L'emprunt du chemin de traverse entre Jimmy et Jim ou une lecture bachelardienne de « Jimmy » et du « Vieux Chagrin » de Jacques Poulin 

Hugo BOUCHER

Dans ce mémoire, je compare deux oeuvres de l'auteur québécois Jacques Poulin, soit Jimmy et Le Vieux Chagrin. Le premier roman gravite autour du personnage de Jimmy et se présente comme un roman de l'enfance tandis que le deuxième, lui, met en scène le personnage de Jim et constitue davantage un roman de l'âge adulte. Par l'entremise de ce travail, je démontre qu'un indéniable rapport de continuité unit ces écrits. Afin d'établir des liens évocateurs entre les deux livres, j'ai dégagé des aspects qui reviennent de façon récurrente dans les oeuvres du romancier, c'est ainsi que mon choix s'est arrêté sur les aspects suivants : l'habitation, l'eau, l'onirisme et l'âme. Mon analyse repose sur la dialectique de Gaston Bachelard qui se penche, à travers de nombreux ouvrages théoriques, sur les mêmes éléments que ceux que l'on retrouve dans les romans.

Les deux premiers chapitres parlent de la notion de spatialité. À travers ces derniers, j'établis une corrélation entre le chalet de Jimmy et la maison de Jim. Puis, les chapitres trois et quatre, quant à eux, abordent les rapports entretenus par le protagoniste à l'égard de l'eau. Jimmy présente une initiation aquatique qui se poursuit dans Le Vieux Chagrin et qui se soldera par une familiarisation à cet élément. De leur côté, les chapitres cinq et six mettent de l'avant l'onirisme, voire la rêverie, qui habite les oeuvres étudiées. Je traite, entre autres, du désir qu'éprouve le protagoniste à l'égard de l'activité d'écriture, de l'importance que revêt la famille et, également, du rapprochement vis-à-vis de la femme. Finalement, le dernier chapitre traite conjointement des deux romans en ce qui a trait à l'âme. D'une part, l'enfant nie avoir une âme tandis que, d'autre part, l'adulte, lui, s'avère persuadé qu'il en possède une, il va même jusqu'à élaborer une théorie à ce sujet.