Persistances seigneuriales au Québec

L'exemple de la seigneurie de Vaudreuil (2017)

La seigneurie de Vaudreuil est concédée en 1702 à Philippe de Rigaud de Vaudreuil, alors gouverneur de Montréal et bientôt de toute la Nouvelle-France. Celui-ci laissera son nom à ce territoire sans pour autant contribuer à son développement. Ce vaste fief passe aux mains de la famille Chartier de Lotbinière peu après la Guerre de la Conquête (1763). Michel (1723-1799) et son fils Michel-Eustache-Gaspard-Alain (1748-1822) veilleront au développement de cette seigneurie dans la seconde moitié du XVIIIe et au tournant du XIXe siècle. Au décès de M.E.G. Alain et de sa seconde épouse Charlotte Munro, ses filles se partageront l’héritage seigneurial. Alors que Julie-Christine hérite de Lotbinière où fleurira la famille « Joly de Lotbinière », Louise-Josephte, qui a épousé Robert Unwin Harwood en 1823, hérite de la seigneurie de Vaudreuil. De ce mariage naissent dix enfants qui prendront le patronyme « Lotbinière-Harwood ».

En 1854, le régime seigneurial est aboli. Les seigneurs demeurent propriétaires des terres non concédées, continuent à percevoir des rentes jusqu’aux années 1940, tandis que les familles seigneuriales, surtout celles qui sont résidantes de leurs fiefs, demeurent des acteurs influents dans la communauté. À Vaudreuil, comme ailleurs dans la Province de Québec, le mode de vie seigneurial ne s’éteint pas avec l’abolition… Le souvenir de cette famille a laissé des traces tangibles dans le patrimoine et la mémoire vaudreuilloise jusqu’à nos jours, comme en témoignent Les Seigneuriales de Vaudreuil-Dorion, qui commémorent en juin de chaque année, depuis plus de 25 ans, le passé seigneurial de cette localité.

Réalisation : Stéphanie Lanthier
Entrevues : Benoît Grenier
Assistants à la recherche et à la technique : Michel Morissette et Félix-Antoine Têtu