Conférences - volet scientifique

Annie Jézégou est professeure des Universités en Sciences de l'Éducation à l'Université de Lille (France) depuis 2013. Au sein de l’équipe Trigone du laboratoire CIREL (Centre Interuniversitaire de Recherche en Éducation de Lille), elle assure la responsabilité et l'animation scientifique de la thématique "apprentissage, dispositif, alternance et numérique".

Au département SEFA (Sciences de l'Éducation et Formation des Adultes), elle est directrice des études de deux formations pré-doctorales intégralement à distance dans le domaine de la recherche en formation des adultes.

Elle est également responsable de la formation doctorale de Trigone. Parallèlement, elle est directrice de publication de la revue scientifique TransFormations.

Avant d'intégrer l'Université de Lille, Annie Jézégou était chercheuse en Sciences de l'Éducation à l'Institut Mines-Télécom-Atlantique (IMT-A, enseignement supérieur public, ministère de l'Industrie, France). Entre 1994 et 2004, elle a exercé dans le secteur privé, en tant que consultante en stratégie et ingénierie de dispositifs de formation ouverte et à distance pour le compte de grands groupes (Leroy Merlin, L'Oréal, Leclerc, Alcatel, Yves Rocher, etc.) et d'organismes de formation. Depuis près de 20 ans, ses travaux théoriques et empiriques portent sur l'identification, la caractérisation et la modélisation des dimensions éducatives favorables à l'exercice et au développement de l'autodirection des apprenants adultes. Ces dimensions portent plus spécifiquement sur les environnements d'e-formation (e-learning, blended-learningserious-gameMooc, e-portfolio, etc.).

Pages personnelles :https://pro.univ-lille.fr/annie-jezegou/

Créer une présence à distance en e-formation

La distance en e-formation est-elle uniquement géographique? Les apprenants peuvent-ils être proches malgré leur séparation physique? Comment une "présence à distance" peut-elle se créer au sein d'un groupe d'apprenants en e-formation? Quel est alors le rôle joué par le formateur? Qu’en est-il de celui des technologies et des services numériques?  En quoi la présence ainsi créée constitue-t-elle un facteur d’efficacité de la e-formation et de la réussite des apprenants?

Lors de la conférence d’ouverture du colloque de la CIRTA 2019, Annie Jézégou apportera des éléments de réponse à ces différentes questions. Plus précisément, elle fournira des repères théoriques qui permettront d’appréhender la complexité du phénomène de « la présence à distance » en e-formation. Elle répondra également à une préoccupation d’ingénierie en livrant quelques pistes pour l’action afin de favoriser l’expression et le développement d’une présence à distance. Qu’il s’agisse de repères théoriques ou de repères centrés sur l’ingénierie, Annie Jézégou traite « la présence à distance » comme la résultante d’une dynamique relationnelle médiatisée, non seulement entre le formateur et les apprenants, mais également entre les apprenants eux-mêmes. Cette forme de distance est qualifiée de « sociale » par l’auteure : elle permet de réduire la distance qui sépare et de générer une proximité entre les personnes engagées dans la relation. Annie Jézégou apportera une perspective à la fois différente et complémentaire de celle développée dans les régions anglophones d’Amérique du Nord sur la présence en e-learning : elle centrera  davantage la réflexion sur des aspects anthropologiques et philosophiques de « la présence à distance » tout en proposant une modélisation sociopédagogique du phénomène.

 Précision :  

La e-formation est associée aux e-learning, web-based learning, Massive Open Online Course, distance learning environment et au blended-learning, etc."Toutes ces configurations ont en commun d’incarner un ensemble d’environnements d’apprentissage en ligne dont une des principales propriétés est d’utiliser les technologies multimédia et l’Internet pour faciliter l’accès à des ressources et des services éducatifs. Ces environnements intègrent des outils logiciels qui permettent la gestion et le suivi d’une formation en ligne, l’accès à des ressources pédagogiques médiatisées, des possibilités technologiques d’interactions synchrones et asynchrones, de travail et de collaboration à distance ou encore de production et de partage de contenus" (Jézégou, 2019, p. 9). 

