Émilie Lefol

Alors que filles et garçons font preuve de performances similaires dans les matières scientifiques au secondaire, les jeunes femmes s’écartent progressivement de la science au cours de leur cursus. Ainsi, une étudiante au secondaire a trois fois moins de chances d’obtenir un doctorat en science qu’un étudiant (les femmes représentent 28 % des chercheurs dans le monde, selon l’UNESCO). Principalement en raison de clichés qui ont décidément la vie dure et qui font croire à nombre de jeunes filles qu’une carrière scientifique est plus adaptée aux hommes.

Fort de ce constat, Homeward Bound représente une initiative innovante visant à accroître l’influence des femmes dans les postes décisionnels et les prises de décisions politiques. À cette fin, ce projet va mettre en place au cours de 10 prochaines années une collaboration mondiale de 1 000 femmes (100 femmes par année) avec un parcours scientifique pour mener, influencer et inspirer les futures générations. Créé en Australie, Homeward Bound est un programme de formation international de douze mois en leadership, innovation, intelligence émotionnelle, culminant par trois semaines en Antarctique. Cette année, la deuxième cohorte de 70 femmes de 11 pays différents a été sélectionnée. Parmi elles, une seule représentante du Québec, moi-même, étudiante au doctorat en biologie de l’Université de Sherbrooke.

Mon objectif au sein de ce projet Homeward Bound est d’incarner un agent de changement.

J’ai la conviction que pour inciter les nouvelles générations et notamment les jeunes femmes, à entreprendre, à oser, elles ont besoin de modèles féminins et ce dans diverses disciplines que ce soit dans les domaines de la médecine, de la politique, de la justice, du divertissement, de l’industrie, etc.

C’est dans cette optique que je souhaite mettre en place des évènements (conférences, formations, conseils) afin de témoigner, d’épauler et de guider les jeunes femmes. 

Dans une société où de nombreuses choses sont régies par l’argent, l’éducation ou autrement dit l’économie du savoir est selon moi le meilleur investissement que l’on puisse faire. Laissez-moi vous imager cela par un exemple. Si je vous donne un billet de 20 $ m’appartenant, vous voici plus riche de 20 $, et moi plus pauvre de cette même somme. Mais, si je vous partage l’une de mes connaissances par exemple comment reconnaitre une Hirondelle bicolore, un oiseau sur lequel j’effectue mon doctorat. Je n’en serais pas plus pauvre ou plus bête, bien au contraire, nous en serons tous deux plus riches.

La philanthropie universitaire est dans ce sens importante, car je pense que toutes améliorations de la condition des étudiants qu’elles soient matériels ou morales participent grandement à leurs réussites et de ce fait contribue indirectement à la nôtre.

Originaire d’une petite ville de Normandie de France, je suis depuis maintenant 2 ans, au doctorat à l’Université de Sherbrooke. Mes recherches portent sur un oiseau annonciateur du retour des beaux jours, l’Hirondelle bicolore, sous la direction des professeurs Dany Garant et Fanie Pelletier.

Précédemment, mes 5 années d’expériences professionnelles entre la maitrise et le doctorat m’ont permis d’étudier sur le terrain l’impact des changements climatiques sur diverses espèces animales, et ce, sur divers continents (Europe, Afrique et Américain). Ma dernière mission m’a notamment conduite à étudier le Manchot royal durant 15 mois sur une île d’Antarctique.

Après ces quelques années sur le terrain, je souhaitais entreprendre mes propres recherches pour continuer à apprendre et à comprendre. C’est donc tout naturellement que je me suis dirigée vers un doctorat. C’est ainsi armé de toute cette expertise que j’entame ce nouveau défi.

Par les contributions des donateurs, l’Université de Sherbrooke est en mesure de soutenir et d’aider concrètement des projets étudiants tels que le mien et potentiellement changer nos vies. Et si je réussi à amener mon projet à terme ce sera en grande partie grâce à eux, à vous ! Alors sincèrement merci.

Selon moi, les étudiants d’hier et d’aujourd’hui forgent l’Université et les étudiants de demain.