Thèse - Résumé

Le Coeur-de-la-ville (roman), suivi d'une étude critique « Au diable Paris! » : contribution à une poétique d'apprentissage

Simon-Xavier FRENETTE

Cette thèse en création littéraire se divise en deux parties, un roman et une « étude critique » portant sur le roman d'apprentissage moderne. Le Coeur-de-la-Ville n'est pas uniquement le récit racontant les péripéties d'un enfant, Justin. Il est celui de ses parents, de leurs amis et des clients du dépanneur, sans oublier que le grand-père de Carl et son père ont grandement contribué à la construction du Coeur-de-la-Ville, de cette forteresse en mer anglaise. Il y a Patrice, un romancier; Michel, un nageur qui se qualifie pour les Olympiques et qui vit mal avec ce qui se cache dans le tréfonds de son être. Carl tente d'être un père et ami exemplaires, il aime de tout son coeur son fils et n'accepte nullement sa maladie. Le Coeur-de-la-Ville donne également vie à André qui gagne sa croûte d'une étrange manière et à l'homme aux cigarettes qui les regarde vivre du haut de son balcon en jouant du violon. Tous ces personnages et quelques autres forment une communauté d'éprouvés qui s'entraident pour surmonter les difficultés de la vie. Ils partagent leurs joies et leurs malheurs en tentant d'habiter l'ici et maintenant. Contrairement au roman d'apprentissage réaliste, le roman d'apprentissage moderne est peu théorisé. Cette thèse vise à montrer que le garant moderne, par l'expression de sa corporalité et de son caractère, est un personnage Autre et que la quête qu'il poursuit est le contraire de celle de son prédécesseur de l'époque réaliste. La trilogie de l'enfance de Réjean Ducharme sert de corpus afin de jeter les bases d'une poétique de ce type de roman. Toutefois, l'oeuvre ducharmienne appelle des nuances. Bérénice Einberg subit son avalement dans un ton de colère, tandis que Mille Milles se résigne plutôt à son sort et qu'Iode Ssouvie semble plutôt l'accepter. Il est impossible de vivre complètement coupé du monde, mais il y a une différence entre la façon dont déambule un Eugène de Rastignac, chez Balzac, dans l'univers sociétal et un Mille Milles ou bien un André ou une Nicole, dans l'oeuvre de Ducharme. Ses enfants sont loin d'être de jeunes héros qui veulent gravir les échelons sociaux pour y briller. Ils souhaitent plutôt fuir en se tenant en marge de la société.