Périodes de l'année

Cet été, dans mon petit panier, j'apporterai…

Comptine évoquant des souvenirs d'enfance, histoire d'alléger nos cœurs pour la belle saison! Mais voyons ce que quelques membres du Service de psychologie et d'orientation mettront dans leur petit panier pour passer de belles vacances…

Une liste…

«La liste de toutes les choses que j'ai envie de faire durant l'année, mais que je dois parfois mettre de côté par manque de temps ou d'énergie. En voici un aperçu : écouter les histoires de ma grand-mère, jouer avec ma nièce, lire un roman, essayer une nouvelle recette, m'acheter un CD, faire une promenade, tenter de dresser mon chien, aller dehors, rien faire, jouer au tennis, faire du vélo, flâner dans mon lit, déjeuner dehors, souper avec des amis sur une terrasse, faire du camping, etc.»

Marie-Claude Poirier, psychologue

Tout! Sauf ma montre!

«Dès la première minute de mes vacances, j'enlève ma montre et la range. Et pour cause! Ma montre est pratiquement un outil de gestion tant au bureau qu'à la maison;  les moments d'entrevues avec les clients, les réunions et les échéanciers serrés, les heures de souper pour tenir compte des nombreux entraînements sportifs ou autres activités de fiston, ou encore des activités ou autres obligations de mon mari ou des miennes, sans compter les rendez-vous comme le dentiste et autres nécessités. Le tout? Ce sera selon le besoin du moment.»

Johanne Bernatchez, psychologue

Ma couverture verte

«Bien plus qu'un bout de tissu, c'est mon symbole d'été par excellence! Elle est de mes plus beaux plaisirs d'été… des pique-niques improvisés, des siestes au grand air, des veillées autour du feu et des promenades en chaloupe qu'elle rend si confortables. Peu importe mes projets d'été, elle en fera partie!»

Isabelle Legault, conseillère d'orientation

De l'espace!

«Pour ma part, j'aimerais partir avec un baluchon rempli d'espace! Certains diraient qu'il sera vide, mais je préfère y voir toute la place où je pourrai loger ce que je récolterai pendant cette saison où la nature regorge de fruits mûrs. Je compte bien prendre mon temps pour observer les beautés qui m'entourent, me reposer et cueillir les opportunités lorsqu'elles se présenteront. En préparation pour les vacances, je m'affaire donc à vider le contenu actuel de mon baluchon. J'aspire à faire le plein, alors, je crois qu'il est d'abord nécessaire de faire de l'espace!»

Danny Rochefort, psychologue

Des victuailles…

«Parce que c'est souvent autour d'un bon repas que se déroulent mes plus beaux moments. Simplicité, complicité, rires et chaleur sont immanquablement au rendez-vous. C'est souvent lors de ces moments, auprès de ceux que l'on aime, que la vie fait le plus de sens. Parce que nos relations sont probablement notre plus grande richesse, je profiterai de mes vacances pour prendre du temps avec eux et ainsi, recharger mes piles! C'est ce que j'apporterai avec moi dans mon petit panier.»

Marilyn Houle, interne en psychologie

Rien!

«Eh oui, tout simplement rien. Comme plusieurs, ma vie ressemble à un tourbillon tellement tout s'enchaîne trop vite. Entre mon travail, ma vie de mère de famille monoparentale, ma routine de maman-taxi pour mes trois ados, je manque de temps pour moi. Résultat : je suis fatiguée, en retard partout, essoufflée et essoufflante. Donc cet été, je mets de l'équilibre dans ma vie. J'arrête de penser à tout et à tout le monde. Je prends le temps de respirer, de relaxer, de simplement être et profiter du moment présent. Et pour les petits creux, j'irai voir Marilyn!»

Pauline Leblanc, conseillère d'orientation

Ma disponibilité…

«J'ai envie cet été d'être disponible aux expériences multiples, aux émotions de toutes sortes, aux relations confortables ou surprenantes, aux nouveaux défis, aux projets stimulants, au contact avec la nature et à la rencontre avec… moi-même!»

Grégoire Lebel, psychologue

Mon vélo

«On me demande souvent pourquoi me donner tant de mal à rouler des heures sous un soleil de plomb… ou la pluie. Pur masochisme? Que non. J'ai compris que lorsque je roule, j'arrive vite à me retrouver dans le présent absolu. Alors, rien d'autre n'existe que de pédaler, mouliner à un rythme régulier ou réussir à atteindre le sommet de la m… côte. N'est-ce pas la plus belle chose qui peut nous arriver en vacances que d'être fondu dans le présent? Et en prime, je goûte le décor bucolique de la campagne québécoise et de ses petits villages perdus… Je cueille alors une parcelle de bonheur!

