Thèse - Résumé

Ouvrir la voie/x — Le processus constitutif d’un sous-champ littéraire féministe au Québec (1960-1990)

Isabelle BOISCLAIR

L’augmentation importante du nombre d’écrivaines, à partir de 1961, vient bouleverser les valeurs du champ littéraire québécois. Entre 1960 et 1990, les femmes devront déployer leurs propres appareils de production, de diffusion et de réception pour parvenir à contourner la résistance qu’occasionne leur présence grandissante dans le champ littéraire.

La première partie de cette thèse jette les prolégomènes à une étude du champ entre 1960 et 1990. D’abord, on s’attache à démontrer en quoi le système de genre sexuel et le système du champ, tous deux androcentriques, ont découragé la présence des femmes au sein de l’institution littéraire (chapitre premier). Le deuxième chapitre propose une version au féminin de l’histoire littéraire du Québec de 1900 à 1959.  

La deuxième partie s’intéresse à la mise en place d’un champ de production parallèle voué à la production et à la diffusion des écrits de femmes entre 1960 et 1990. La production littéraire des femmes y est scrutée à la loupe (chapitre trois), ainsi que la place des femmes dans les instances éditoriales et dans les instances de diffusion (chapitre quatre).  

La troisième partie étudie les effets créés par le mouvement de l’écriture des femmes. L’étude de la réception critique (chapitre cinq) nous amène directement à l’étude de la fondation d’un nouveau paradigme critique valorisant le féminin (chapitre six). Enfin, le dernier chapitre balaye la fin de la période pour y détecter des marques de reconnaissance nouvellement accordées aux femmes.  

L’étude conclut que les réformes sociales des années cinquante et soixante, notamment celle de l’enseignement, ainsi que la redéfinition du genre sexuel selon un horizon postmoderne sont les deux éléments, l’un matériel, l’autre symbolique, ayant le plus contribué à donner pleinement aux femmes l’accès aux carrières littéraires.