Professeur de sciences de l'éducation, Éric Sanchez dirige le Laboratoire d'innovation pédagogique (LIP) qu’il a fondé en 2016 à l'Université de Fribourg (Suisse). Ses travaux portent sur la conception et l'analyse des usages des jeux numériques pour l'apprentissage. Ils s'appuient en particulier sur des cadres théoriques issus de la didactique (Théorie des situations didactiques). D'un point de vue méthodologique, ils s'inscrivent dans des approches de type recherche orientée par la conception (design-based research) et analytique de l'apprentissage. La liste de ses publications peut être consultée en ligne.

Jouer pour apprendre ? Pas si simple!

Ludo-mythes et questions vives sur les relations entre jeu (numérique) et apprentissage

L’engagement de l’apprenant est considéré comme un des éléments clefs de l’apprentissage et, avec les avancées récentes opérées dans le champ du numérique, l’emploi de techniques qui relèvent de la conception de jeu (game design), ouvre des perspectives intéressantes. Ainsi, la ludicisation, terme que nous préférons aux termes ludification ou gamification, qui permet de concevoir des situations d’apprentissage ludiques susceptibles de renforcer cet engagement, semble susciter l’intérêt d’un nombre grandissant d’enseignants ou de formateurs.

Néanmoins, les relations qui se nouent entre jeu et apprentissage méritent d’être questionnées et les travaux récents du domaine montrent qu’elles sont complexes tant du point de vue de la conception des dispositifs ludiques que de la manière dont ils sont intégrés dans le dispositif d’enseignement ou de formation. Ainsi, la complexité de l’ingénierie de ces dispositifs implique de faire appel à des méthodologies spécifiques. De plus, il est réducteur de considérer que la ludicisation se limite à une question de motivation. Enfin, il est important de prendre en compte la complexité du rôle de l’enseignant ou du formateur.

Les travaux qui tentent d’évaluer les effets du jeu sont aujourd’hui nombreux et la littérature abondante. Pourtant les résultats sont rarement conclusifs voire contradictoires. Il en résulte que des idées fausses circulent dans les milieux de pratique. Nous qualifions ces idées fausses de ludo-mythes. Nous considérons qu’il est nécessaire de les discuter au regard des résultats de la recherche.

Dans le cadre de cette conférence, nous aborderons la question de la ludicisation des situations d'apprentissage et des ludo-mythes en nous appuyant sur la littérature du domaine et sur la présentation de travaux conduits au sein du Laboratoire d'innovation pédagogique de l'Université de Fribourg. Nous présenterons en particulier les projets PLAY et Classcraft. PLAY est un projet de recherche soutenu par le Fonds national suisse de la recherche scientifique. Ce projet s'intéresse à la ludicisation de visites scolaires au Musée de la Nature à Sion. Ainsi, dans le cadre d'un jeu qui s'appuie sur la muséographie du musée, des élèves sont amenés, à s'interroger sur l'anthropocène, c’est-à-dire sur les relations que l’homme entretient avec la nature, une thématique complexe à la frontière entre les sciences de la nature et les sciences humaines et sociales. Classcraft est quant à lui un jeu qu’un enseignant peut utiliser pour gérer et animer sa classe. Dans ce projet, les travaux que nous conduisons portent d’une part sur les conséquences de la ludicisation de la gestion de classe sur les élèves et, d’autre part, sur la manière dont l’enseignant intègre le jeu dans ses pratiques. Les résultats obtenus dans le cadre des deux projets convergent pour mettre à mal un certain nombre d’idées reçues sur l’emploi du jeu en contexte éducatif.

Conférences - volet professionnel

Cofondateur et PDG de Classcraft, Shawn Young a enseigné la physique pendant neuf ans. Il détient un baccalauréat en physique et une maîtrise en éducation de l’Université de Sherbrooke.

De plus, il s’agit d’un développeur d’expérience. Shawn occupe une place sur le comité consultatif pour UNESCO MGIEP, sur le comité consultatif d’entreprise de Future Ready School au New Jersey et sur le comité consultatif de SETDA.