Michel Roy, psychologue et responsable du Service de psychologie et d'orientation

Le temps des fêtes

Psychologue invitée : Johanne Bernatchez

Pour la plupart des gens, la période des fêtes se vit de façon effrénée et épuisante. Pourquoi en est-il ainsi?

En effet, pour la plupart des gens, la période des fêtes correspond à une bousculade de partys, réceptions, soupers, tant dans les familles que dans les différents milieux où nous évoluons; sans compter la période des préparatifs précédant toutes ces festivités : courses folles pour les emplettes, préparation des victuailles, décorations, etc. Ouf! Pourquoi, en effet, agissons-nous ainsi? Les raisons sont probablement multiples. Pour certains, il s'agit d'une période où la recherche de gratifications ou de compensation domine. On cherche ainsi à contrebalancer les irritants du quotidien, voire les frustrations, ou encore les restrictions imposées tout au long de l'année, en se lançant dans l'autre extrême des excès, que ce soit dans les achats, la nourriture ou l'alcool. Pour d'autres, cette période correspond à une série de devoirs et d'obligations considérés comme incontournables : obligation d'aller au «5 à 7» du patron, obligation d'offrir des cadeaux, obligation d'aller dans la belle-famille, etc. Pour d'autres encore, la période des fêtes en est une où les traditions familiales implantées depuis longtemps déterminent les activités, avec peu de possibilité pour reconsidérer l'ensemble. Sûrement que bien d'autres raisons encore peuvent expliquer pourquoi nous nous embarquons ainsi dans un tourbillon qui ne se termine parfois que la veille du retour au travail.

Dans ce contexte, n'est-il pas permis de se demander si les gens profitent vraiment de cette période?

Probablement que la plupart des gens en profitent, parce qu'après tout, c'est une période qui se veut de réjouissances. Mais probablement aussi que certains en profitent plus que d'autres.

Je conçois aisément que les personnes qui abordent la période des fêtes en considérant leurs désirs et leurs besoins courent la chance de se retrouver, au terme de cette période, enrichis de beaux moments et d'expériences positives de toutes sortes. À l'inverse, ceux qui se laissent entraîner par le flot des diverses activités, sans trop savoir si celles-ci correspondent à ce dont ils ont besoin ou à ce qu'ils désirent vraiment, risquent davantage de terminer leur période de «réjouissances» avec indifférence ou même avec un sentiment d'insatisfaction.

En définitive, plus la période des fêtes se vit dans le respect de notre personne, plus nous en profitons vraiment.

Comment faire, alors, pour que la période des fêtes soit plus profitable?

Peut-être tout simplement en prenant le temps d'abord de se demander «Qu'est-ce que je veux pour cette période? De quoi ai-je envie? De quoi ai-je besoin?». Faire le point sur le dénouement souhaité personnellement au terme de cette période aide déjà à la rendre plus harmonieuse pour soi. Également, prendre le temps de se demander, pour chacune des activités qui se présentent à nous, dans quelle mesure elle nous convient ou non, nous donne encore un peu plus la possibilité de se respecter et de vivre une période bénéfique. Quant aux activités pour lesquelles nous avons l'impression de ne pas avoir le choix, nous pouvons également nous demander : «Est-ce si vrai que je n'ai pas le choix? N'y a-t-il pas une façon de concilier cette obligation et mon désir? Dans le cas où mon choix serait de tenir davantage compte de moi que de me plier à l'obligation, est-ce que je pourrais vivre avec les conséquences de mon choix? Si je choisis de me plier devant l'obligation, quelles raisons en moi me feraient en décider ainsi?» Le fait de prendre le temps de clarifier d'abord pour soi guide ainsi nos choix tout au long de cette période, tout en facilitant également la planification, avec nos proches, de nos activités. Mais plus profondément, dans le geste de se consulter intérieurement, nous exerçons notre liberté de choisir, et ce seul fait amène déjà un sentiment de satisfaction et d'harmonie. Donc, même dans les situations où nous avons l'impression d'aller à l'encontre de ce que nous aurions souhaité, il demeure à l'intérieur de soi une petite zone de réconciliation qui nous permet de vivre une expérience moins pénible. Et puis, cette zone de réconciliation intérieure nous prédispose à plus d'ouverture face à l'activité non désirée, ce qui nous amène parfois à vivre de belles expériences au bout du compte…

Toute notre équipe vous souhaite une harmonieuse période des fêtes!

