Alexis Reymbaut - Faculté des sciences

  • Doctorat en physique

Nommez et décrivez vos projets et implications récemment réalisés ou en cours.

Mon projet global s'appelle Physêka (Physique + Eurêka). Il s'agit d'un vaste programme de vulgarisation portant principalement sur la physique et débordant sur les sciences (chimie, biologie, médecine, informatique) et sur des questions de société essentielles (importance des sciences fondamentale et appliquée, réchauffement climatique, créationisme, lutte contre les idées préconçues sur la science, etc…).

Je vise tous les publics de 5 ans à…très vieux! Pour cela, j'ai saisi des occasions et je me suis fait des contacts permettant de me rendre un peu partout. Ma place d'Innovateur à l'école et d'administrateur pour le Conseil du loisir scientifique de l'Estrie m'a donné accès aux écoles primaires et secondaires, et aux événements reliés à ces niveaux scolaires, comme l'Expo-sciences. J'ai par ailleurs donné personnellement 500$ en prix à la dernière finale régionale de l'Expo-sciences en Estrie. Mon poste d'attaché à la promotion de la science du Regroupement des étudiants-chercheurs en sciences de l'Université de Sherbrooke (RECSUS) me donne l'occasion d'organiser des conférences intra-facultaires où les étudiants-chercheurs peuvent présenter ce qu'ils font à d'autres départements, et d'encadrer à chaque session une nouvelle équipe d'étudiants à la maîtrise et au doctorat pour réaliser, entre autres, des séances de sciences publiques. Ces séances se donnent dans les écoles primaires et secondaires, les CÉGEPs, mais aussi dans les lieux publics (Lac des Nations) et au CHUS (service de pédopsychiatrie).

À titre plus personnel, je me suis construit une réputation de vulgarisateur scientifique à travers différentes conférences au Québec (Sherbrooke, Granby, Québec, Montréal, Trois-Rivières, Mont-Tremblant), aux États-Unis (Western Illinois University) et en France. Aussi, je co-anime une émission de radio de vulgarisation scientifique appelée Scientifak sur la radio étudiante CFAK et je m'occupe de la page Facebook Physêka et du blog du même nom hébergé par l'Agence Science Presse de Montréal pour vulgariser la physique en français à l'écrit et parler de mon expérience et de mon parcours académique. Enfin, je profite de ma position de doctorant et de chargé d'exercices en physique pour améliorer les conditions d'études des étudiants au baccalauréat et développer une nouvelle technique d'enseignement plus moderne, agréable et efficace que les techniques traditionnelles.

Mes différents rôles me donnent aussi une place unique pour renforcer les liens entre différents acteurs de la science dans la région, comme la Faculté des sciences de l'Université de Sherbrooke, le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke et le Conseil du loisir scientifique de l'Estrie.

Selon vous, pourquoi la philanthropie est-elle importante?

Ce n'est pas forcément toujours évident de se sentir utile lorsqu'on fait de la recherche en physique théorique fondamentale. Faire preuve de philanthropie à travers mes différentes activités de vulgarisation m'apporte non seulement le sentiment de faire partie intégrante de la société mais aussi la certitude d'y être une véritable valeur ajoutée.

Comment un financement supplémentaire pourrait-il vous aider dans la poursuite de votre projet?

Un financement supplémentaire pourrait m'aider sur plusieurs aspects. Premièrement, il me permettrait de donner une crédibilité accrue à mes activités de vulgarisation dans le sens où un financement est une forme de reconnaissance professionnelle. Deuxièmement, il me permettrait d'acheter du matériel supplémentaire, que ce soit pour compléter mon matériel déjà existant ou pour avoir assez de matériel pour encadrer et former d'autres personnes dans l'espoir de monter un groupe de vulgarisation un jour. Enfin, un financement supplémentaire me donnerait l'opportunité de lancer de gros projets tels qu'un cours de vulgarisation scientifique à la Faculté des sciences de l'Université de Sherbrooke (le programme du cours a déjà été accepté au niveau du département de physique, mais n'a pas vu le jour à cause des coupures budgétaires du gouvernement), ou encore la création à Sherbrooke d'un centre de démonstration en sciences physiques similaire à celui du CÉGEP Garneau de Québec.

Pourquoi avez-vous accepté d’être porte-parole/bénévole pour la campagne annuelle?

La Faculté des sciences de l'Université m'a tellement donné au cours des dernières années que j'ai développé un véritable sentiment d'appartenance et de fierté envers elle. Je me suis efforcé de la faire rayonner au travers de mes opérations de vulgarisation, mais devenir porte-parole pour la campagne annuelle de financement me paraissait être un excellent moyen d'aller encore plus loin! De plus, l'année 2015-2016 va être une année charnière dans le contexte d'austérité économique que nous connaissons et je voulais jouer un rôle plus important dans tout cela afin de soutenir la Faculté des sciences.

Pourquoi considérez-vous qu’il est intéressant de s’impliquer dans divers projets durant vos études?

Pour moi, c'est surtout une envie d'aller auprès des gens qui m'a décidé à me lancer dans la vulgarisation. Le changement de décor qu'elle m'a offert m'a permis de m'épanouir dans mes études et de réaliser à quel point les sciences pouvaient être un sujet de discussion pour tout le monde, quelque soit l'âge ou la formation. Par ailleurs, les compétences requises en vulgarisation m'ont demandé de prendre un recul important sur mes connaissances en physique et de les consolider tout en travaillant sur l'aspect "communication" indispensable pour s'adresser aux gens. Je me suis rendu compte que ce dernier aspect était absolument inestimable en science.