Il est le vice-président de l’association Edteq et un ambassadeur de la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke. Il a été conférencier invité à Harvard et a conseillé la Maison-Blanche au sujet de l’avenir des évaluations et du rôle des jeux dans l’éducation primaire et secondaire.

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Titre de la conférence : Classcraft – Le pourquoi et le comment de la gestion de l’engagement

Les problèmes qui affligent les écoles aujourd’hui découlent d’un enjeu commun : la démotivation chronique des élèves. Alors que des jeux comme Fortnite définissent la culture des jeunes, il nous revient d'exploiter ce mouvement et les mécaniques motivantes qui s'y rattachent pour repenser nos pratiques. Au cours de cette conférence, nous explorerons ce qu’est un système de gestion de la motivation, pourquoi il devrait constituer un nouvel élément essentiel de l’infrastructure éducative moderne et comment il génère des résultats positifs pour tous les acteurs du milieu scolaire. 

Enseignants avec plus de 15 ans d’expérience au primaire et au secondaire, Guillaume Laporte et Félix Arguin s'intéressent depuis longtemps à la technopédagogie et aux différentes approches novatrices qui visent à rendre l'école plus flexible et plus pertinente aux yeux des élèves.  Éducateurs Microsoft et formateurs Google certifiés, ils donnent des ateliers et conférences dans différents colloques, événements et sommets du milieu de l'éducation.  Ayant fondé Jonction Éducation, une entreprise dont la mission est de démocratiser la technologie, ils agissent aussi à titre de consultants en innovation technopédagogique, ainsi que comme formateurs et conférenciers, tant pour les entreprises que pour les institutions d'enseignement.

Numérique en éducation : portrait de l’évolution des pratiques en milieu scolaire

Le numérique se fait de plus en plus présent dans les classes, si bien que la réflexion au sujet du rôle qu’il devrait jouer en éducation devient incontournable.

S’il s’avère très polarisant dans l’espace public, cet enjeu se doit d’être néanmoins abordé avec nuance et lucidité. À ce titre, les savoirs empiriques issus de la pratique peuvent fournir des repères et permettre d’aborder le sujet par de nouveaux angles d’approche. 

Par notre conférence, nous proposons une incursion dans le parcours d’une école secondaire et de deux enseignants qui, depuis bientôt sept ans, ont pris le virage technologique avec ce que cela suppose de succès, de remises en question et d’adaptation.

Les observations que nous avons pu faire et les connaissances que nous avons acquises sont le fruit d’une démarche essentiellement autodidacte, mais elles ont été fortement consolidées par l’indispensable contribution de nos collègues, par la direction de notre établissement, par nos élèves et leurs parents, ainsi que par un réseau étendu de contacts et d’experts qui ont su nous épauler.   Tout l’intérêt de cette expérience réside principalement dans la diversité et la richesse des échanges qui ont eu cours dans ce processus de co-construction.

À ce stade-ci de l’expérience, nous disposons de suffisamment d’informations pour avoir un portrait assez clair de la place du numérique dans notre offre de formation. Ni un fléau, ni une panacée, le numérique nous a fourni plusieurs solutions et nous a posé plusieurs défis.  Par le recensement des pratiques innovantes, par l’implantation d’appareils numériques au ratio 1:1, par le déploiement d’une suite logicielle de productivité, par la mise en place d’une stratégie de formation élargie, par la redéfinition des anciens paradigmes en passant par l’instauration de mesures d’encadrement spécifiques, vous prendrez la mesure des réflexions et des actions qui nous ont guidés au cours des dernières années et qui continuent à nous inspirer.

Car si, au fil de notre parcours, nous avons compris que le numérique offrait des possibilités incroyables en ce qui a trait à l’optimisation et à la démocratisation des apprentissages, nous avons aussi appris à rester vigilants et à garder en tête que le numérique doit d’abord et avant tout rester un outil au service de l’être humain.

Parents / Enseignants au secondaire / 

Récipiendaires 2017 du Prix de l’innovation pédagogique au secondaire de la FEEP /

Récipiendaires 2018 du Prix du premier ministre pour l’Excellence en Éducation /

Ambassadeurs 2019 de la Faculté d’éducation de l’université de Sherbrooke /

Fondateurs de Jonction Éducation