Mémoire - Résumé

La révision littéraire au Québec : Métiers, agents et pratiques

Karine MORIN

Bien que l’étape de la révision est un incontournable dans le processus d’édition d’un livre, peu de chercheurs se sont intéressés à décrire cette fonction : elle est à peine nommée dans les ouvrages dédiés à l’édition. Est-ce parce qu’il n’y aurait rien de spécial à dire sur ce sujet ? Que la révision serait une étape banale ? Pourtant, dans ce mémoire, nous montrerons qu’il n’en est rien et que le métier de réviseur littéraire mérite d’être étudié et reconnu. Dans le premier chapitre, nous avons posé toutes les bases théoriques afin de circonscrire notre objet de recherche. Nous y avons exposé ce qu’est la révision linguistique, que celle-ci s’intéresse à la qualité de la langue et à l’efficacité de la communication. Nous avons également tenté de cerner ce qu’est la norme prescriptive. Même si elle est difficile à définir, la norme est un concept mouvant imposé par des petits groupes de personnes. En contexte littéraire, c’est justement cette distance par rapport à la norme qui nous intéresse. Nous terminerons d’ailleurs ce chapitre en définissant ce qu’est la révision littéraire en évoquant les trois étapes auxquelles elle se rapporte : la révision linguistique, éditoriale et paratextuelle. Au deuxième chapitre, nous nous intéresserons davantage aux réviseurs littéraires. Avec les informations recueillies sur des plateformes électroniques et pendant les entrevues que nous avons menées, nous avons pu établir un profil des réviseurs littéraires du Québec. Nous y retrouvons des informations personnelles et professionnelles, des données sur les conditions de travail des réviseurs, sur leur réseau de soutien ainsi que sur leur perception par rapport à leur métier. Dans le dernier chapitre, nous aborderons concrètement le travail de révision en présentant notre étude de la révision littéraire qui a été faite sur le roman La vieille fille et la mort de Catherine Sylvestre. D’entrée de jeu, nous mentionnons certaines informations générales concernant la pratique de la révision (directives des éditeurs, lecture des manuscrits, outils de travail et de référence des réviseurs). Nous présentons ensuite notre étude de cas en relevant des éléments révélateurs du travail de révision dans les catégories du vocabulaire, de la grammaire et du style. En somme, nous pouvons penser à tort que la révision littéraire ne serait rien de plus que de la révision linguistique et que le réviseur ne s’intéresse à rien d’autre qu’aux fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe ou de ponctuation. Au contraire, la révision littéraire va au-delà de la simple correction des erreurs. Comme le réviseur a un texte littéraire devant lui, il doit prendre en considération le style de l’auteur, et c’est ainsi qu’une réflexion sur le texte s’amorce. Tenant à respecter le style d’écriture unique de l’auteur, le réviseur doit remettre en question certains codes, telle la norme prescriptive. Le réviseur peut donc juger des tournures stylistiques et décider ce qui est acceptable ou non en contexte littéraire.