Processus d'agrément et qualités du BCAPG

Présentation du processus d’agrément du Bureau canadien d’agrément des programmes de génie (BCAPG)

Le Bureau canadien d’agrément des programmes de génie (BCAPG) agit à titre de fédération des organismes provinciaux et territoriaux responsables de réglementer et de surveiller la profession d’ingénieur[1] au Canada. Le BCAPG a pour mandat d’agréer les programmes universitaires de 1er cycle en génie qui respectent ou surpassent les normes de formation exigées pour la délivrance des permis d’exercice au Canada.

Par le passé, le processus d’agrément du BCAPG consistait essentiellement à démontrer qu’un programme d’études était en mesure d’offrir une solide formation en mathématiques[2], en sciences fondamentales ou naturelles[3], en sciences du génie[4], en conception[5] et en études complémentaires[6]. Cette démonstration s’appuyait sur un calcul d’unités d’agrément (UA) : si, pour chacune des composantes du programme d’études énumérées précédemment, les étudiants étaient exposés à un nombre d’heures suffisant au cours de leur formation et que, ce faisant, des seuils minimum d’UA étaient atteints, le programme était alors reconnu comme étant de qualité.

Au cours des dernières années, le BCAPG a toutefois signifié sa volonté de revoir son processus d’agrément afin de mettre l’accent sur le profil de sortie des futurs ingénieurs. En privilégiant cette orientation, il souhaitait ainsi s’aligner sur un mouvement international visant à favoriser la mobilité de ces professionnels, à l’instar de la démarche entreprise aux États-Unis avec l’Accreditation Board for Engineering and Technology (ABET).

Dans cette optique, en plus de tenir compte d’une approche et de méthodologies de quantification du contenu du programme d’études grâce aux UA, le processus d’agrément considère désormais de nouveaux éléments de mesure. Ces derniers s’articulent principalement autour de deux nouvelles normes : l’une portant sur les qualités requises des diplômés et l’autre sur l’amélioration continue des programmes. Ces normes sont les suivantes :

Norme 3.1 – Qualités requises des diplômés (graduate attributes)

L’établissement d’enseignement doit démontrer que les diplômés d’un programme possèdent les qualités requises […]. Ces qualités doivent être interprétées dans le contexte de candidats qui viennent de terminer leurs études. Il est reconnu que les diplômés continueront de développer les assises que leur formation en génie leur a permis d’acquérir. (Ingénieurs Canada, 2015, p. 13)

Norme 3.2 – Amélioration continue des programmes (continual improvement)

On s’attend à ce que les programmes de génie soient constamment améliorés. Il doit y avoir en place des processus démontrant que les étudiants d’un programme sont évalués par rapport aux qualités requises des diplômés et que les résultats sont utilisés pour améliorer le programme. (Ingénieurs Canada, 2015, p. 15)

Depuis juin 2015, le BCAPG prend ses décisions d’agrément en tenant compte de la conformité à ces normes.

RÉFÉRENCE

Ingénieurs Canada. (2015). Normes et procédures d’agrément. Document récupéré du site d’Ingénieurs Canada  

