Du DEC techniques au bac en physique

Correspondance d'un technologue qui termine un bac en physique à un autre qui caresse le projet de s'inscrire en physique.

Je suis l’étudiant en question qui a fait son DEC en électronique. Comme Gilbert (le coordonnateur du département) l'a mentionné, je suis retourné au cégep durant deux sessions dans le but de faire les trois cours de mathématiques et les trois cours de physique prérequis pour le bac. Les cours de mathématiques ont pour principal but de nous familiariser avec les intégrales, les dérivées et l’algèbre linéaire (vecteurs, matrice et nombre complexe).

Je trouve qu’il est important de bien maîtriser toutes ces notions  avant  de commencer le bac. Le bac en physique est composé de beaucoup de mathématiques et orienté vers des problèmes physiques qui poussent ces outils mathématiques de plus en plus loin. Par exemple, au cégep les intégrales et les dérivées se font en une dimension; au bac, on apprend graduellement à les faire en 3D, tant en coordonnées cartésiennes que sphériques ou cylindriques.

Équivalences

Pour les équivalences, Gilbert a pu me créditer le cours d’électronique. Sinon, les cours d’électromagnétisme n’ont rien à voir avec ce que l’on peut voir avec une technique. Les notions que j’avais en électricité m’ont peut-être aidé pour une petite partie du premier cours, mais c’est tout. Le genre de problèmes que l’on apprend à résoudre est d’écrire les équations mathématiques qui décrivent le champ électrique que l'on va retrouver entre une charge + et une charge -, séparées d’une distance d, suspendues dans l’espace. On voit aussi de façon mathématique pourquoi il y a induction dans une bobine de fil. Bref, tout le premier cours est basé sur les équations de Maxwell à partir desquelles on déduit toutes les formules qu'on nous a « données », comme vérité scientifique, dans nos cours de technique. Les deux cours d’électromagnétisme sont des cours très exigeants du bac.

Physique ou génie

Personnellement, je suis plus une personne pratique et manuelle; je suis plus du type génie. Mais, comme c’est les connaissances générales qui m’intéressent de connaître, faire un bac en physique me donne l’impression de voir l’essentiel de tous les programmes de génie qui existent (mécanique, optique, quantique, etc.) et d’avoir en plus une formation très solide en outils mathématiques. Comme je suis déjà manuel, je n’avais pas besoin du côté pratique de l’approche par projets que préconise la Faculté de génie. Mais la charge de travail est importante. Ce n’est pas que les cours soient extrêmement difficiles, c’est surtout le nombre de travaux de tous les cours combinés qui demandent beaucoup de temps. Ma session la plus exigeante a été la session d’été, où j’avais suivi cinq cours, et qui, avec les travaux, exigeait tout mon temps libre. Mais rien n’oblige à prendre une session aussi chargée. Il est aussi possible de consacrer moins d’efforts si on se soucie moins des notes et quand même réussir son bac.

Avantages

Les stages aussi sont intéressants. Mon premier stage était à l’Agence spatiale canadienne et j’ai vraiment été impressionné. Plus tu as de l’expérience, plus tu peux te dénicher des stages intéressants.

Les professeurs sont vraiment amicaux, dynamiques et très accessibles. De plus, les classes ne dépassent que rarement 30 personnes, alors il est facile de poser des questions.

Je ne me considère pas super bon en mathématiques comparativement au reste de ma classe, mais je crois que les efforts et les heures supplémentaires que je mets compensent cette lacune. Des fois, les chemins que je prends pour arriver à la réponse sont plus longs, mais l’essentiel est d’y arriver. Maintenant que j’ai « survécu » au bac réputé comme étant un des plus difficiles de l’Université, il n’y a plus aucun grand défi qui me fait peur aujourd’hui. Tout s’apprend, il faut juste y mettre le temps.

J’espère que ça répond un peu à tes questions, si tu en as d’autres, n’hésite pas.

Patrick Pomerleau
Octobre 2013