Mémoire - Résumé

Francis CARRIÈRE

Dans l’opinion publique, Mike Ward a longtemps été perçu comme un humoriste provocateur, reconnu pour la vulgarité de son langage et ses propos. Avant l’année 2015, les chroniqueurs en particulier qualifient son humour de « facile » et lui font coller à la peau une image d’enfant terrible. Pourtant, à partir de cette année-là, un basculement s’opère. L’humoriste devient copropriétaire du premier comédie club francophone montréalais, le Bordel, et redevient animateur de Mike Ward Sous Écoute, qui sera le podcast francophone le plus écouté au monde. L’humoriste prend le contrôle de son image puisqu’il n’hésite pas à prendre position vis-à-vis des différents détenteurs de pouvoir de l’industrie. Cette recherche a pour objectif de comprendre comment ce rôle actif, au sein même de l’industrie, permet d’une part à Ward d’encourager un renouvellement et une diversification de l’offre. D’autre part, ces tribunes —en particulier le podcast—sont aussi pour lui l’occasion de renégocier et de remodeler son image publique. Les réponses fournies par l’analyse exhaustive de 277 podcasts, auxquels a participé Ward, nous ont permis de cibler des récurrences dans son discours et de brosser un portrait intéressant du métier d’humoriste, du public d’humour et des différentes instances reconnues dans le milieu (Juste pour rire, l’École nationale de l’humour, l’Association des professionnels de l’industrie de l’humour , mais aussi la critique). La conclusion nous permet de montrer qu’en somme, l’humoriste a initié une trajectoire singulière, qui lui a permis d’outrepasser son simple rôle d’humoriste pour devenir un élément constitutif de l’industrie, lui qui agit désormais à titre de régisseur de la norme supportant l’émergence des humoristes.