Présentation des 12 qualités requises des diplômés

Selon les Normes et procédures d’agrément

Q01 – Connaissances en génie : connaissance, à un niveau universitaire, des mathématiques, des sciences naturelles et des notions fondamentales de l’ingénierie, ainsi qu’une spécialisation en génie propre au programme.
Q02 – Analyse de problèmes : capacité d’utiliser les connaissances et les principes appropriés pour identifier, formuler, analyser et résoudre des problèmes d’ingénierie complexes et en arriver à des conclusions étayées.
Q03 – Investigation : capacité d’étudier des problèmes complexes au moyen de méthodes mettant en jeu la réalisation d’expériences, l’analyse et l’interprétation des données et la synthèse de l’information afin de formuler des conclusions valides.
Q04 – Conception : capacité de concevoir des solutions à des problèmes d’ingénierie complexes et évolutifs et de concevoir des systèmes, des composants ou des processus qui répondent aux besoins spécifiés, tout en tenant compte des risques pour la santé et la sécurité publiques, des aspects législatifs et réglementaires, ainsi que des incidences économiques, environnementales, culturelles et sociales.
Q05 – Utilisation d’outils d’ingénierie : capacité de créer et de sélectionner des techniques, des ressources et des outils d’ingénierie modernes et de les appliquer, de les adapter et de les étendre à un éventail d’activités simples ou complexes, tout en comprenant les contraintes connexes.
Q06 – Travail individuel et en équipe : capacité de fonctionner efficacement en tant que membre ou chef d’équipe, de préférence dans un contexte de travail multidisciplinaire.
Q07 – Communication : habileté à communiquer efficacement des concepts d’ingénierie complexes, au sein de la profession et au public en général, notamment lire, rédiger, parler et écouter, comprendre et rédiger de façon efficace des rapports et de la documentation pour la conception, ainsi qu’énoncer des directives claires et y donner suite.
Q08 – Professionnalisme : compréhension des rôles et des responsabilités de l’ingénieur dans la société, y compris le rôle essentiel de protection du public et l’intérêt public.
Q09 – Impact du génie sur la société et l’environnement : capacité à analyser les aspects sociaux et environnementaux des activités liées au génie, notamment comprendre les interactions du génie avec les aspects économiques et sociaux, la santé et la sécurité, les lois et la culture de la société; les incertitudes liées à la prévision de telles interactions; et les concepts de développement durable et de bonne gérance de l’environnement.
Q10 – Déontologie et équité : capacité à appliquer les principes d’éthique, de responsabilité professionnelle et d’équité.
Q11 – Économie et gestion de projets : capacité à intégrer de façon appropriée les pratiques d’économie et d’affaires, comme la gestion de projets, des risques et du changement, dans l’exercice du génie, et de bien tenir compte des contraintes associées à ces pratiques.
Q12 – Apprentissage continu : capacité à cerner et à combler ses propres besoins de formation dans un monde en constante évolution, et ce, de façon à maintenir sa compétence et à contribuer à l’avancement des connaissances.

Ressources liées à l’agrément des programmes

Personnes-ressources pour l’agrément des programmes

Pour toute question en lien avec l’agrément des programmes de la Faculté de génie, veuillez communiquer avec les personnes suivantes :


[1] Le masculin est ici utilisé comme représentant des deux sexes, sans discrimination à l’égard des hommes et des femmes, et dans le seul but d’alléger le texte.

[2] Voici quelques exemples d’éléments mathématiques selon le BCAPG : algèbre linéaire, calcul différentiel et intégral, équations différentielles, équations de probabilités, équations statistiques, analyse numérique et mathématiques discrètes (Ingénieurs Canada, 2015).

[3] Voici quelques exemples d’éléments en sciences fondamentales ou naturelles selon le BCAPG : éléments de physique et de chimie, éléments des sciences de la vie et des sciences de la Terre (Ingénieurs Canada, 2015).

[4] Voici quelques exemples d’éléments en sciences du génie selon le BCAPG : résistance des matériaux, mécanique des fluides, thermodynamique, circuits électriques et électroniques, mécanique des sols, etc. (Ingénieurs Canada, 2015).

[5] Selon le BCAPG, « la conception en ingénierie intègre les mathématiques, les sciences naturelles, les sciences du génie et les études complémentaires pour développer des éléments, des systèmes et des processus qui répondent à des besoins précis. Il s’agit d’un processus créatif, itératif et évolutif qui est assujetti à des contraintes pouvant être régies par des normes ou des lois à divers degrés selon la spécialité. Ces contraintes peuvent être liées à des facteurs comme l’économie, la santé, la sécurité, l’environnement et la société ou à d’autres facteurs interdisciplinaires » (Ingénieurs Canada, 2015, p. 19).

[6] Voici quelques exemples d’éléments en études complémentaires selon le BCAPG : économie de l’ingénierie, impact de la technologie sur la société, éléments de communication et de gestion, etc. (Ingénieurs Canada, 2015).