Études

Nuit noire sur une page blanche

MICHEL ROY

En vacances… sur la page

La page est blanche, immaculée, pour ne pas dire vierge. Elle n'attend que moi pour prendre vie et couleur et me révéler à tous avec une pointe d'impudeur! Mais pour l'instant elle est blanche, offerte aux idées les plus folles… comme celle d'écrire cet article sur la page blanche… La page blanche est pleine de promesses, d'anticipation plaisante… Mais elle est là, passive. Elle attend que j'agisse, que je montre de quoi je suis capable. Elle me nargue gentiment : allez, détends-toi, laisse-toi aller, fais voir ta créativité, exprime-toi! Peu à peu, devant ce territoire vierge, s'installe un léger malaise, diffus, mais tenace.

J'ai chaud. J'ai envie de voir ce qui se passe ailleurs, dehors. De toute façon, je ne suis pas pressé. Je veux me laisser inspirer et une page blanche, ce n'est pas très inspirant. Quoi dire? Comment le dire? Ah, ce n'est pas ma journée. J'ai sûrement quelque chose de mieux à faire. Je te reverrai plus tard, page blanche, ne t'inquiète pas… Mais je ne peux pas laisser tomber. Il y a cette échéance que je ne peux dépasser. Et ce maudit papier que je dois noircir avec quelques idées intelligentes, un propos bien tourné. Car cette page sera mon «présentoir», ma carte de visite : «Tiens, c'est ce qu'il pense… C'est ainsi qu'il s'exprime… Drôle de style, drôle de personne probablement!» Et si je laissais tomber? Impossible. Je ne peux plus reculer.

Rame, rame, rame donc, le tour du monde nous ferons…

Tout ce qu'il me reste à faire, c'est d'avancer, de poser un mot devant l'autre et de commencer à écrire. Un mot devant l'autre. Écrire. N'importe quoi mais le faire. Sortir de ma paralysie et de mon désir d'avoir du génie. Placer un mot et un autre et un autre et finir par faire une phrase, accoucher d'une idée… et recommencer. C'est la seule façon de m'en sortir. Produire. Bien sûr, ce n'est pas très bon, mais j'ai déjà presque rempli une page blanche. Voilà enfin une matière sur laquelle je peux travailler, un morceau brut de ma pensée que je pourrai peaufiner, raturer au besoin, même jeter à la poubelle et recommencer. Non, ce n'est pas le flot d'idées jaillissantes que j'espérais. Ça ressemble plutôt à un mince filet, mais c'est quand même une source de sens que je suivrai, que j'alimenterai et qui me mènera peut-être au torrent. Peut-être pas. Mais au moins, je bouge, je crée, je travaille.

Ma pensée a pris son erre d'aller. Ça m'encourage. Et au moment où je me rends compte que ça y est, que je suis parti, je perds le fil et… plus rien. Ça se peut pas! C'est pas vrai. Non! Ça ne va pas recommencer. Non! Je n'ai qu'une page et il m'en faut deux. Je n'y arriverai donc jamais. Eh, oh, minute! Ce n'est pas en m'énervant de la sorte que je m'en sortirai. D'abord me calmer, respirer par le nez… Attendre un peu… Me distraire quelques minutes peut-être, marcher, respirer à fond…

Harmonie du soir… sur le papier

Bizarre de processus que celui de la création. Rien n'est jamais acquis. Des fois, ça vient tout seul, c'est tellement facile. Je me sens alors si brillant. D'autres fois, c'est le contraire, il faut bosser, endurer les affres du vide, chercher, se battre au corps à corps avec soi pour ne pas s'enfuir… Dans ces moments-là, j'ai bien peur d'être une cruche.

Mais je persiste, je tiens bon et, en désespoir de cause, je me décide à aligner un mot et un autre et à recommencer à écrire. N'importe quoi... J'aurai bien le loisir après de réviser, de corriger et, peut-être, finalement, pourquoi pas, d'apprécier le fruit de mon travail. Qu'en diront les autres? Je ne sais pas. Verront-ils l'effort? Pas sûr. Est-ce qu'ils aimeront? Je l'espère. Tout compte fait, moi, je serai satisfait, parce que, devant la page blanche, je n'aurai pas abdiqué. J'aurai affronté mes démons, mes peurs, ma paralysie, et j'aurai écrit, un mot à la fois, le fond de ma pensée. C'est tout ce que je pouvais faire et je l'ai fait, bel et bien fait. Advienne que pourra!

