L’édition à l’ère numérique : opportunité, croissance et innovation

Rencontre avec Gwendal Henry, chargé de communication chez Érudit

Le monde du livre n’échappe pas à l’avènement du Web et du numérique, bien au contraire. Plus que jamais, le métier d’éditeur se voit confronté à de nombreux défis. Gwendal Henry, chargé de communication chez Érudit et diplômé en édition de l’Université de Sherbrooke, affirme qu’il ne faut pas avoir peur de la nouveauté. « C’est assez récent dans l’édition. C’est plein de challenges! Ça change tout et pour tout le monde : les libraires, les éditeurs, les imprimeurs, explique-t-il, avec une note d’entrain. Tout change et tout change rapidement. C’est vraiment stimulant! »

Érudit.org assure la diffusion numérique de plus de 150 revues savantes et culturelles.

En discutant avec lui, on saisit rapidement sa passion du numérique. À son avis, cela est synonyme d’opportunité, de croissance et d’innovation. D’origine française, Gwendal Henry détient une licence et un master en édition. Il a adopté le Québec après ses études à l’UdeS. Durant son séjour au Campus de Longueuil, il a réalisé un stage aux Éditions de la Pastèque. Une fois diplômé, il y a travaillé en tant que coordinateur de l’édition numérique. En 2012, il rejoignait l’équipe de la plateforme numérique Érudit, dont la mission est de promouvoir et de diffuser la recherche et la création. Par son expérience et ses intérêts, il a ainsi développé une certaine expertise du numérique.

La situation au Québec

Étant donné son parcours international, il est en mesure de comparer l’édition québécoise à l’édition française. « Au Québec, on a su mettre en place une initiative numérique originale. Le Québec a, entre autres, été en avance sur la France, qui a fini par copier son modèle », soutient Gwendal Henry.

L’apprivoisement du numérique n’est pas la seule différence. Qu’en retient-il? La flexibilité des avenues offertes à un professionnel de l’édition au Québec. « En France, c’est un milieu assez fermé. On est rapidement catalogué. Si tu fais un stage en édition scolaire, tu restes en édition scolaire, explique-t-il. Au Québec, il est plus facile de changer de secteur, de passer du secteur scolaire au roman, par exemple. C’est plus simple et plus admis. »

Une façon audacieuse de voir le problème

Dans le monde du livre québécois, en plus de cette souplesse, il existerait une certaine solidarité. Selon le diplômé en édition, il y a des contacts, des relations, entre les bibliothèques, les éditeurs, les libraires et toutes les autres parties prenantes du milieu. Cet esprit de collaboration participe sans doute à la progression et à l’adaptation de l’édition aux nouvelles technologies. Cependant, ces changements exigent des modifications en profondeur de l’édition québécoise. « Il va falloir être créatif pour inventer de nouveaux modèles d’affaires, imaginer de nouvelles façons de faire, indique-t-il. Mais il ne faut pas considérer ça que comme un problème! » Pour lui, il s’agit d’un défi, d’une occasion d’évoluer, de se développer, et c’est excitant!

Une formation à la hauteur

Lors de la dernière session universitaire, Gwendal Henry a donné pour la seconde fois le cours Édition électronique dans le cadre des programmes de 2e cycle en édition de l’UdeS. Lorsqu'il a pris la charge de ce cours, il l’a entièrement renouvelé.

Campus de Longueuil de l'Université de Sherbrooke

L’Université de Sherbrooke innove en étant la première au Québec à offrir des formations complètes en édition à son campus de Longueuil. Conçues en fonction des besoins particuliers du milieu du livre, elles permettent à des étudiantes et des étudiants provenant d’horizons divers d’acquérir les outils et les connaissances nécessaires en vue de travailler dans le secteur de l’édition.

Ces programmes proposent une liste de cours variés qui englobent à la fois les aspects culturels, idéologiques, commerciaux et financiers régissant le secteur du livre. « Ils permettent une compréhension globale du milieu, soutient le chargé de cours. C’est une porte d’entrée. » Gwendal Henry y voit également l’occasion de se créer un premier réseau de contacts grâce à sa cohorte et à ses enseignants, des professionnels œuvrant dans le domaine de l’édition.

Crédit pour la photo de Gwendal Henry : Cécile Lopes