la symétrie de rotation est brisée. Ceci révèle la présence d'une force microscopique qui oriente les électrons afin qu'ils s'alignent spontanément dans le solide. Cet alignement révèle un lien avec la reconstruction de la surface de Fermi découverte par l'équipe de Louis Taillefer en 2007, une percée ayant amené un changement de paradigme dans le domaine.

Reconnaissance nationale et mondiale

En plus de voir ses travaux cités à plusieurs reprises, Louis Taillefer a été invité à présenter la découverte de son équipe à trois congrès internationaux majeurs en 2010 et 2011. Cette publication est le résultat majeur et concret d'une subvention de 10 M$ accordée en 2009 par la Fondation canadienne pour l'innovation, en collaboration avec l'Université de la Colombie-Britannique et l'Institut canadien de recherches avancées. D'ailleurs, pour ses découvertes en supraconductivité, Louis Taillefer a été nommé membre de l'Ordre du Canada le 30 juin 2010, et a reçu son insigne des mains du gouverneur général David Johnson lors d'une cérémonie qui a eu lieu le 16 septembre 2011 à Ottawa.

Pour l'année 2011, un seul Prix institutionnel de la recherche et de la création a été décerné, soit celui du secteur Sciences naturelles, génie, médecine et sciences de la santé. Ce prix est assorti d'une bourse de 5000 $ servant à couvrir toutes dépenses liées aux activités de recherche et de création du récipiendaire.