À la Faculté des lettres et sciences humaines, on rédige de manière inclusive!

La rédaction inclusive prône la neutralité dans les écrits et tente d'éviter toute discrimination basée sur la binarité de sexe ou de genre.

Pourquoi ce guide?

Reflet de la société, la langue en dit long sur notre façon de penser le monde. Or une langue qui ignore les femmes et les minorités met en relief une société où ces personnes joueraient un rôle secondaire.

Par l’utilisation d’un langage inclusif, vous montrez votre engagement envers plus d’équité et de diversité, et vous participez ainsi à rendre votre milieu plus accueillant.

Quelques principes en bref…

  • Favoriser l’utilisation de mots et de formulations neutres.
  • Ne pas considérer le masculin générique comme un moyen d’inclure tout le monde (la note explicative que l’on voit parfois en début de texte ne permet pas de refléter la diversité).
  • Bannir les formes tronquées, qui nuisent à la lisibilité (auteurEs, étudiant.e.s, expert(es), directeur/trice, etc.).
  • Diversifier ses stratégies de rédaction en utilisant toute la gamme des procédés disponibles, tout en préservant la lisibilité et l’intelligibilité du texte.
  • Ne pas utiliser les noms féminins en -eure non retenus (une chercheuse chercheure).
  • Adapter la rédaction inclusive au type de texte à produire.

Conçu pour outiller la communauté de la Faculté des lettres et sciences humaines à la rédaction inclusive, ce document cherche aussi à harmoniser les communications facultaires, conformément aux principes et aux règles de l’Office québécois de la langue française et du Guide relatif à la rédaction épicène : respect des genres masculin et féminin de l’UdeS.

Conseil 1 - Utiliser des mots neutres

ProcédésCaractéristiquesPrécisions
Utiliser des noms neutresPlusieurs types de noms favorisent la neutralité et une rédaction plus inclusive :
1. Les noms collectifs (communauté étudiante, corps enseignant, personnel administratif, etc.).
2. Les noms de fonction (direction, vice-décanat, etc.) ou d’unité administrative (département, secrétariat, service, etc.).
3. Les noms épicènes (responsable de programme, spécialiste, etc.).
Il faut répéter le déterminant devant un nom épicène au singulier : le ou la commis, la ou le responsable.

Lorsque la phrase le permet, on peut employer le nom épicène au pluriel : les spécialistes plutôt que la ou le spécialiste.
Utiliser des adjectifs épicènesLes adjectifs épicènes ont l’avantage de garder la même forme au masculin et au féminin. Ils permettent de raccourcir un texte et d’être plus inclusifs (apte, calme, efficace, universitaire, etc.).Cette stratégie évite la répétition de l’adjectif au féminin et au masculin ou l’obligation de privilégier l’accord avec le nom le plus proche : une candidate ou un candidat efficace plutôt qu’une candidate productive ou un candidat productif ou encore une candidate ou un candidat productif.
Utiliser des pronoms épicènesLes pronoms épicènes (on, personne, quiconque, plusieurs, vous, etc.) entraînent une réduction du nombre de noms ou de pronoms genrés dans un texte.

En les utilisant de manière stratégique, on obtient un texte plus concis.
Il faut utiliser les pronoms épicènes avec parcimonie. Si on en abuse, le texte risque de perdre en clarté.

Personne n’a échoué à l’examen, plutôt que aucune étudiante ni aucun étudiant n’ont échoué à l’examen.

Dans le cadre de vos fonctions, vous devez approuver les réquisitions dans SOFE. Vous supervisez le personnel de votre département et vous assurez la bonne marche des dossiers en cours au lieu de : Le directeur ou la directrice doit approuver les réquisitions dans SOFE. Il ou elle supervise les employées et employés de son département et il ou elle s’assure de la bonne marche des dossiers en cours.

Conseil 2 - Utiliser des formulations neutres

ProcédésCaractéristiquesPrécisions
Rédiger des phrases épicènesLes phrases épicènes, qui prennent la même forme au masculin ou au féminin, ont l’avantage d’être neutres et inclusives.

