Enseignement en présentiel sur les campus

Venir en classe pour favoriser sa réussite et sa santé

À l’heure où les enjeux liés à l’isolement et à la santé psychologique des étudiantes et étudiants amènent le gouvernement provincial et la Santé publique à demander un retour progressif en classe dans les collèges et les universités, l’UdeS se réjouit de cette orientation, qui correspond à celle qu’elle a adoptée depuis plusieurs mois.

Plaçant la réussite et la santé psychologique de sa communauté étudiante au cœur de ses décisions, l’institution avait choisi très tôt pendant la pandémie de déployer tous les efforts nécessaires pour offrir un maximum d’activités pédagogiques en présence sur ses campus. Dans le respect des mesures sociosanitaires en vigueur, environ 60 % des cours ont pu se tenir en présence dès l’automne dernier, une proportion nettement supérieure à celles des autres établissements universitaires québécois.

L’audace de faire les choses autrement

Afin de respecter les mesures de distanciation physique, une dizaine de classes en plein air ont été aménagées sur les campus, à l'automne dernier.
Afin de respecter les mesures de distanciation physique, une dizaine de classes en plein air ont été aménagées sur les campus, à l'automne dernier.
Photo : Michel Caron - UdeS

Pour l’UdeS, il allait de soi de chercher à faire les choses autrement, parce qu’elle a toujours privilégié une approche misant sur la richesse de l’expérience universitaire pour soutenir la réussite de sa communauté étudiante et assurer la qualité de sa formation.

Pour relever le défi de l’enseignement en classe en contexte pandémique, la grande université humaine a rivalisé de créativité et d’innovation. Classes en plein air, réaménagement des lieux et des espaces tant sur les campus qu’à l’extérieur, escouades étudiantes chargées de faire respecter les normes sociosanitaires, mobilisation du corps enseignant dans l’adaptation des formules pédagogiques, déploiement de mesures de soutien psychologique… l’ensemble de la communauté universitaire a travaillé d’arrache-pied pour assurer, au bénéfice des étudiantes et étudiants, un enseignement en présentiel. Un service de dépistage sur place de même qu’un Centre Info-Covid ont aussi été implantés.

Opter pour un maximum d’activités en classe favorisait davantage la dimension pratique de nos programmes, en plus de contribuer à briser l’isolement des étudiantes et étudiants, en leur permettant d’avoir des contacts sociaux et une vie universitaire qui participent de leur réussite.

Professeure Christine Hudon, vice-rectrice aux études

Une orientation qui, bien qu’elle ait présenté son lot de défis, a semblé plaire à une majorité d’étudiantes et étudiants, qui s’en sont dit satisfaits à plus de 75 %.

Celles et ceux qui entamaient leur premier trimestre d’études en septembre dernier ont particulièrement apprécié de rencontrer sur place leurs collègues de classe et le personnel enseignant. C’est notamment le cas de Sacha Bilodeau, étudiant nouvellement inscrit au baccalauréat en génie électrique.

Le fait d’arriver dans une nouvelle ville, de ne connaître personne dans mon programme, c’était déstabilisant. Ça me rassurait d’avoir des cours en présentiel, parce que ça ressemblait plus aux autres rentrées que j’avais connues.

La santé psychologique passe par les liens sociaux

Une personne sur six de niveau collégial ou universitaire présenterait des symptômes liés à l'anxiété ou à la dépression majeure.
Une personne sur six de niveau collégial ou universitaire présenterait des symptômes liés à l'anxiété ou à la dépression majeure.
Photo : Michel Caron - UdeS

Les jeunes adultes de 18-25 ans vivent la pandémie de façon beaucoup plus difficile que tout autre groupe d’âge au Québec. Environ 6 personnes sur 10 de niveau collégial ou universitaire afficheraient présentement des symptômes d’anxiété ou de dépression majeure.

Ces résultats sont tirés d’une vaste enquête menée en janvier dernier par l’équipe de la professeure-chercheuse Mélissa Généreux, de la Faculté de médecine et des sciences de la santé, auprès de 16 500 étudiantes et étudiants de 12-25 ans des régions de l’Estrie et de la Mauricie. L’étude visait à brosser le portrait actuel de leur santé psychologique, mais aussi à déterminer les principaux facteurs nuisibles de même que certaines pistes de solution pouvant être mises à profit.

