Prix de la meilleure thèse de doctorat

Le Prix de la meilleure thèse de doctorat reconnait l'excellence d'une thèse de doctorat dans chacun des trois grands secteurs de la recherche : sciences naturelles et génie, médecine et sciences de la santé et sciences humaines et sociales.

Les critères d'évaluation sont la contribution à l'avancement des connaissances (originalité et importance), la reconnaissance de la valeur de la recherche dans le ou les champs disciplinaires, les aptitudes à une carrière en recherche.

Récipiendaires 2021

Isabelle Dufour

Médecine et sciences de la santé

Détourner les personnes âgées des urgences… pour leur bien!

C’est la cinquième fois cette année qu’Yvonne, 71 ans, se rend à l’urgence pour des difficultés respiratoires. Chaque fois, l’équipe médicale a l’impression d’éteindre un feu. Si seulement la patiente âgée était suivie de près par les bonnes ressources, son état serait beaucoup plus stable!

Dans le jargon, Yvonne est une « grande utilisatrice gériatrique des services d’urgence ». Ces personnes, nombreuses au Québec, fragilisent leur état de santé en raison du manque de continuité dans les soins reçus. Elles surchargent également le système de santé.

Pour sa thèse, la doctorante Isabelle Dufour s’est penchée sur la problématique. Sous la direction des professeures Catherine Hudon, Nicole Dubuc et Maud-Christine Chouinard, elle a notamment analysé quelque 260 000 dossiers de personnes aînées dont la condition de santé est propice aux soins ambulatoires. Cette analyse poussée lui a permis de répartir cette clientèle gériatrique en cinq profils, un classement qui aide à mieux comprendre ses besoins et les ressources pouvant lui être utiles.

D’une grande valeur scientifique, cette thèse marque le point de départ d’une nouvelle manière de planifier les soins gériatriques. La pertinence de l’étude, la rigueur d’exécution et la qualité de l’écriture sont autant de qualités attribuées à ce travail. Pas étonnant que l’expertise de cette jeune chercheuse soit déjà prisée!

L’Université de Sherbrooke est fière d’octroyer à Isabelle Dufour le Prix de la meilleure thèse de doctorat dans la catégorie Sciences de la santé.

Michel-Alexandre Rioux

Sciences humaines et sociales

Les jeunes sous la DPJ : le sport pour éviter les dérapages

Agression, violence, vol… des troubles de conduite sont susceptibles d’apparaître chez plusieurs jeunes qui sont sous la responsabilité de la Direction de la protection de la jeunesse. Et s’il y avait une façon à la fois efficace et active de favoriser leur réadaptation?

Pluridisciplinaire et qualifiée de novatrice, la thèse de Michel-Alexandre Rioux propose le sport comme moyen d’intervention auprès des jeunes ayant des comportements perturbateurs. Sous la direction de la professeure Catherine Laurier et du professeur Miguel Terradas Carrandi, le doctorant a recensé et analysé des écrits scientifiques dans l’optique de mieux comprendre les bienfaits du sport sur leur comportement. Il a également effectué une étude sur le terrain basée sur une activité de hockey sur glace. L’ensemble de ses travaux a mené à une meilleure compréhension du processus de réadaptation des jeunes, tout en soulignant l’importance de considérer leur contexte et leur vécu singulier.

Le doctorant, qui a composé sa thèse sous la forme de quatre articles scientifiques chacun à des étapes différentes du projet, se démarque par son recours à divers paradigmes et méthodes de recherche.

Avec un excellent potentiel comme vulgarisateur et déjà des publications de calibre mondial en banque, Michel-Alexandre continuera certainement à faire parler de lui. L’Université de Sherbrooke est heureuse de lui octroyer le Prix de la meilleure thèse de doctorat 2021 pour la catégorie Lettres, sciences humaines et sociales.

L’Université de Sherbrooke est heureuse d’accorder à Michel-Alexandre Rioux le Prix de la meilleure thèse de doctorat dans la catégorie Sciences humaines et sociales.

Joanie Van de Walle

Sciences naturelles et génie

Quand protéger les oursons met toute une espèce en danger

L’effet dévastateur de la chasse intensive évoque en nous des images poignantes, comme celles des chalutiers vidant les océans avec leurs filets géants. La vue d’une maman ourse déambulant paisiblement avec ses petits ne suscite évidemment pas le même sentiment d’indignation. Et pourtant!

Pour sa thèse réalisée sous la direction de Fanie Pelletier, Joanie Van de Walle s’est penchée sur le comportement maternel des ours bruns de Scandinavie. Elle voulait savoir si l’activité humaine, principalement la chasse, pouvait influencer les stratégies de reproduction en milieu naturel.

Ses recherches révèlent un fait étonnant : là où la réglementation interdit de tuer les ourses accompagnées de leurs petits, les femelles adoptent des comportements reproducteurs allant à l’encontre de la sélection naturelle. En effet, pour éviter de se retrouver dans la mire des fusils de chasse, les mères gardent leurs oursons plus longtemps auprès d’elles et évitent même les mâles durant la période de reproduction! L’intervalle entre les portées est donc plus long, ce qui a une incidence sur la population totale chez cette espèce.

En dévoilant cet effet indirect de la chasse sur le comportement animal, Joanie contribue de façon majeure à l’avancée des connaissances sur l’évolution et la gestion des animaux sauvages. Sa thèse dénote par ailleurs d’excellentes capacités d’analyse statistique et une maturité scientifique peu commune. Cette solide vulgarisatrice est résolument vouée à une carrière prolifique.

L’Université de Sherbrooke est honorée de remettre à Joanie Van de Walle le Prix de la meilleure thèse de doctorat dans la catégorie Sciences naturelles et génie.