INFOGRELQ 19

COLLOQUES 1997

5-7 mars  «L'inscription sociale de l'intellecturel», Colloque du Centre universitaire d'études québéquoises (CIÉQ) - Université du Québec à Trois- Rivières, Trois-Rivières.

Mai  9e colloque interuniversitaire des jeunes chercheures et chercheurs en littérature québécoise, dans le cadre du congrès de l'ACFAS (12-16 mai), organisé par le Centre de recherche en littérature québécoise (CRELIQ) et le Centre d'études québécoises (CÉTUQ).

23 mai «État des recherches sur l'histoire de l'imprimé au Canada», Colloque annuel de la Société bibliographique du Canada - Ottawa.

31 mai au 2 juin «Enseigner , lire, apprendre : cultures et théories dans la salle de cours», Congrès des Sociétés savantes, organisé par l'Association des littératures canadienne et québécoise - Memorial University, Saint-Jean, Terre-Neuve.

24-26 octobre «Paratexte. Le texte et son/ses enveloppe/s avatar et aventures du paratexte», Queen's University, Kingston, Ontario.

29-31 octobre «De l'usage du nom: le nom d'auteur, de la substitution à la mystification», Premier colloque étudiant, Université de Sherbrooke, Sherbrooke.

Novembre «Les nouvelles technologies et l'écrit dans les pays sud-méditerranéens», Colloque international de bibliologie- Université Mohammed V, Rabat, Maroc.

Les Lionel Groulx. La pseudonymie comme stratégie littéraire et jeu institutionnel (1900-1966)

De 1900 à 1966, Lionel Groulx, prêtre, historien, écrivain, conférencier, professeur, a signé 176 textes d'une vingtaine de pseudonymes différents. Dans son mémoire de maîtrise, Marie-Pier Luneau explore cette partie méconnue de l'oeuvre de celui qu'on considère généralement comme un historien et nous montre un Lionel Groulx littéraire qui s'amuse, en jonglant avec les signatures, avec les stratégies mystificatrices que lui offre la pseudonymie.

Le premier chapitre du mémoire résume les positions théoriques qu'ont adoptées des chercheurs comme Genette, Laugaa et Jeandilou en ce qui concerne la pseudonymie. Ce bilan conduit le lecteur à une présentation générale des pseudonymes de Groulx, appuyée de réflexions et de statistiques sur le phénomène de la pseudonymie au Québec.

Le récit de l'aventure des pseudonymes de Groulx commence au deuxième chapitre, alors que le jeune professeur du Collège de Valleyfield, surtout pour éviter les représailles de son évêque, recourt à la pseudonymie pour signer des textes patriotiques. En 1915, Groulx quitte Valleyfield pour Montréal. Dès 1917, il collabore à l'Action française, dont il devient le directeur en 1920. Il élabore alors un véritable réseau de pseudonymes qui sont chargés de faire le compte rendu des activités du Mouvement d'Action française. Les noms d'emprunt se prennent bientôt au jeu, finissant par faire l'éloge de leur directeur, qui incarne pour eux un chef, un modèle à suivre. Sans contredit, l'étude de la pseudonymie de Groulx de 1917 à 1929 prouve qu'il est bel et bien «l'homme à tout faire» de la revue, comme le démontre le troisième chapitre.

Le quatrième et dernier chapitre analyse la période 1930-1966. Période pendant laquelle la plume pseudonyme se fait inquisitrice, posant un regard impitoyable sur la société québécoise. Les André Marois, Jacques Brassier, Guillaume Untel, Un renard qui tient à sa queue n'épargneront personne, pas même le peuple québécois, devenu un «agneau perpétuellement tondu et content de l'être».

LUNEAU, Marie-Pier, «Les Lionel Groulx. La pseudonymie comme stratégie littéraire et jeu institutionnel (1900-1966)», mémoire de maîtrise, Sherbrooke, Université de Sherbrooke, novembre 1996, 181 f. Directeur: Pierre Hébert.

De l'usage du nom, appel de communications

Le nom d'auteur, de la substitution à la mystification

PREMIER COLLOQUE ÉTUDIANT

Les étudiantes et étudiants de maîtrise et de doctorat du Département des lettres et communications de l'Université de Sherbrooke proposent un premier colloque étudiant intitulé «De l'usage du nom: le nom d'auteur, de la substitution à la mystification», du 29 au 31 octobre.

