Prix de la meilleure thèse de doctorat

Récipiendaires 2020

Ousmane Ahmat Hisseine, doctorant en génie civil
Photo : Fournie

Ousmane Ahmat Hisseine

Sciences naturelles et génie

À quand, ce jour où l’on pourra construire des ponts à partir de végétaux et de matière recyclée? Le projet est moins futuriste qu’on pourrait le croire, d’après la thèse d’Ousmane Ahmat Hisseine.

Sous la direction du professeur Arezki Tagnit-Hamou, ce doctorant en génie civil s’est donné pour mission de créer des bétons plus résistants, plus durables et plus écologiques, à base de poudre de verre récupérée et de cellulose issue de ressources forestières québécoises.

Ce qu’il propose, c’est de modifier le béton à l’échelle nanométrique afin de prévenir les fissures avant même qu’elles soient visibles. Partant d’un matériau novateur existant, le béton fibré à haute performance, il a utilisé des nanofibres de cellulose pour en améliorer les propriétés, puis il l’a combiné à de la poudre de verre de postconsommation, un agent cimentaire plus écoresponsable que le ciment conventionnel.

Le résultat, un béton nanomodifié plus fort, plus vert et plus avantageux économiquement, représente une avancée importante qui prolongera la vie des infrastructures, réduira notre empreinte écologique et diminuera les coûts de réfection. La technologie est d’ailleurs déjà convoitée par le secteur industriel.

Vulgarisée avec grande adresse, la thèse de cet étudiant émérite et engagé dépasse les critères d’excellence sur plusieurs plans. L’institution est fière de lui remettre le Prix de la meilleure thèse de doctorat 2020 dans la catégorie Sciences naturelles et génie.

Marjan Gharagozloo, doctorante en immunologie
Photo : Fournie

Marjan Gharagozloo

Sciences de la santé

Imaginez une armée complète qui retourne ses armes contre sa propre nation. C’est ce qui se produit dans le corps d’une personne atteinte de sclérose en plaques. Cette maladie dite « auto-immune » prend pour cible le système nerveux central. À ce jour, aucun traitement efficace n’a été découvert. Les personnes qui développent cette maladie dégénérative doivent faire le deuil d’une vie de qualité et sans douleur. Or cela pourrait changer.

Pour sa thèse réalisée sous la direction du professeur Denis Gris, Marjan Gharagozloo, doctorante en immunologie, s’est penchée sur ce qu’on appelle les « récepteurs immunitaires de type NOD ». Elle en a étudié deux, le NLRX1 et le NLRP12, lesquels sont reconnus pour leur capacité à réguler l’inflammation dans les cellules.

Sa découverte? La clé pour prévenir l’apparition de la maladie se dissimulerait dans ces deux récepteurs. Il s’agit d’une percée majeure qui oriente la recherche vers de nouvelles pistes thérapeutiques. Cette thèse est porteuse d’espoir, tant pour les personnes atteintes de sclérose en plaques que pour le monde médical.  

Marjan a livré un travail d’une qualité scientifique exceptionnelle. La carrière de cette chercheuse ambitieuse, douée et prolifique est déjà très prometteuse. L’Université de Sherbrooke est heureuse de lui décerner le Prix de la meilleure thèse de doctorat 2020 dans la catégorie Sciences de la santé.

Philippe Rioux, doctorant en études françaises
Photo : Fournie

Philippe Rioux

Sciences humaines et sociales

Si Spiderman n’a jamais mangé de poutine, les phylactères du superhéros américain auraient vraisemblablement déjà abrité des expressions bien d’ici.

Ce transfert culturel forme la pierre angulaire de la thèse de Philippe Rioux, dont le travail, qualifié d’original, jette une lumière nouvelle sur l’arrivée du comic book sur le marché québécois, dans les années 1960.

Jusqu’à maintenant, les conditions ayant permis à la bande dessinée américaine de s’immiscer dans la province restaient méconnues. C’est sous la direction de Marie-Pier Luneau que le doctorant en études françaises a choisi d’éclairer ce pan de l’histoire du livre québécois.

En analysant 148 bandes dessinées traduites ou créées au Québec entre 1969 et 1995, Philippe a révélé comment nos maisons d’édition ont entremêlé les signes identitaires américains et québécois afin d’adapter les personnages et les histoires au lectorat d’ici.

Cette découverte est d’autant plus cruciale qu’elle démontre, pour la première fois, l’intérêt de travailler sur des objets traduits, reconnus pour fournir une information précieuse sur la réalité culturelle propre à la langue de destination. Cette thèse révèle aussi comment les créateurs d’ici se sont serré les coudes pour éviter d’être avalés par la mégastructure éditoriale américaine qui dominait à l’époque dans l'univers de la bande dessinée.

Philippe Rioux a livré un travail exceptionnel qui se démarque par son sujet, son approche et son corpus. L’Université de Sherbrooke est fière de lui octroyer le Prix de la meilleure thèse de doctorat 2020 pour la catégorie Lettres, sciences humaines et sociales.