Et puisqu'il faut que j'ajoute quelques lignes pour contenter mon rédacteur en chef, je vous assure que le texte qui précède décrit ce qui m'est arrivé en écrivant cet article. Parti de rien ou à peu près pour arriver à quoi? À vous intéresser à poursuivre la lecture jusqu'au bout, à ce que je vois. À décrire un processus et des angoisses que vous connaissez sûrement vous aussi. Finalement, à ne pas être trop mécontent du résultat. Maintenant, advienne que pourra!

À mi-chemin entre le début et la fin du bac : à la recherche de la motivation perdue

PAULINE LEBLANC, conseillère d'orientation

Tout porte à croire que les trois étudiants que j'ai rencontrés en consultation dans la même demi-journée dernièrement se connaissaient ou du moins, s'étaient parlé avant de me voir, j'en suis certaine! Coup sur coup, ils sont entrés dans mon bureau avec le même air découragé, le dos rond, les yeux cernés et le teint blême, le sac à dos lourd de volumes et de cartables bien remplis. L'un après l'autre, ces étudiants de deuxième année, des Sophomores, comme on les appelle dans les universités anglophones, ont débuté l'entrevue par quelque chose du genre : «Je ne sais pas si je veux continuer ou non dans mon programme, je ne sais pas où ça mène, je ne veux pas occuper le même emploi toute ma vie, j'ai perdu l'intérêt dans mes études, je remets mon choix de carrière en question.» Décidément, il y a de la démotivation dans l'air… Mais quelles sont les causes de ce malaise fréquent au quatrième trimestre et comment y remédier?

J'pu capable!

À les voir, on devine que ces étudiants en manque de motivation sont fatigués, tout comme vous, peut-être. Et cela s'explique : on vient de traverser une semaine d'examen, on a déjà trois sessions ou plus (au régime coop entre autres) dans le corps, on est tanné de l'hiver qui n'en finit plus d'avoir l'air du printemps qui lui, n'en finit plus de se faire attendre. Sans oublier que les découvertes de la première année à l'université se sont transformées en préoccupations sur l'avenir et le devenir. Le bac vient à peine de commencer et on se surprend à imaginer qu'à pareille date dans un an tout sera terminé. Curieuse position, la mi-chemin… tout bascule du blanc au noir si facilement.

Bien souvent le manque de temps crée une surcharge et un éparpillement qui, à la longue, démotive aussi. Ma première cliente du matin trouvait ses semaines tellement chargées qu'elle n'arrivait pas à faire les lectures demandées.

Un malaise au niveau des méthodes d'études affecte la motivation également, parlez-en à mes collègues Ginette et Luc qui côtoient régulièrement des étudiants aux prises avec des difficultés semblables dans leurs ateliers sur les méthodes de travail intellectuel, les MTI, comme on dit chez nous.

Quel but?

Un objectif professionnel flou n'aide pas à donner un sens à ses études. Il n'est pas aisé de se mobiliser quand on se projette difficilement dans l'avenir. Je rencontre quotidiennement des étudiantes et étudiants qui cherchent à clarifier leurs choix de carrière. Inévitablement, quand l'inquiétude de ne pas obtenir un emploi relié à nos études nous envahit, la motivation en prend un coup. Difficile d'avoir le goût de se mettre le nez dans les livres quand on a perdu de vue les raisons personnelles qui nous poussent à étudier. Les effets du manque de motivation se font vite sentir : on est porté à tout remettre à plus tard et à plus long terme, c'est l'estime de soi qui en prend un coup.

Aux grands maux les grands remèdes

Dormir, bien s'alimenter, faire des activités sportives et avoir des loisirs, bref, rétablir un certain équilibre dans votre vie redonne de l'énergie. Tous ces gestes ont un impact direct sur la façon dont on voit les choses. Ça marche, je vous en donne ma parole!

Une bonne gestion du temps est la clé pour ne pas se sentir submergé. Planifier ses activités, respecter un horaire, se donner des objectifs clairs et réalistes, savoir dire non, établir ses priorités, voilà plusieurs trucs pour s'aider. À court terme, mettez tout en place pour terminer la session en beauté. Mon fils vous suggère de «compter les dodos» avant les finaux, les congés de Pâques, les vacances d'été. Allez-y étape par étape, ça passe plus vite! Et n'hésitez pas à vous récompenser pour avoir atteint vos buts, ç'est motivant!

