Le Prix de la meilleure thèse de doctorat est un concours annuel qui vise à reconnaître l’excellence d’une thèse de doctorat dans chacun des trois grands secteurs de la recherche, à savoir les sciences naturelles et le génie, les sciences de la santé et les lettres, sciences humaines et sociales. Les critères d'évaluation sont : la contribution à l'avancement des connaissances (originalité et importance), la reconnaissance de la valeur de la recherche dans le ou les champs disciplinaires, les aptitudes à une carrière en recherche.

Récipiendaires 2017

Karine Baril - Lettres, sciences humaines et sociales

Prévenir la victimisation sexuelle des enfants

Karine Baril, lauréate dans le secteur des lettres, sciences humaines et sociales, a produit une thèse intitulée Le cycle intergénérationnel de la victimisation sexuelle à l’enfance : facteurs maternels associés et profil des dyades mère-enfant impliquées. Alors qu'on estime que 50 % des mères d’enfants agressés sexuellement ont elles‐mêmes été victimes d’agression sexuelle dans l’enfance (ASE), l'ASE d’une mère a été identifiée comme un facteur de risque de la victimisation sexuelle d’un enfant. C'est dans ce contexte que cette thèse par articles s’intéressait au cycle intergénérationnel de la victimisation sexuelle dans l’enfance (CIVSE). Comparés aux enfants pour qui leur mère n’avait pas été agressée sexuellement, ceux dont la mère rapportait aussi une ASE étaient plus susceptibles de présenter des problèmes de comportement et d’avoir été agressés par une personne de confiance. La discussion de la thèse a mis en lumière les apports scientifiques des résultats de cette thèse et aborde les enjeux méthodologiques que soulève l’étude du CIVSE. Les avenues de recherche que suggèrent les résultats de cette thèse sont aussi discutées et des recommandations d'intervention sont formulées. Ainsi, les résultats de la thèse mettent en évidence des facteurs maternels à considérer dans la prévention de la victimisation sexuelle des enfants, tout en identifiant des besoins spécifiques, et conséquemment, des services propres aux mères et aux enfants impliqués dans un CIVSE, soit plus de 50 % des familles d’enfants agressés sexuellement dans les services sociaux.

Samuel Mercier - Sciences naturelles et génie

Produire des pâtes alimentaires enrichies à meilleurs coûts

Lauréat dans le secteur des sciences naturelles et du génie, Samuel Mercier a soutenu une thèse sous le thème Modélisation de la production de pâtes alimentaires traditionnelles et enrichies. Les pâtes alimentaires enrichies avec un ingrédient aux effets bénéfiques sur la santé sont d’intérêt pour l’industrie, car elles offrent aux consommateurs la possibilité d’améliorer leur alimentation sans modifier leurs habitudes alimentaires. Cependant, l’introduction d’un ingrédient d’enrichissement modifie significativement les propriétés des pâtes, de tel sorte qu’il est nécessaire d’ajuster les conditions de production pour obtenir un aliment accepté par les consommateurs. L’ajustement du procédé de production des pâtes est un processus très long et coûteux. Ces coûts additionnels causent l’échec commercial d’environ 75% des nouveaux aliments développés, et diminuent l’offre d’aliments santés disponibles commercialement. Dans cette thèse, des outils ont été développés pour accélérer et diminuer le coût du développement d’aliments enrichis avec des ingrédients aux effets bénéfiques sur la santé. Deux objectifs ont été poursuivis : la quantification des mécanismes physiques influençant la qualité des pâtes lors du séchage et la quantification de l’impact des conditions de production sur les propriétés des pâtes traditionnelles en enrichies. Il en résulte un nouveau modèle de séchage mécanistique couplant la description de chacun des mécanismes physiques impliqués dans le séchage des pâtes, ainsi que le développement d’un algorithme de complétion de matrice permettant de compléter la caractérisation des pâtes à partir de la connaissance de quelques propriétés simples et peu coûteuses.

Jean-François Lemay - Sciences de la santé

Obtenir une expression génétique optimale et sans failles

Jean-François Lemay, lauréat dans le secteur des sciences de la santé, s’est distingué avec sa thèse ayant pour titre Régulation du transcriptome codant et non-codant chez les Scizosaccharomyces pombe : facteurs et mécanismes impliqués dans la maturation des 3’ des ARNs et la terminaison de la transcription. L’ensemble des instructions nécessaires au maintien des activités cellulaires se trouve inscrit à l’intérieur du code génétique. L’expression génique renvoie donc au processus global par lequel l’information contenu à l’intérieur d’une région définie d’ADN, appelée gène, est utilisée pour la synthèse de matériel biochimique. Ce produit peut être soit une protéine ou encore un ARN selon le type de gène étudié (codant versus non‐codant respectivement). Les processus qui dictent l’expression génique sont particulièrement complexes. Virtuellement n’importe quelle étape du processus d’expression génique peut être modulée. Cette régulation peut avoir lieu lors du processus transcriptionnel, mais également lors des évènements dictant la maturation co‐ et posttranscriptionnelle de l’ARN. Les gènes eucaryotiques sont transcrits par l’entremise d’un cycle composé de trois phases séquentielles, mais interconnectées, débutant avec la phase d’initiation et se poursuivant respectivement avec les phases d’élongation et de terminaison de la transcription. Chacune de ces phases dépend d’un nombre imposant de facteurs, soulignant ainsi la nature complexe et l’important potentiel de régulation qu’offre l’évènement transcriptionnel dans son ensemble. À cet égard, les travaux de Jean-François Lemay ont mené à l’identification et la caractérisation de plusieurs mécanismes utilisés par la cellule afin d’obtenir une expression génique optimale et sans failles, notamment une fonction pour une protéine liant les extrémités polyadénylées des ARNs dans le métabolisme d’ARNs non‐codants, ainsi qu’un tout nouveau mécanisme de terminaison de la transcription couplé à la surveillance d’ARNs par l’exosome à ARN.