Stéphanie Gagné

Quinze semaines à Helsinki

Pour mon dernier stage, j’avais décidé de travailler dans un domaine relié aux changements climatiques. Pendant ma recherche de stage, j’étais loin de me douter que je me retrouverais en Finlande. Mais pourtant, me voilà dans un monde bien différent de celui auquel je m’étais habituée.

Histoire de la Finlande

Située géographiquement entre la Suède et la Russie, la Finlande, un endroit stratégique pour ces deux belligérants, a subi les conséquences de leurs guerres. Au XVIe siècle, le territoire finnois appartenait à la Suède, alors un puissant royaume. Pour se défendre des probables attaques russes, la Suède fit construire une forteresse sur une des îles d’Helsinki, reconnue pour ses paysages à couper le souffle. Malheureusement, les conditions de vie sur le chantier de construction étaient plutôt mauvaises et la forteresse ne fut pas achevée à temps, ainsi, les Russes en prirent possession en 1809. Annexée à la Russie en tant que Grand-duché autonome en 1819, la Finlande voit son degré « d’autonomie » varié passablement jusqu’à son indépendance en 1918. Au cours de la deuxième guerre mondiale, la Finlande se bat contre l’URSS et conserve son statut politique et économique. Finalement, la Finlande rejoint l’Union européenne en 1995.

La ville et ses paysages

Helsinki, capitale de la Finlande, un des quatre pays scandinaves (avec le Danemark, la Norvège et la Suède), est située sur le bord de la mer Baltique. Aux environs de la ville, les paysages ressemblent beaucoup à ceux du Québec, en particulier à ceux du Parc des Laurentides : on y retrouve la même végétation et de nombreux plans d’eau. Fait étonnant : même en pleine capitale, il y a des boisés et des sentiers pédestres situés un peu partout dans la ville. Helsinki est une ville très propre, remplie de parcs et de magnifiques points de vue sur la mer. Les bâtiments les plus visités pour leur architecture ont été construits par les Russes. Cependant, à se promener autour du centre-ville, on découvre une foule de bâtiments typiquement scandinaves. Grâce au système de transport en commun très efficace (métro, tramways, autobus et « fairy boats ») et à la production de l’électricité par la ville, on y respire un air visiblement moins pollué que dans les capitales canadiennes. Toutes sortes d’oiseaux, des lièvres et une espèce d’écureuil aux oreilles plus longues et plus pointues que celui que nous connaissons peuplent les boisés.

Les Finnois

En général, les Finnois pratiquent beaucoup de sports de plein air : marche, course, bicyclette, pêche, orientation en forêt, etc. et, par conséquent, c’est une population généralement en bonne santé. Ces gens, très sympathiques lorsqu’on se donne la peine de leur adresser la parole, parlent à peu près tous l’anglais assez bien. Ils sont incroyablement honnêtes : je comprends pourquoi leur système public fonctionne aussi bien. Ce qui m’a le plus impressionnée : ILS SONT TOUS BLONDS! Rien à faire! Et si quelqu’un a les yeux bruns, alors là, c’est le temps de prendre une photo, car ça ne passe pas souvent! Tous ont les traits très fins (c’est peut-être pour ça qu’on les appelle les Finnois, non, ok, ce n’est pas drôle). Tous équipés de cellulaires (Nokia est finnois), ils aiment promener leur chien, au point qu’ils ont aménagé une quantité phénoménale de « parcs à chiens » intégrés dans les nombreux « parcs à humains ». Ils s’intéressent aussi beaucoup au hockey. S’ils apprennent que vous habitez près de Montréal, ils ne manqueront pas de vous demander si vous connaissez Saku Koivu. En passant, on a battu la Finlande en prolongation 5 à 4 au championnat mondial de hockey!!! C’était dans tous les journaux le lendemain, de quoi me mettre un petit sourire aux lèvres! Évidemment, comme tout bon scandinave, les Finnois apprécient l’alcool! Ils ne manquent généralement pas une occasion d’envahir la ville pour fêter… Bien que les gens n’aient plus le droit de boire dans les rues depuis quelque temps, cela est très ouvertement toléré tant et aussi longtemps qu’ils ne causent pas de problème. Ainsi, on voit souvent quelques citoyens déguster leur bière entre amis dans les parcs les fins de semaines lorsqu’il fait beau. Autre particularité du centre-ville : les kiosques à crème glacée, on en voit à presque tous les coins de rue.