Prendre des notes de façon efficace et se préparer adéquatement aux examens aide à se sentir à la hauteur. Revoir ses façons de faire, se regrouper pour étudier et aller chercher de l'aide au besoin contribue à retrouver le plaisir d'apprendre.

Les blues de la mi-bac vous hantent toujours? Prenez un temps d'arrêt pour faire le point. Quelles étaient vos motivations à vous inscrire dans ce programme? Qu'avez-vous aimé de votre formation jusqu'à présent? Retrouver en soi ce qui donne un sens aux études aide à poursuivre jusqu'au bout. Explorez le marché du travail, parlez avec des professionnels dans votre discipline lors de vos stages, qu'est-ce qui vous plaît dans leur travail? Avoir en tête des images plus claires de ce qui vous attend sur le marché du travail est, en général, assez stimulant.

Et mes trois étudiants? L'un après l'autre, au bout de 60 minutes d'entretien chacun, leur lourd sac à l'épaule, ils sont repartis courageux et confiants, le pas plus léger, ayant réalisé qu'ils avaient le pouvoir de donner un sens à leurs études, à leurs choix, à leur avenir.

Fait vécu

Ça y est! Me voilà parvenu à la fin! Dans quelques semaines, j’aurai terminé mon bac et je serai sur le marché du travail. Quand je regarde celui que j’étais il y a quatre ans, à mes débuts à l’Université, je suis frappé par les changements qui se sont opérés en moi. Oui, bien sûr, j’ai vieilli, j’ai acquis de la maturité, mes expériences de vie se sont multipliées, mais il y a plus. Il y a quatre ans, je n’imaginais pas tout l’impact que mon projet de devenir ingénieur aurait sur ma personne. J’ai l’impression que mon identité s’est enrichie d’une nouvelle facette.

Lorsque je parle avec mes copains du collégial, nous nous amusons de ce que nous sommes devenus : il y a Pat, qui termine son Barreau, avec ses plaidoiries à propos de tout et de rien, «Doc », avec ses cas uniques de médecine, et moi qui aurais, dit-on, la manie de tout calculer…

« Doc » et Pat ont aussi l’impression qu’un changement fondamental s’est effectué en eux. Il semble que ce soit une transformation attribuable à nos formations universitaires. En rétrospective, je comprends maintenant que les cours de mon programme y ont joué un grand rôle. Même ceux que j’estimais moins pertinents. Chacun d’eux a aidé au développement d’un aspect de ma personne, de mon identité professionnelle. Je ne suis plus seulement J-F… Je suis maintenant J-F l’ingénieur. J’analyse les situations et les évènements de la vie à la façon d’un ingénieur. Je pense désormais comme un ingénieur.

Oui, vraiment, l’université est bien plus que l’acquisition de connaissances, de compétences et d’habiletés. C’est aussi une formation qui contribue à une transformation personnelle.

Johanne Bernatchez
Service de psychologie et d’orientation, 819 821-7666

La fin des études

Pauline Leblanc, conseillère d'orientation

Depuis quelque temps, je questionne les gens qui m'entourent, qu'ils soient étudiants, collègues, patrons, amis ou parents : «Te souviens-tu de la fin de tes études? C'était comment? Et ton premier emploi?» Et je ne peux m'empêcher, au fil de ces conversations, de plonger dans mes souvenirs. Ma petite enquête n'a rien de scientifique, mais elle m'a quand même permis de faire quelques découvertes intéressantes.

Fun ou fin?

La fin des études fait vivre tellement d'émotions. C'est une étape importante dans la vie d'une personne. Quand on sait qu'on entre à l'école à cinq ans et qu'on en sort à 22-23 ans minimum, ca fait tout un bagage (17 ans!) d'expériences passées dans l'univers du sacré Charlemagne! Les plus belles années de ma vie, disait la publicité de l'Université. Pas surprenant que les bancs d'école soient difficiles à quitter. Le milieu des études vous colle à la peau. C'est un monde connu et vous en maîtrisez toutes les règles du jeu. Vous y avez pris goût, malgré tous les efforts à fournir et les difficultés à traverser.

Ma petite enquête, ajoutée à mon expérience personnelle, m'a confirmé qu'en général, les études, c'est le fun! Mais comme toute bonne chose a une fin, il faut quitter un jour notre alma mater. Je me rappelle ce mélange d'émotions. Je ressentais à la fois le soulagement, la fierté d'avoir réussi, d'avoir atteint mon but, d'obtenir un diplôme, et la tristesse de la séparation avec mes amis qui suivent eux aussi leur route dans une autre direction. La perspective de devoir peut-être quitter une région que j'aime me laissait perplexe. Le fun de la fin qui alterne avec la fin du fun?

