Louvigny de Montigny à la défense des auteurs

Sous la direction de Marie-Pier Luneau

Le 30 novembre 1947, Henri Tranquille écrit à Jean-Jules Richard : « Ayant eu besoin d’écrire de nouveau à Louvigny de Montigny, j’ai cru bien faire de mentionner ton livre à cet homme influent. »

Qui est donc ce Louvigny de Montigny, homme « influent » de qui on gagne à être connu? Auteur, traducteur, membre fondateur de l’École littéraire de Montréal, éditeur de Maria Chapdelaine de Louis Hémon bien avant Grasset, Louvigny de Montigny est aussi connu pour son combat en faveur du droit d’auteur. Dès le tournant du vingtième siècle, il s’échine en effet à convaincre ses compatriotes qu’ils doivent cesser de pirater les textes des écrivains français : il en va de l’essor même de la littérature canadienne! Étrangement, aucune étude n’avait encore été consacrée à ce personnage haut en couleurs dont son ennemi juré, Claude-Henri Grignon, avait annoncé l’oubli dans une dure prophétie : « Un cycle passera, puis on ne prononcera plus votre beau nom. Vous serez plus ignoré que le plus obscur défricheur disparu depuis cent ans. » Ce projet a cherché à retracer la trajectoire d’un homme de lettres incontournable dans l’histoire du livre au Québec, en mettant en lumière les actions qu’il a menées en vue de procurer à ses confrères écrivains une véritable « carrière ». 

Un essai, tiré de cette recherche, est paru chez Leméac en 2011.