Pour une critique éthique en littérature : entre le meurtre et la dignité. Représentation de l'euthanasie dans deux romans contemporains. 

Alexandre BOLDUC

Le mémoire se présente comme une défense de la critique éthique en littérature telle que définie dans les travaux de Wayne Booth et Martha Nussbaum, notamment The Company We Keep: An Ethics of Fiction et Love's Knowledge: Essays on Philosophy and Literature . Une méthode empruntant à Wayne Booth (pour l'étude de l'auteur implicite et de la rhétorique), à Vincent Jouve (pour l'étude des personnages) et à Paul Larrivaille (pour l'étude de la structure causale de l'histoire) est d'abord élaborée. Puis, afin de montrer la validité de cette méthode et de la critique éthique en général, elle est appliquée à l'étude de deux romans : Contre coeur d'Anna Quindlen et Miséricorde de Linn Ullmann. Les deux romans sont avant tout choisis parce qu'ils partagent le thème de l'euthanasie et que le choix d'un tel thème si radicalement éloigné de considérations purement esthétiques ou littéraires participe à montrer que la fiction n'est pas exclusivement autoréférentielle, mais qu'au contraire elle touche l'existence réelle du lecteur et opère une influence véritable sur ses réflexions éthiques. Plus précisément, l'entreprise est ici d'explorer à l'aide d'un nouvel appareil d'analyse la manière dont les romans opèrent par leur propos mais surtout par leur forme une influence sur l'éthique du lecteur.