L'éternel étudiant

La fin des études signifie entrer tôt ou tard sur le marché du travail. Certains choisissent une autre direction. Ils demeurent aux études, raffinent ou élargissent leurs connaissances, se perfectionnent. Éviter d'accéder au marché du travail et choisir de devenir un drop-in ou un éternel étudiant est une sortie de secours piégée. La surdiplomation est sans doute mieux acceptée et plus facile à justifier aujourd'hui, mais elle cache parfois une certaine peur de l'inconnu, un manque de confiance devant des habiletés nouvelles nécessaires pour passer à l'action dans un milieu différent. Ainsi, traverser les étapes de la recherche d'emploi peut être un vrai calvaire pour certains et accepter de changer de mode de vie peut être difficile à envisager pour d'autres.

J'ai hâte, j'ai peur?

Jeunes et moins jeunes m'ont confié avoir ressenti le même mélange contradictoire d'excitation et d'appréhension face à cette période qu'est la fin des études. Excitation, pour mon ami Louis, de pouvoir prendre sa place dans la société et redonner ce qu'on a reçu. Excitation devant une nouvelle identité, pour ma cousine Annie, nouvelle diplômée : je ne suis plus étudiante, je suis maintenant professionnelle. Une nouvelle routine s'installe : fini les devoirs et vive le jour de paye!

Débuter dans un nouvel emploi demande de se donner du temps. Du temps pour recréer des liens, pour prendre de l'assurance et développer son expertise, pour rétablir ce déséquilibre dans le mode de vie parfois si différent de celui des études. Cette appréhension est commune à toutes les personnes que j'ai interrogées : elle se traduit par la hantise de la recherche d'emploi et des entrevues, l'incertitude de savoir si on déménage ou pas, l'anxiété de la première journée de travail dans une «vraie job».

Il faut savoir se faire confiance, savoir se donner le droit à l'erreur et savoir apprendre de celle-ci, savoir s'appuyer sur les habiletés transférables, c'est-à-dire les acquis à la fois théoriques et pratiques développés dans nos cours et nos stages. Faire sa place demande aussi du temps. Je vous souhaite à vous, finissants, de vous accorder ce précieux temps pour apprivoiser ce monde nouveau qui vous attend.

Maximiser ses chances de réussir

Le récit que vous allez lire s’inspire de faits vécus. Qui sait? Peut-être vous y reconnaîtrez-vous?

D’habitude, dans cette chronique, les gens parlent de ce qui leur arrive. Moi, je vais vous parler d’un ex-collègue du bac. Je dis « ex » parce qu’il n’étudie plus à Sherbrooke.

Max était un gars très brillant. Il avait toujours eu de grosses notes à l’école. Un « bollé » mais pas « space », si vous voyez ce que je veux dire. Je l’ai connu parce qu’on allait au même cégep. Mais on ne faisait pas partie de la même gang, car j’étais parmi ceux qui devaient bûcher pour réussir. Max était aussi un gars plutôt individualiste. Il n’avait jamais le temps lorsque quelqu’un lui demandait de lui expliquer un problème. À la première session d’université, Max disait que c’était facile et qu’il n’avait pas besoin d’étudier. Ça ne le rendait pas particulièrement sympathique dans le groupe. À la session d’hiver, les cours étaient pas mal plus durs. Max avait toujours l’air d’être au-dessus de ses affaires. L’automne suivant, on ne l’entendait plus dire que c’était facile, mais il continuait à courir les party… au début… A la fin de cette même session, il avait l’air plus stressé. Il n’en parlait pas et les autres n’allaient pas vers lui non plus. Je pense que là, pour la première fois de sa vie, Max a réalisé qu’il ne pouvait plus compter uniquement sur son intelligence et que ça prenait aussi autre chose. A l’hiver, il a commencé sa session. À un moment donné, on ne l’a plus revu. Probablement qu’il aurait pu donner un grand coup et se rattraper. Mais Max n’avait pas appris à travailler. J’ai su qu’il avait quitté Sherbrooke et qu’il voulait entrer dans une autre université. Je lui souhaite le meilleur pour une prochaine fois.