L'hiver : entre deuils et plaisirs

Johanne Bernatchez, psychologue

Comme chaque année, l'hiver s'est installé, avec ses bordées de neige mémorables et ses redoux, inévitables depuis quelques années. Cherche-t-il ainsi à se faire aimer davantage? Chose certaine, l'hiver est la saison la plus décriée.

L'hiver, une histoire de deuils?

J'ai un beau-frère qui, chaque année, cherche par tous les moyens à éterniser sa saison de golf. Quand il finit par abdiquer, il s'enferme dans sa maison et attend que «ça» (l'hiver) passe, comme il dit. La saison froide l'amène à délaisser à contrecœur son activité préférée. Cette perte entraîne chez lui une forme de deuil temporaire mais réel, puisqu'une importante source de plaisir disparaît, et cela pour une durée suffisamment longue pour venir l'affecter. À l'arrivée de l'hiver, bon nombre de personnes se mettent ainsi à vivre dans l'attente du retour des loisirs de prédilection, ce qui vient, d'une certaine façon, accentuer leur peine. Car vivre dans l'attente, c'est un peu comme vivre entre parenthèses. Ce faisant, on se prive d'autres sources de plaisirs présents ou potentiels.

L'hiver, une histoire de désagréments?

D'autres, moins extrémistes que mon beau-frère, vont plutôt récriminer à l'occasion contre l'hiver. Mais tous humains que nous sommes, devant une expérience désagréable, nous avons tendance à généraliser et par conséquent à contaminer négativement l'ensemble d'une situation. Il y a quelques années, un animateur de radio connu confiait sur les ondes qu'il avait commencé à aimer l'hiver le jour où il s'était procuré un manteau chaud. Cet aveu permet de comprendre plus spécifiquement que ce n'est peut-être pas tant l'hiver que nous détestons, mais certains de ses désagréments : le froid, les conditions routières hasardeuses, les heures d'ensoleillement écourtées, et j'en passe. Autre caractéristique humaine, notre perception des choses ou des événements comporte une certaine limite dans sa perspective. Actuellement, parce que notre expérience perceptuelle se concentre sur l'hiver, nous en avons contre ses ennuis. Opérons un changement de point de vue de 180 degrés et ramenons à notre bon souvenir certains embêtements de l'été : chaleur humide et suffocante, moustiques, smog, et j'en passe. Il semble que la «belle saison» apporte aussi son lot de désagréments. Mais ce qui nous rend l'été si attrayant, c'est que nous y sommes généralement plus actifs et donc mieux nantis en sources de plaisir.

Plaisirs d'hiver recherchés…

Lorsque je m'arrête pour penser aux plaisirs de l'hiver, il me vient inévitablement un souvenir d'enfance. Je me souviens, vers le début des années 70, d'un collègue de travail de mon père, originaire du sud de l'Italie et nouvellement arrivé au Québec. Salvatore, au début de sa vingtaine, devenait comme un chien fou dans la neige, y plongeant tête première, s'y roulant, s'en bombardant… Comment un adulte pouvait-il, dans cette manne de jeux possibles, avoir plus de plaisir que nous, les enfants? La réponse est peut-être toute simple. Bien sûr, nous n'avons pas tous le potentiel ludique d'un Salvatore. Mais peut-être y a-t-il moyen, pour chacun, d'y retrouver son plaisir. Déjà, à l'instar de notre animateur de radio, trouver des façons pour minimiser l'impact sur nous qu'ont les désagréments de l'hiver serait un bon début. Poussons cependant la réflexion un peu plus loin. Imaginons que nous nous mettions à la recherche d'au moins une activité particulièrement plaisante pour nous, et que cette activité serait réservée exclusivement à la saison hivernale. Déjà, les perspectives deviendraient plus réjouissantes quand arriverait cette saison mal aimée.

Bien sûr, il y aura toujours des gens parmi nous qui trouveront difficile, voire quasi impossible de trouver du plaisir avec la neige. Et puis, pour les amateurs de neige, il y a la déception des hivers sans neige et même sans froid (comprendre : pas de patinoire). Peut-être alors que cela nous fournit l'occasion d'explorer et de découvrir de nouveaux hobbys, très intérieurs ceux-là. Quoiqu'il en soit, ce qui compte au fond, c'est que malgré les contraintes que peut entraîner l'hiver dans notre vie, il est important de ne pas réduire alors notre flot d'activités. C'est une façon de se garder bien vivant, même durant la «morte saison».

