Projets d'intervention et de recherche

Plusieurs projets d’intervention visant à prévenir la transmission du VIH parmi les prostituées et autres groupes à haut risque ont été réalisés en République Centrafricaine, au Ghana et au Togo, sur financement de l’Agence Canadienne de Développement International et de l’United States Agency for International Development. Une partie importante des efforts a été consacrée à la prise en charge des infections transmises sexuellement (ITS), qui sont des co-facteurs facilitant la transmission du VIH.

Par ailleurs des projets de recherche clinique ou épidémiologique ont été réalisés dans divers pays:

  1. sur la trypanosomiase humaine africaine: République Démocratique du Congo, Congo Brazzaville, Côte d’Ivoire, Ouganda;
  2. sur le VIH et les ITS: Ghana, Togo, République Centrafricaine, Burkina Faso, Mali, Guinée, Côte d’Ivoire, Bénin, Sénégal, Guinée-Bissau, Comores;
  3. sur les infections respiratoires aigues: République Centrafricaine;
  4. sur l’hépatite C: Guinée-Bissau, République Centrafricaine, Cameroun;
  5. sur le HTLV-1: Cameroun.

Des résidents seniors du programme de microbiologie-infectiologie, mais aussi de médecine interne, pédiatrie et santé communautaire, ont participé à plusieurs de ces projets, généralement par des stages outre-mer d’une durée de 3 mois reconnus par le Collège des Médecins du Québec, et ont été co-auteurs de publications en découlant.  

Au cours des dernières années, les projets s'inscrivaient dans le cadre général d'un effort pour mieux comprendre les facteurs qui ont été impliqués dans l'émergence du VIH en Afrique Centrale durant la première moitié du 20e siècle, avec des financements des Instituts de Recherche en Santé du Canada et du Fonds de Recherche en Santé du Québec. Après avoir démontré que des interventions médicales (traitement de la maladie du sommeil, traitement parentéral de la tuberculose) avaient contribué de façon marquée à la transmission du VIH-2 en Guinée-Bissau, nous avons réalisé des études similaires en Afrique Centrale. Au Cameroun, nous avons démontré que le traitement parentéral de la malaria a contribué de façon importante à la transmission du virus de l'hépatite C parmi une cohorte de personnes âgées dont plus de la moitié sont infectées par ce virus. En République Centrafricaine, nous avons démontré que le traitement de la maladie du sommeil avant 1950 a entrainé  la transmission du virus de l'hépatite C, tandis que les injections préventives de pentamidine entre 1947 et 1953 ont entrainé la transmission du rétrovirus HTLV-1.

Au cours des deux prochaines années, nous espérons pouvoir réaliser un projet similaire parmi une population de personnes âgées dans la ville de Kinshasa, le lieu même où la propagation et la diversification génétique du VIH a eu lieu durant les années 1950.