Voici des stratégies pour obtenir ce type de phrases :
1. Éviter les compléments non nécessaires.
2. Préférer la voix active à la voix passive.
3. Favoriser l’infinitif et les formes nominales.
Assurez-vous que la formulation choisie ne dépersonnalise pas votre texte ou ne manque pas de précision.

Si le contexte est suffisamment explicite, la suppression d’un complément est un excellent procédé : La majorité a voté, au lieu de la majorité des personnes intervenantes ont voté.

En recourant à la voix active, on supprime des participes passés (et leur accord…) : On convie les personnes étudiantes à se présenter plutôt que Les personnes étudiantes sont conviées à se présenter.

Dans les descriptions de tâches, les directives, les énumérations et diverses listes, l’emploi de l’infinitif, du participe présent ou de noms permet d’éviter la répétition de pronoms genrés.
Utiliser le doublet completL’utilisation du doublet doit se faire avec parcimonie, lorsqu’aucun des procédés neutres n’est préférable ou pour éviter la redondance et la monotonie. On y a recours lorsque le nom prend une forme différente au masculin et au féminin dans les noms de métier, de titre et de fonction.

Le doublet peut être formé :
1. de noms simples : l’enseignant et l’enseignante;
2. d’un nom et d’un adjectif : on répète le nom et l’adjectif dans les deux genres, la directrice générale ou le directeur général;
3. de deux noms liés par un trait d’union : on répète également le nom et l’adjectif dans les deux genres, les secrétaires-trésorières et les secrétaires-trésoriers;
4. d’un nom et d’un complément introduit par une préposition : il est recommandé de ne pas répéter le complément, un professionnel ou une professionnelle de recherche.
L’ordre du doublet est libre et peut varier : les chercheuses et les chercheurs ou les chercheurs et les chercheuses.

Le déterminant (et l’adjectif, s’il y a lieu) est répété ou non devant les noms pluriels (tous les chercheurs et chercheuses), mais il est obligatoirement répété devant les noms singuliers (le technicien ou la technicienne en informatique).

Les adjectifs et participes passés qui ne font pas partie du doublet ne se répètent pas, mais sont accordés au masculin, singulier ou pluriel selon le cas. On tentera de placer le nom masculin à proximité de cet adjectif ou de ce participe passé : les professionnelles et professionnels attentifs, tous les conseillers pédagogiques et conseillères pédagogiques.

À l’oral, toutefois, le doublet formé de noms identiques n’est pas répété (on dira les chargés de cours, et non les chargés et chargées de cours).

Vérifier l’accord du verbe lorsque le sujet est un doublet. Voici les règles qui s’appliquent :
1. Noms singuliers unis par ou = accord au singulier.
2. Noms pluriels unis par ou = accord au pluriel.
3. Noms singuliers unis par et = accord au pluriel.
4. Noms pluriels unis par et = accord au pluriel.

Dans les deux premiers cas, le ou est exclusif. C’est pourquoi le verbe varie selon que le nom sujet est singulier ou pluriel : la doctorante ou le doctorant devra mais les étudiantes ou les étudiants devront.
Employer les pronoms de repriseLes pronoms de reprise s’utilisent pour alléger un texte lorsque celui-ci comporte plusieurs doublets.Lorsqu’un nom neutre précède, il est d’usage de coordonner les deux pronoms genrés : Le personnel peut quitter à 16 h, toutefois ceux et celles qui… ou Les secrétaires peuvent quitter à 16 h, toutefois ils et elles…

Lorsqu’un doublet a déjà été utilisé, on favorise la reprise au masculin pluriel : Les doyennes et les doyens participeront à la cérémonie. Ceux qui prononceront un discours seront assis sur la scène.

Nous souhaitons remercier toutes les personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à l’élaboration de cet outil. Plus particulièrement, la Faculté de sciences, qui nous a inspirés avec son « Guide de rédaction inclusive en sciences »; Julie Bonneau, Caroline Dubois et Héloïse Duhaime, pour leur œil de lynx et leurs conseils judicieux en matière de rédaction inclusive, et Karine Bolduc, pour sa maîtrise de la mise en page.

Julie Harnois et André Marquis