Fait récent, mon beau-frère a découvert l'année dernière les casse-têtes 3-D. Peut-être y a-t-il encore de l'espoir, même pour les irréductibles, de se réconcilier avec l'hiver?

L'énergie du printemps

Psychologue invitée : Lucie Gauthier

Que se passe-t-il au printemps, qui génère en nous de l'énergie?

La neige fond, les jours allongent, le soleil est plus présent, la nature s'éveille et les tulipes sortent de terre. Tout revit, ça se sent et l'on est inspiré…

Ma fille Sunnie devait avoir à peine deux ans lorsqu'elle s'est exclamée, une magnifique journée de printemps : « Wow! maman, regarde dehors, comme c'est de bonne humeur!» Ses grands yeux bleus émerveillés m'ont fait croire qu'elle avait perçu quelque chose, bien au delà de la belle température... Selon moi, elle a probablement ressenti les vibrations stimulantes du printemps où la nature s'active et pétille de vivacité avec ses nouvelles couleurs et sa luminosité plus brillante.

Mon amie May m'écrivait au mois de mars, après avoir vécu un rude hiver où l'eau s'est fait rare dans sa campagne : «J'ai de plus en plus hâte au printemps, au vrai… de l'eau en grande quantité, des autos propres, les fenêtres ouvertes, les oiseaux qui chantent et le ciel azuré! J'ai envie de bonheur et de la plénitude du printemps.»

Mon mari (c'est le Dr Yvan Lemay, vous le connaissez peut-être, il est médecin en santé mentale au Service de santé de l'UdeS) donne deux raisons principales pour expliquer notre hausse d'énergie à l'arrivée du printemps. La première est scientifique. Il explique que durant l'hiver, notre corps répond à une augmentation de la noirceur et du froid en produisant un surplus de mélatonine, hormone qui favorise le sommeil et nous rend à la fois un peu plus léthargiques et dépressifs. Au printemps, alors que les journées allongent, que le soleil est plus présent et plus chaud, que la lumière augmente, notre corps réagit en réduisant considérablement notre production de mélatonine. On se sent mieux, plus vigoureux et énergique. Voilà pour l'explication biologique. Par ailleurs, mon mari a une autre conception, plus humaine et plus… masculine. Au printemps, tout le monde se découvre : fini le temps des gros manteaux, des bottes et des foulards. On s'allège dans tous les sens du mot et nous en sommes tous ravis. Et bien entendu, pour lui, le printemps, c'est en plus la préparation et l'anticipation exaltante de sa saison de golf.

Moi, lorsque le printemps se pointe, je rêve principalement aux sandales, au jardin, à la culture des fines herbes, aux chaises berceuses sur le patio, aux 5 à 7 en amoureux et aux enfants qui s'amusent sur le trampoline. J'ai toujours beaucoup de projets et j'aspire à les concrétiser.

Et pour vous, qu'est-ce que le printemps évoque? À quoi vous fait-il rêver?

Comment l'énergie du printemps se manifeste-t-elle chez les gens?

Comme la nature, on est stimulé. Tous nos sens sont sollicités. Le mercure extérieur augmente et notre baromètre intérieur réagit. La sève monte et circule, notre énergie est à la hausse : c'est la fièvre du printemps! On a envie de s'activer pour embellir et agrémenter notre vie. On veut se remettre en forme, se refaire une beauté. On rénove, on aménage notre environnement. On a le goût que tout respire le propre et le frais dans la maison. On prépare nos soirées sur la terrasse, on pense à l'amour et on orchestre les rapprochements. Bref, on se prépare à vivre de très bons moments de bien-être, de transformation et de ressourcement. C'est exaltant!

L'arrivée du printemps peut-elle être favorable pour relever un défi ou transformer une idée en projet?

Au printemps, notre environnement est animé d'une forte énergie de renaissance et d'accomplissement et nous pouvons, je crois, en bénéficier. C'est le temps idéal non seulement pour décider de mettre en œuvre les projets que nous souhaitons réaliser, mais aussi pour oser relever les défis qui nous paraissaient jusqu'alors difficiles à concevoir. Il convient, à ce moment, de préciser ses objectifs, de faire de bonnes semences en passant à l'action et de fertiliser le tout par un suivi consciencieux. En alliant notre volonté et notre désir de réussir à l'énergie féconde du printemps, nous créons ainsi une force synergique puissante et prometteuse pour promouvoir nos idées et la croissance de nos projets.