L’éducation

L’éducation y est très bien cotée. Malheureusement, je n’ai pas eu l’occasion de suivre un cours pour savoir comment ça se passe. Cependant, je sais que leur maîtrise est plus longue que la nôtre mais qu’ils n’ont pas de baccalauréat : ils passent directement du secondaire à la maîtrise (un programme avec beaucoup de cours et d’une durée de 5 ans). Au bout du compte, ils obtiennent leur maîtrise à peu près au même âge que nous. Les frais de scolarité sont inexistants pour les citoyens et le gouvernement donne automatiquement des bourses aux étudiants. La notion de prêt étudiant n’existe pas. Les cafétérias, tenues par les associations étudiantes ou par une instance gouvernementale, sont soumises à des restrictions strictes sur la qualité et le prix des repas : il doit y avoir des légumes, un choix de menu végétarien complet, du lait, du jus et il y a toujours un comptoir de pain, riz, patates et salade à volonté. Le prix pour tout étudiant est d’environ 2,50€ et après, croyez-moi, on n’a plus faim! D’ailleurs, les Finnois mangent très rapidement. La qualité de la nourriture est excellente, du moins comparée à la nôtre (eh!), mais eux ont l’air de trouver que ça pourrait être nettement mieux, question d’habitude je suppose! Avec un abonnement général d’environ 40€, ils ont accès à un centre sportif ainsi qu’à tous les cours qui y sont donnés pour une année complète.

Mon stage

Le département de l’Université d’Helsinki où je travaille offre une vue sur la mer Baltique. L’architecture y est moderne et les bureaux, spacieux puisque le nouveau campus des sciences vient tout juste d’être construit, il y a 2 ans. Je travaille quelque part entre les arbres et je dois parcourir un sentier entre l’arrêt d’autobus et le campus des sciences. Le Département de physique comporte des sous-départements dont celui des sciences atmosphériques. Celui-ci, spécialisé dans l’étude du comportement des aérosols dans l’atmosphère, fait partie des centres d’excellence de l’Académie de Finlande. Les principaux champs de recherche sont les études théoriques (modélisation), les expériences en laboratoire et les expériences sur le terrain (stations de mesure). Mon projet se situe dans la dernière catégorie. J’analyse les données de la station SMEAR I située en Laponie, plus précisément à Värriö afin d’expliquer la formation et la croissance des particules dans l’atmosphère.

Conclusion

En bref, la Finlande est vraiment un pays où il fait bon vivre et où les gens sont d’une grande gentillesse. Le seul désagrément serait probablement le manque de soleil en hiver puisque les heures d’ensoleillement (environ de 8h à 15h) sont un peu plus courtes qu’au Québec, mais c’est tout à fait compensé pendant la saison estivale : il fait clair quand je me couche! Vous imaginez? À l’équinoxe, il fait relativement clair toute la nuit. L’équipe avec laquelle je travaille ici m’a accueillie les bras ouverts et le projet sur lequel j’ai la chance de travailler est des plus intéressants. En plus, je peux me permettre de visiter ce pays et ceux environnants (Estonie, Russie, Suède). Les Canadiens y sont appréciés, mais en général, ils n’ont pas l’air d’aimer beaucoup les Américains, et la plupart des gens sont au courant qu’il y a une partie française au Canada et ils nous croient tous parfaitement bilingues… mouais! Donc, si vous avez la chance de venir faire un tour en Finlande, n’y manquez pas! C’est une expérience inoubliable!

Moi moi! (bye bye!)
Stéphanie Gagné
Étudiante en physique
à l’Université de Sherbrooke