La morale de cette histoire : à l’université, il ne suffit pas d’être intelligent. Il faut savoir travailler et y mettre l’effort. En plus, c’est encore mieux quand on peut s’entraider plutôt que de se caler.

Salut, Jo.

Johanne Bernatchez, psychologue
Service de psychologie et d’orientation
819 821-7666

Organiser son temps

Le récit que vous allez lire s’inspire de faits vécus. Qui sait? Peut-être vous y reconnaîtrez-vous?

Salut, je m’appelle Frédéric. Je suis présentement dans ma deuxième année de bac. Si je prends la plume aujourd’hui, c’est pour vous raconter comment j’ai appris à mieux vivre les moments exigeants durant la session.

Je suis tellement satisfait de la façon dont je m’organise maintenant que j’ai envie de vous donner les trucs que j’ai découverts. Je peux vous dire que l’an passé, j’en ai vécu du stress et des nuits blanches pour finir le travail ou étudier l’examen pour le lendemain. Je finissais par arriver, mais ça me prenait environ une semaine à m’en remettre. J’ai fini par découvrir que ma façon de faire ne me convenait pas et que je pouvais changer des choses. Premièrement, je me suis aperçu que plus je stressais, moins je devenais efficace. Je passais plus de temps à m’inquiéter du temps qui défilait trop vite, qu’à travailler sur ce que je devais faire. Et moi qui croyais que je travaillais mieux sous pression !

J’ai donc changé ma façon de faire. Je planifie davantage mon horaire pour pouvoir commencer à étudier plus tôt dans la session et je peux ainsi me donner des moments de « break » régulièrement. C’est drôle de voir que prendre du temps pour soi peut être rentable dans ses études.

Quand je me sens détendu, je travaille beaucoup mieux et je deviens plus efficace. Au début, je me sentais coupable de ne pas être devant mes livres, mais je me suis vite aperçu que j’en retirais beaucoup plus que j’y perdais.

J’ai aussi découvert un autre truc. Lorsque je commence à être saturé d’une matière, c’est mieux pour moi de changer. Au lieu de perdre du temps, ça me redonne de la motivation pour continuer. Me garantir un petit coin tranquille avec tout ce que j’ai besoin à portée de la main pour travailler m’a aussi permis de réduire mon stress.

Au fond, ce qui m’a vraiment aidé a été de me trouver une méthode de travail personnalisée en identifiant quelles étaient les meilleures conditions de travail pour moi. J’ai ainsi appris à savoir ce qui me convenait et à en tenir compte le plus possible. Après tout, je suis à l’université pour réussir…

Valérie Meunier, interne en psychologie (1998)
Service de psychologie et d’orientation
819 821-7666

Différence et complémentarité

J’ai choisi de faire un retour aux études après la fermeture de la compagnie pour laquelle je travaillais. Je m’attendais à ce que ce changement soit difficile. À mon étonnement, la plus grande difficulté a été de m’intégrer avec les autres étudiants de ma promotion. Et pour cause! Moi, déjà dans la mi-trentaine, marié et père de deux enfants, et eux, tous frais sortis du collégial! Qu’avions-nous réellement en commun?

Et puis, je percevais leur distance polie et, parfois, leur exaspération lorsque je posais des questions en classe. Je dois avouer que, de mon côté, leur inexpérience, et dans certains cas leur immaturité, venaient parfois réveiller de l’impatience en moi. Pourtant, j’admirais aussi leur vivacité d’esprit et leur insouciance. Comme je tenais beaucoup à faire mon cours universitaire, je me suis dit qu’il me serait plus profitable de faire des efforts pour me rapprocher d’eux. J’ai cherché à mieux connaître mes collègues et à me laisser connaître. En plus des travaux d’équipe, j’ai participé davantage aux activités sociales de la promotion. J’ai pu ainsi me rapprocher de quelques étudiants. J’ai aussi adopté une autre attitude. Au lieu de considérer uniquement nos différences, j’ai plutôt recherché nos points communs. En fait, nous partageons le même intérêt et les mêmes ambitions professionnelles. Nous sommes aussi tous dans la même galère devant le stress et les difficultés académiques. Cependant, une grande différence persiste : mon expérience et mes connaissances pratiques, et leur facilité intellectuelle devant la théorie. Mais cette différence s’est transformée positivement : nous sommes passés de la différence à la complémentarité.

Jocelyn F.

Johanne Bernatchez,
Service de psychologie et d’orientation
819 821-7666