Si nous nous inspirions de la nature, le printemps serait assurément la période de l'année la plus propice pour choisir nos «résolutions du Nouvel An». Nous aurions probablement beaucoup plus de facilité à les maintenir!

En ce début de cycle annuel, je vous envoie mes meilleurs vœux de joyeux printemps et de bonne année! Que la vie vous comble avec le meilleur!

Nos plaisirs d'été

Après l’engourdissement hivernal et la renaissance printanière vient la chaleur relaxante de l’été. La saison douce. Tout pousse. Un équilibre soleil-pluie assure une croissance régulière et foisonnante. Au fur et à mesure des besoins et des envies, on cueille et on savoure les saveurs fraîches qu’on a tant de plaisir à retrouver ou à découvrir. La Nature est généreuse. Encore plus quand on en prend soin. Avec délicatesse, honorons cette Abondance. (Stéphanie)

Rien de mieux qu’un matin en camping lorsque l’arôme enivrant des pins se mélange à la fraîcheur de la rosée, lorsque le feu qui reprend vie crépite, lorsque le silence est bercé par le son des oiseaux et le souffle d’un vent chaud. Pour parfaire le tout, je me sers un bon café improvisé avec les moyens du bord et savoure le moment à scruter l’horizon du lac, le regard et l’esprit hypnotisés par le mouvement des vagues. Tout est si paisible, si simple. (Éric)

J’aime l’été. L’été et le camping. Le camping et la famille. Les murs ont disparu. Le ciel est notre toit. Disparus aussi les menus travaux à faire autour de la maison. Disparues surtout les «éteins tes lumières, range tes choses, ne rentre pas trop tard»… Ne reste que le contact chaleureux avec les enfants, au delà des règles et des contraintes. Je les retrouve tels qu’ils sont, beaux, généreux et intéressants. Il me retrouvent tel que je suis aussi, drôle, curieux et aimant. C’est un temps privilégié de rencontre dont je ne me rassasie jamais. (Michel)

Mes sensations abdominales me rappellent un besoin fondamental, celui de manger. Pour satisfaire ce besoin, je fais d’abord le geste effectué par plusieurs de mes ancêtres depuis la nuit des temps : j’allume le feu. Déjà, la flamme augmente la sensation de chaleur torride des parties de mon corps frôlant l’appareil de cuisson. Pour ce retour momentané aux sources, quoi de mieux qu’un menu simple et élémentaire : steak et primeurs du potager. Chasse et cueillette. La laitue frisée orne déjà mon assiette de son vert éclatant, contrasté par le rouge des premières tomates. Les effluves de la grillade me donnent l’eau à la bouche. Les épices ajouteront à la complexité du parfum de la préparation. La première bouchée est presque un choc. Le piquant des épices, l’évocation ferreuse et acidulée de la viande cuite à point ainsi que l’astringence de sa texture font que je ne sais plus sur quelle sensation focaliser. Bah, pourquoi ne pas tout simplement m’abandonner au plaisir global de ma dégustation. Après tout, je suis en vacances! (Johanne)

Appel de mon corps à sortir saisir ce que le monde a à m’offrir. J’ai envie d’y répondre. J’ai envie d’être stimulé encore, dans le mouvement et la découverte. Nourrir mes sens en brisant l’inertie pour obliger mon esprit à faire de l’espace pour du nouveau, du bon, du savoureux. J’enfourche ma moto dans un élan de liberté et je file vers ce que ma région me propose de mieux : la nature et la campagne. Le monde s’ouvre à moi. Où aller? Peu m’importe. Tout les chemins mènent à moi! Et pourquoi pas une halte dans un endroit paisible pour laisser dans mon corps se déposer l’expérience grisante du vent, des couleurs et des odeurs? Je roule et mon temps m’appartient. Quelle sensation! Ce plein d’expériences me donne envie d’arrêter chez des amis au retour pour partager avec eux ce moment de bien-être. Je suis libre d’aller où je veux, libre d’aller vers ceux que j’apprécie. (Grégoire)

Vers la fin de la journée, rien n’est plus exaltant que le sentiment de décrocher… Laisser derrière soi les diverses obligations et choisir de savourer, pleinement, le présent du moment. (Lucie)