Les personnes intéressées sont invitées à présenter une proposition de communication provenant des disciplines suivantes: littérature, linguistique, communications et autres sciences humaines. La communication doit porter sur la question du nom d'auteur dans la perspective d'une modification, d'un jeu avec la signature, de la simple substitution (nom de plume, par exemple) à la mystification la plus complète.

Les réflexions théoriques sur les stratégies littéraires et les positions intellectuelles élaborées à travers ces modifications, de même que les études de cas seront les bienvenues. Les participants auront notamment l'occasion de traiter les thèmes de l'anonymat, du pseudonymat, du nom de plume, en abordant par ailleurs des questions plus précises telles que: l'initialisme (énonciation des seules initiales du nom de l'auteur); l'allonymie (nom emprunté par un auteur à une personne réelle; l'hétéronymie (nom donné par un auteur à un double imaginaire); la cryptonymie (nom d'emprunt qui apparaît à la simple lecture comme inventé ou emprunté); les anagrammes; les apocryphes; le plagiat; etc.

Les présentations pourront aussi s'inscrire dans le cadre de réflexions plus larges sur la substitution du nom d'auteur en rapport avec des thèmes comme : nom d'auteur et censure; nom d'auteur et féminisme; nom d'auteur et nationalisme et autres.

Les propositions de communications - 250 mots - devront arriver avant le 15 mars 1997 à l'adresse suivante :

Marie Pier-Luneau
Premier colloque étudiant
Département des lettres et communications
Faculté des lettres et sciences humaines
Université de Sherbrooke
Sherbrooke, Québec, Canada
J1K 2R1
Tél.: 819.358.5671
Adresse électronique: 92728071@callisto.si.usherb.ca

COMMUNICATIONS

Automne 1996

  • À l'automne 1996, Richard Giguère et Patricia Godbout ont été invités à participer au séminaire interdisciplinaire de Marie-Andrée Beaudet, de l'Université Laval, portant sur le thème «Échanger d'une littérature à l'autre», dans le cadre des activités de CEFAN (Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord). Le 11 octobre, R. Giguère a parlé des groupes d'écrivains, des revues et des maisons d'édition actifs à Montréal, en littérature canadienne-française et en littérature canadienne-anglaise, des années vingt aux années cinquante. P. Godbout a traité plus spécifiquement des rencontres et des échanges entre écrivains anglophones et francophones de Montréal dans les années cinquante et soixante.
  • Dans le cadre de la 10e conférence de l'American Council Studies (ACQS), tenue du 17 au 20 octobre à Québec, Suzanne Pouliot et Noëlle Sorin ont présenté conjointement  «Le discours éditorial sur la lecture des jeunes dans la presse québécoise». Cette présentation a souligné les transformations subies par le discours éditorial de 1920 à 1960 dans la presse enfantine, passant d'un discours doxologique à un discours du savoir.
  • Lors du Congrès provincial de l'Association québécoise des professeurs de français (AQPF), tenu à Trois-Rivières du 7 au 9 novembre, Suzanne Pouliot a présenté  «Les romans les plus aimés par les jeunes québécois de 8 à 14 ans en 1995». 
  • Isabelle Boisclair, Marie-Claude Brosseau, Pierre Hébert, Marie-Pier Luneau et Nathalie Viens ont participé au colloque «Censure/Censorship» tenu à l'Université du Colorado à Boulder du 17 au 19 octobre dernier. I. Boisclair a présenté «Les Fées ont soif : drame censorial en quatre actes»; la communication de M.-C. Brosseau s'intitule «Critique et rumeur de scandale : la réception critique de deux romancières des années trente», celle de M.-P. Luneau, «Au nom du lis blanc de la chasteté : femmes, imaginaire et censure au Québec à travers la Semaine religieuse» et N. Viens a traité de «La biographie québécoise au XIXe siècle : véhicule de censure prescriptive». Quant à P. Hébert, il a pris part à une table ronde intitulée «Censure et recherche».
  • Du 27 au 30 novembre, Jacques Michon et Josée Vincent ont présenté une communication conjointe intitulée «La librairie française à Montréal et à Québec (1900-1914)», dans le cadre du colloque international «Le commerce de la librairie en France au XIXe siècle» à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

