Sophie Charpentier

Jusqu'où un troisième stage en physique peut-il conduire?

Lettre d'une physicienne à Boston

Boston est vraiment une ville étudiante. En effet, sur son territoire et celui des environs, on compte pas moins d’une quarantaine d’universités, dont les célèbres Harvard University et Massachusetts Institute of Technology. Pas étonnant que l’on rencontre souvent des publicités pour l’une ou l’autre de ces institutions, dans les transports en commun par exemple. Par contre, ici, la gratuité scolaire est une expression que l’on entend rarement. Par exemple, les frais de scolarité pour un an dans les universités privées peuvent atteindre 40K $US!!!

En plus d’être un pôle universitaire important, Boston est une ville qui regorge de musées : musées des beaux-arts, collections privées, musées historiques… Il y a donc toujours quelque chose de nouveau à voir et à faire.

Boston est aussi une ville d’histoire. Plusieurs débats et évènements historiques y ont eu lieu. Par exemple, notons le fameux Boston Tea Party (1773), où les Américains ont jeté à l’eau une cargaison complète de thé venant d’Europe en signe de protestation contre la taxe britannique imposée sur le produit. Ou encore le Boston Massacre (1770), où 5 Américains ont été tués par des gardes britanniques, préfigurant le début de la Révolution américaine.

Pour ceux et celles qui préfèrent les espaces verts, je suggère en premier lieu le Fenway Park, qui abrite les champions mondiaux de base-ball : les Red Sox!!! Dans les endroits un peu moins courus, on note aussi une très belle esplanade qui longe la Charles River, qui sépare Boston et Cambridge. Aussi, on trouve quelques parcs placés ici et là à travers les maisons hyper tassées et les rues en forme de spaghetti, qui rendent la conduite dans la ville presque impossible pour les non-initiés.

C’est dans laboratoires de sciences des matériaux du Massachusetts Institute of Technology que se déroule mon stage, le dernier d’une série de trois (j’ai effectué les deux premiers dans les laboratoires de l’Université de Sherbrooke). J’y apprends beaucoup dans une équipe dynamique et amicale composée d’étudiants gradués, à laquelle se greffent des stagiaires pour l’été. En effet, il existe au MIT un programme de financement de stage pour l’été qui permet de donner de l’expérience de laboratoire aux étudiants de l’université sans que le chercheur ait à payer directement.

Durant mon stage, effectué sous la supervision de M. Kastner, le directeur du département de physique, j’aide une étudiante de doctorat dans son projet qui consiste à caractériser le transport dans des cristaux de points quantiques.  Ceux-ci sont formés d’un ensemble de points quantiques de dimension nanométrique emprisonné dans une capsule organique. En autre chose, ma contribution a permis d’optimiser le montage initial afin de permettre des mesures plus systématiques. De plus, il m’a été possible de collaborer à l’élaboration d’un nouveau montage permettant d’obtenir des informations additionnelles sur les échantillons. L’absence de technicien dans le laboratoire me permet de me familiariser plus étroitement avec l’électronique et l’élaboration de programmes d’acquisitions, ainsi que d’apprécier un peu plus leur présence dans les laboratoires de l’Université de Sherbrooke.

Bref, les stages à l’étranger sont vraiment une bonne occasion d’apprendre une foule de choses intéressantes. En plus d’acquérir une formation pertinente en milieu de travail, ceux-ci nous permettent de découvrir le pays, la langue et la culture des autres peuples (même si la culture américaine…boff). Surtout, c’est une occasion fantastique de découvrir vraiment qui on est, ce qu’on aime et d’apprécier son petit coin de pays.

Sophie Charpentier
Étudiante en physique
Été 2005