De l'abstrait au concret : les stages coopératifs

« Qu’est-ce que ça fait dans la vie un physicien? » Voilà une question qui revient souvent de la part des parents, des amis et même des autres étudiants en sciences! J’avoue qu’en début de baccalauréat mes réponses étaient évasives. Quelles perspectives d’emploi s’offraient donc aux étudiants qui ne devenaient ni chercheurs en physique ni professeurs? La réponse m’est venue en partie par l’entremise du régime coopératif.

Même si j’avais hâte de mettre en pratique mes connaissances, j’appréhendais la série d’entrevues pour mon premier stage. Je craignais, entre autres, qu’il manque d’offres intéressantes. À part quelques professeurs soucieux de parfaire nos connaissances et les habituelles offres très générales s’offrant à tous les programmes, qui voudrait embaucher un étudiant en physique? Y aurait-il des postes pour tous? Heureusement, ces craintes étaient infondées. Il y avait une belle variété d’offres, plusieurs étudiants ont aussi réussi à se trouver un poste à leur goût par des démarches personnelles et presque tous ont trouvé un stage.

C’est par ce premier contact avec le milieu du travail que j’ai découvert la variété de perspectives d’emploi s’offrant aux physiciens : responsables de l’assurance qualité en usine, employés de divers ministères (Agence spatiale, Santé Canada, etc.), chercheurs dans des domaines connexes (génie, géomatique, sciences de la santé et j’en passe). Bref, plusieurs employeurs sont à la recherche de candidats ayant une solide base en sciences et en mathématiques doublée d’un bon esprit de synthèse. Le programme de physique vise le développement de telles aptitudes.

Images obtenus par le microscope à force atomique.

Pour ma part, durant ce premier stage, j’ai choisi de travailler pour l’Agence canadienne d’inspection des aliments dans un projet conjoint avec Agriculture Canada. Mon travail portait sur la détection de nanoparticules (des molécules de quelques nanomètres de diamètre) à l’aide de techniques de microscopie (microscope électronique et microscope à force atomique). J’ai apprécié le caractère multidisciplinaire de ce projet, car j’ai pu côtoyer des chimistes et des biologistes et en apprendre davantage sur des sujets non couverts par mes cours comme la physique des polymères. J’ai aussi pu parfaire mes aptitudes en laboratoire dans l’un des plus gros centres de recherche gouvernementaux au Canada. Même si ce milieu était tout particulièrement adapté aux travaux de chimie et de biologie, j’ai retrouvé plusieurs des mêmes équipements lors de mon second stage en physique expérimentale à l’Université de Sherbrooke.

Un autre avantage du régime coopératif, c’est que les trois stages nous permettent, si on le désire, de découvrir trois domaines différents allant de la physique théorique au travail en industrie en passant par la recherche expérimentale. Personnellement, cela m’a permis de confirmer mon goût pour les sciences expérimentales et de rencontrer des chercheurs avec qui je pourrais effectuer une maîtrise.

En conclusion, les stages coopératifs ont été pour moi une façon de parfaire mes connaissances, de découvrir les perspectives d’emploi en physique et d’envisager mon cheminement après le baccalauréat.

Marie-Anne Richard
Stagiaire hiver et automne 2012

Fullerènes vus par microscope électronique en transmission.