LE COMMERCE DE LA LIBRAIRIE EN FRANCE AU XIXe SIÈCLE

Du 27 au 30 novembre 1996 avait lieu un colloque international consacré au commerce de la librairie en France au XIXe siècle (1789-1914). Organisé par Jean-Yves Mollier du Centre d'Histoire culturelle des sociétés contemporaines de l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, ce colloque a offert un bilan impressionnant des travaux et des recherches en cours. Dans un premier temps, les intervenants ont dressé une véritable cartographie du commerce du livre en France en s'appuyant, entre autres, sur les documents administratifs, héritage du système des brevets instauré sous Napoléon. L'étude des pratiques commerciales et professionnelles a mis en évidence certains modes de fonctionnement représentatifs: vente au rabais, office, établissement d'un prix unique, évolution des organisations professionnelles... De la librairie du trottoir à la grande librairie générale, le réseau commercial du livre au XIXe siècle s'est ramifié en diverses branches, tout en favorisant, au sein de la capitale, la concentration des grandes entreprises. Ces transformations ont dépassé les frontières de la France, entraînant d'une part l'implantation de librairies étrangères à Paris et, d'autre part, l'exportation du livre français en Europe et en Amérique, souvent concurrencée par la contrefaçon. Ce portrait du commerce du livre, enrichi d'études sur les libraires dans la littérature, s'est terminé sur la présentation de l'état actuel de la librairie et sur l'avenir de la profession.

Roger Chartier et Jean-Yves Mollier ont identifié certaines grandes caractéristiques du siècle: l'industrialisation et l'autonomisation de la production, liées à l'accroissement et à l'homogénéisation du public lecteur, qui ont conduit à une nouvelle économie de l'écriture et transformé les stratégies éditoriales et commerciales; une différenciation et une hiérarchisation des entreprises qui ont eu un effet sur les pratiques commerciales et le développement de nouveaux marchés. Si le XIXe siècle connaît d'importantes mutations, dont on retrouve déjà des germes avant 1789, c'est aussi une période marquée par la continuité de pratiques séculaires (ex.: le colportage). En fait, la souplesse du commerce du livre se perçoit à la fois dans le renouvellement et la diversification de la profession qui cherche à répondre aux besoins des lecteurs parisiens et régionaux. Comme l'a fait remarquer Jean-Yves Mollier, l'analyse ethnographique du libraire apparaît et demeure une piste fertile à exploiter.

Près d'une cinquantaine de spécialistes venus de France, de Belgique, de Suisse, de Bulgarie, d'Australie et du Québec ont participé à l'événement. Maurice Lemire, Jacques Michon et Josée Vincent représentaient le Québec avec des communications sur la librairie et le commerce du livre au Canada français au XIXe siècle.

LIVRE REÇU

Marché éditorial et démarches d'écrivains. Un état des lieux et des forces de l'édition littéraire en Communauté française de Belgique, établi par Pascal Durand et Yves Winkin, co-directeurs du Centre d'études du Livre contemporain de l'Université de Liège, Bruxelles, Direction générale de la culture et de la communication, 1996, 308 pages.

Ce rapport émane d'une enquête menée pendant deux ans auprès des professionnels du secteur éditorial et des écrivains contemporains de la communauté française de Belgique. Après une introduction théorique portant sur l'approche socioéconomique de l'édition, l'ouvrage aborde 

  1. les étapes historiques de la construction du champ éditorial belge (du XVIIIe siècle à Marabout); 
  2. les structures actuelles du marché éditorial en matière de littérature (recensement des maisons, analyse selon dix paramètres socioéconomiques ou génériques; classement des maisons par genres et par éthos éditorial); 
  3. les trajectoires éditoriales de trente et un auteurs belges contemporains vivants, de Paul Willems au jeune Nicolas Ancion (placements et déplacements éditoriaux dans ou au travers des champs éditoriaux belges, français, suisses ou québécois, mode de rapport au monde éditorial selon les filières génériques empruntées, selon les générations, selon les prises de position en matière de politique identitaire, etc).

L'ouvrage se boucle sur une synthèse critique reprenant à nouveaux frais la question ancienne des rapports de satellisation entretenus par le champ éditorial belge vis-à-vis de l'édition franco-parisienne et formule, à l'intention des pouvoirs publics, différentes hypothèses touchant aux politiques à développer en matière de promotion du livre littéraire belge francophone.

BLOC NOTES

L'Association des auteurs autoédités a reçu récemment la thèse de Mario Parent, chercheur diplômé du GRÉLQ, portant sur l'autoédition au Québec. Le document est disponible pour consultation dans les locaux de l'Association au 23, rue de La Sourdière, 75001 Paris. Permanence le mercredi de 15 à 17 heures. Téléphone: 01.47.03.36.64