Nos jeunes ont besoin de liens sociaux, ils ont été clairs. Le fait d’avoir offert et maintenu des cours en présentiel, ça a peut-être répondu à une bonne partie du besoin qu’ils avaient, et qu’ils ont toujours .

Professeure-chercheuse Mélissa Généreux

Étudiante à la maîtrise en études françaises, Sabrina Asselin, qui a pu échanger cet automne avec ses collègues dans le cadre de séminaires en classe, abonde dans ce sens :

Ça a été très difficile pendant la pandémie, puisqu’on était isolés chez nous. Avoir des séminaires en présentiel permettait de retrouver ce contact social là, de revoir des personnes en vrai, et ça, ça faisait vraiment du bien!

Le présentiel : un facteur de protection?

En conformité avec la Santé publique, différentes mesures sociosanitaires ont été déployées afin de rendre les campus sécuritaires, et éviter les éclosions et les cas de transmission.
En conformité avec la Santé publique, différentes mesures sociosanitaires ont été déployées afin de rendre les campus sécuritaires, et éviter les éclosions et les cas de transmission.
Photo : UdeS

Dans un contexte où l’UdeS a maintenu un maximum de cours en présentiel à la rentrée d’automne, il s’avère rassurant de constater le faible nombre de cas de transmission observé dans le cadre des activités d’enseignement. Un total de cinq éclosions impliquant chacune deux personnes seulement ont été répertoriées sur les campus, majoritairement dans le cadre d’activités non supervisées, au cours desquelles les gens n’avaient pas respecté les règles en vigueur.

L’arsenal de mesures sociosanitaires mis en place – port obligatoire du masque de procédure, lavage des mains à l’entrée des pavillons et dans les salles de cours, aménagement des lieux pour permettre la distanciation physique, escouades étudiantes – semble avoir réussi à rendre les campus sécuritaires.

Quelque 60 % des cours de l'automne 2020 à l'UdeS se sont donnés en présentiel, dans le respect des mesures sociosanitaires en vigueur.
Quelque 60 % des cours de l'automne 2020 à l'UdeS se sont donnés en présentiel, dans le respect des mesures sociosanitaires en vigueur.
Photo : Martin Blache - UdeS

La professeure Généreux rappelle par ailleurs que d’autres études menées plus tôt par son équipe ont démontré que l’Estrie semblait être l’une des seules régions où la détérioration de la santé psychologique chez les jeunes adultes, entre septembre et novembre derniers, avait été nettement moindre qu’ailleurs. Elle émet l’hypothèse que le fait d’avoir pu profiter de cours en présentiel ait pu être bénéfique pour la santé psychologique des étudiantes et étudiants.

Tirer profit de l’expérience

Pour la vice-rectrice aux études, la professeure Christine Hudon, l’expérience des derniers mois a permis de s’interroger sur la manière de concevoir les formules d’enseignement et d’apprentissage, et de se questionner sur la valeur ajoutée de la présence en classe. Cette réflexion pourrait même contribuer à davantage diversifier les modalités pédagogiques et à innover sur le plan des pratiques enseignantes.

Le contexte hors du commun favorise une plus grande diversification de formules pédagogiques, au bénéfice des étudiantes et étudiants.
Le contexte hors du commun favorise une plus grande diversification de formules pédagogiques, au bénéfice des étudiantes et étudiants.
Photo : Michel Caron - UdeS

Forte de l’expertise acquise, notamment sur le plan de la pédagogie de l’enseignement supérieur en plein air, qu’elle souhaite pérenniser, l’UdeS a d’ailleurs partagé le fruit de son expérience avec les autres établissements d’enseignement universitaire, dans le but d’amorcer un dialogue et de contribuer à l’avancement de la recherche dans ce contexte. Des guides pédagogiques disponibles en ressources éducatives libres, de même que différents articles, ont entre autres été diffusés.

En conclusion, la vice-rectrice Hudon ajoute que malgré le caractère extrêmement exigeant des défis engendrés par cette crise, l’institution en sort plus forte et plus résiliente :

À travers tout ça, ce qu’on a démontré, c’est qu’on était capables de s’adapter, toujours avec l’objectif d’en faire un maximum pour nos étudiantes et étudiants. Dans des périodes de crise, il faut se recentrer sur son identité, et l’identité UdeS, c’est d’être une université où la dimension humaine, où les rapports humains sont très importants.