Alexis Darisse

Session d'études en Suisse

Prochain arrêt, ÉPFL

Cette phrase, les étudiants fréquentant l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (ÉPFL) l’entendent chaque jour, alors que le métro les conduit du centre-ville vers la banlieue où se trouve l’ÉPFL. Dans le cadre de la dernière session de mon baccalauréat en physique à l’Université de Sherbrooke, je me suis rendu au pays de la fondue au fromage, du canif rouge avec une croix blanche, des montagnes et du lac, au pays de la neutralité politique et des comptes de banque de toutes origines, bref j’ai étudié en Suisse.

Centre-ville de Lausanne. Photo de Jean-François Morissette
Centre-ville de Lausanne. Photo de Jean-François Morissette

L’ÉPFL est une grande école suisse d’ingénierie, de science, d’architecture et de management. Elle a été fondée en 1853 en tant qu’école d’ingénieurs, mais elle ne prendra sa forme actuelle que vers 1969, alors qu’elle se sépare de l’Université de Lausanne pour devenir une entité indépendante. L’institution accueille environ 6000 étudiants. Une des premières choses qui frappe quand on y arrive est la diversité de l’origine des universitaires. L’ÉPFL compte en effet près de 40% d’étudiants qui ne sont pas nés en Suisse. Il faut aussi ajouter à cela que la Suisse francophone, autrement connue sous le nom de Suisse Romande, ne représente que près du quart de la population totale du pays. Ce même pays étant relativement petit et situé au centre de l’Europe, il n’est pas étonnant que plusieurs langues s’y côtoient dans les centres d’enseignement. J’y ai ainsi fait la connaissance d’Allemands, de Suédois, d’Espagnols, de Portugais, d’Uzbeks, de Russes, pour ne mentionner que ceux-là. Cette diversité a d’ailleurs entraîné quelques situations des plus cocasses. Par exemple, j’ai suivi un cours dans lequel se trouvaient plus d’étudiants étrangers non francophones que de locuteurs de la langue de Molière.

Une autre chose qui attire l’attention lors d’une visite du campus est le design futuriste des bâtiments de l’EPFL. Ai-je mentionné que cette école compte aussi une école d’architecture réputée mondialement? Une attention particulière a donc été portée à rendre plus écologiques les installations. La plupart des toits de l’établissement sont des toits verts et autour des bâtiments des moutons, des ânes et des vaches se chargent de faire le travail des tondeuses à gazon.

Les Suisses sont reconnus à travers le monde pour leur discipline, leur rigueur et leurs efforts incessants à être les meilleurs. La physique n’y fait pas exception. J’ai ainsi reçu à Lausanne un enseignement de la plus haute qualité, donné par des professeurs reconnus dans leur domaine.

Partir à l’étranger pour y faire des études est, à mon avis une expérience très riche, et ce, à plusieurs points de vue. On y rencontre des gens, on s’y fait des contacts, on voit ces mêmes gens vivre un autre mode de vie que le sien propre. On entend des accents très différents du sien, et on prend conscience de l’unicité du nôtre, bien distinctif. On goûte le pays à travers la cuisine locale. Bref, on s’imprègne d’un d’ailleurs et cela change la perception de ce qu’est la réalité dans son propre pays.

On se met aussi à penser que, comme le disait Albert Einstein, les lois de la physique sont invariantes du choix du référentiel d’inertie. Cela est évidemment vérifié d’un point de vue scientifique, mais dans une certaine mesure, cela est aussi vrai sous une perspective sociale et humaine. Les gens de la Suisse se soucient aussi d’environnement, d’immigration, d’éducation et bien sûr d’économie. Un coup d’œil aux journaux locaux ne fait que dévoiler une autre version, plus européenne, des questions qui sont d’actualité dans notre région du monde. « La pluie et le beau temps » reste par ailleurs un sujet de conversation privilégié, comme quoi les êtres humains demeurent des êtres humains où qu’ils se trouvent.

Alexis Darisse
Lausanne, Suisse

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