Les soirées d’été. Les belles soirées d’été. Les soirées autour du feu avec les enfants en pyjama et les guimauves brûlées. Les soirées à marcher, à jaser sur une terrasse avec des amis, à rêver sous les étoiles en camping, à canoter jusqu’au coucher de soleil qui s’éternise, à être tout simplement. Les yeux des petits et des grands qui s’illuminent devant les feux d’artifice. Il y a quelque chose de magique dans ces soirées, ces belles soirées. Comme un air de fête. Une fraîcheur nécessaire tellement bienvenue après cette intense chaleur de la journée. Le stress tombe, les gens sont plus calmes. Vive cette saison où prendre le temps de prendre son temps prend enfin tout son sens. (Pauline)

Bon été de la part de l’équipe du Service de psychologie et d’orientation : Stéphanie Lalanne, Michel Roy, Éric Maheux, Johanne Bernatchez, Grégoire Lebel, Lucie Gauthier, Pauline Leblanc.

Noël n'est pas au magasin

Psychologue invitée : STÉPHANIE LALANNE

Chez mon amie Christine, à Noël, l'an dernier, il y avait 67 cadeaux. Elle les a comptés. Vous savez ce que c'est : les enfants que mère et conjoint, père et compagne, tantes, oncles, grands-parents, veulent choyer; les échanges entre membres de la famille; sans compter Pitou et Minou qu'il n'est pas question d'oublier : «Maman, ils vont se sentir rejets!» Bon, d'accord.

La remise de ces précieux cadeaux fut tellement longue que les invités ont perdu le goût de réveillonner. Les enfants surexcités, les adultes à bout de nerfs, les hôtes déçus que leurs mets choisis avec attention, planifiés avec précision et cuisinés avec soin restent à demi en plan… Quel Noël! Beaucoup de travail, peu de plaisir.

Pourtant, Christine et Paul avaient pensé à tout : le plus bel arbre vivant qu'on puisse imaginer, six mètres de hauteur – oui, oui, il traversait l'espace du salon et montait jusqu'au toit cathédrale – choisi sur leur terre, des décorations magnifiques et, au pied de cette majestueuse épinette, la montagne de cadeaux. Féérique! Dès l'arrivée, tout le monde poussait des «oh!» et des «ah!» de ravissement. «Comme dans un rêve!» a dit la benjamine. «Comme dans un film!» a renchéri l'aînée. Bref, le coup d'œil, l'atmosphère, c'était… estupendo! Mais peu à peu, ça s'est alourdi. Fin du flashback.

We want more!

Le temps des fêtes est un moment de l'année où pointe une menace : vouloir toujours plus. Plus haut, plus beau, plus gros… souvent plus/trop cher. Plus de nourriture, plus de décorations, plus de luxe, plus de partys, plus d'alcool, plus d'invités. Plus d'excitants. Du fun!

Plusieurs désirent surtout faire plaisir à ceux qu'ils aiment, les rendre heureux, voir des petites lumières de Noël dans leurs yeux. Les combler. Et avec les personnes qui leur sont plutôt… imposées, être corrects, dans le ton. Les perfectionnistes ont du pain sur la planche! Hélas, plusieurs se retrouvent essoufflés, fatigués d'avoir couru le dernier must recommandé par la ressource tendance de l'heure (de Michel Phaneuf à François Chartier, en passant par Di Stasio et Ricardo), et donc, peu disponibles quand arrivent leurs invités. Pourtant, c'est pour eux que toute cette organisation a été mise en branle.

Qu'est-ce qui nous fait courir comme ça? Quelle quête poursuivons-nous? À quoi tentons-nous d'échapper? Comme si nous craignions que notre présence ne suffise pas. Aurions-nous peur de ne pas être d'assez bons parents, d'assez bons amis, d'assez bons frères ou sœurs, d'assez bons invités? Assez, quoi.

Et si on inversait le rapport?

Comme on l'entend dans les émissions de «consommation avertie», pourquoi ne pas aller vers un bon rapport qualité-prix? Ici, ce sera plus de plaisir et moins de tracas. Ou, du moins, un équilibre entre ce qu'on investira et ce qu'on récoltera d'agréable.

Et si nous revenions à l'essentiel : profiter d'un moment privilégié pour nous retrouver avec ceux et celles qu'on aime. Célébrer avec eux. Plus simplement. Plus présents.

Ressentir, re-sentir, la joie d'être ensemble. Vivre un moment rare : les regards qui se croisent à table, la gaieté, les rires, les échanges… et les soupirs de gourmandise : «Que c'est bon!» Oui, comme c'est bon d'être ensemble. Vivants. Au chaud. Avec nos amours. Goûtons-y : ça ressemble à du bonheur. Et le bonheur, c'est tout de suite.