Épreuve

Recevoir une mauvaise nouvelle

Psychologue invitée : LUCIE GAUTHIER

Qu'est-ce que qui se passe?

De manière générale, qu'est-ce qui se passe en nous au plan psychologique lorsqu'on reçoit une mauvaise nouvelle? A priori, ça nous surprend et nous déstabilise. Marco a été secoué et déprimé lorsqu'il a obtenu son résultat d'examen; contrairement à ses habitudes, il recevait cette fois tout juste la note de passage. Francis, lui, a perdu le nord lorsqu'il a su que sa nouvelle copine le trompait. Et Marthe s'est refermée sur elle-même lorsqu'elle a reçu le diagnostic d'une MTS.

L'impact d'une mauvaise nouvelle sur soi est pratiquement toujours en lien avec la gravité des conséquences que l'on perçoit et, fait étonnant, c'est rarement la mauvaise nouvelle en soi qui est souffrante. Ce sont plutôt nos perceptions et nos anticipations par rapport à la mauvaise nouvelle qui nous perturbent le plus.

Ce n'est pas la faible note de Marco qui est particulièrement affligeante, mais plutôt son sentiment de ne pas être à la hauteur et son état déprimé. Francis aurait pu saisir que sa copine n'avait pas les mêmes valeurs de couple et que le sens de son implication avec elle était à revoir; il a plutôt décodé qu'on l'avait trahi. Et Marthe a interprété qu'une MTS était honteux et que dorénavant, les gars se désintéresseraient d'elle.

La signification que l'on accorde à une mauvaise nouvelle est ce qui nous perturbe le plus et, souvent, l'effet choc déclenche une attitude défensive où la tendance première est de rendre les autres ou les situations responsables du malheur que l'on vit. C'est humain. Cependant, cette attitude ne nous sert aucunement à tirer la leçon de vie qui nous serait bénéfique et qui éviterait de répéter continuellement des scénarios semblables.

Quelle attitude adopter?

Quelle serait la meilleure attitude à adopter lorsqu'on reçoit une mauvaise nouvelle? Une fois la réaction choc passée, si l'on veut rendre l'expérience profitable, il faut d'abord accepter l'idée qu'une épreuve n'est pas uniquement un symbole de malheur, mais qu'elle existe pour nous apprendre ou nous indiquer quelque chose. Alors, pour tenter de comprendre le sens constructif de la mauvaise nouvelle, on a avantage à faire une introspection personnelle honnête afin de percevoir quelle est notre part de responsabilité dans ce qui arrive. «Pourquoi est-ce que je me fais subir cela?» «Quelles sont les pensées, attitudes ou décisions prises qui ont pu occasionner le problème?» On obtient ainsi les réponses dont on a besoin pour dépasser véritablement la difficulté.

Marco a saisi qu'il prenait ses études trop à la légère : il se fie uniquement à sa mémoire pour retenir l'information transmise lors des cours et ne se préoccupe pas d'organiser son temps. Francis a perçu que son attrait sexuel pour sa copine l'avait aveuglé et qu'il n'avait pas saisi les signes pourtant évidents chez elle de son manque d'implication dans le couple. Et Marthe a compris que ne pas oser s'affirmer face à un homme qui l'attire par peur de lui déplaire ou de le vexer pouvait avoir des conséquences fâcheuses pour elle.

Comment se reconstruire après une épreuve?

Comment se reconstruire après une épreuve? Y a-t-il une démarche à suivre? D'abord, recadrer le sens du problème et y percevoir son propre rôle nous donne d'emblée le pouvoir de le régler et même de le surpasser. On passe ensuite à l'étape suivante : la métamorphose d'une pensée juste en une action juste. On peut se demander : «Comment puis-je renverser la situation?» ou «Comment puis-je faire en sorte que ma situation se transforme en quelque chose de bénéfique?»

Marco croyait que les cours de méthodes de travail intellectuel n'étaient pas pour lui. En s'y inscrivant, il s'est offert une chance de mettre en pratique les stratégies proposées dans ces cours. Il a maintenant la sensation sécurisante qu'il maîtrise beaucoup mieux sa matière et la gestion de ses différentes tâches. Francis a vécu la tempête intérieure avant de trouver l'action juste. Sa peur de se retrouver seul et de ne plus rencontrer une fille aussi attirante l'amenait à utiliser toutes les stratégies pour tenter de changer sa copine. Plus il poussait dans cette direction sans résultat, plus son insécurité et son sentiment de ne pas être assez aimable ou valable grandissait. Il lui a fallu réaliser que cette relation le rendait souvent malheureux pour comprendre qu'il faisait fausse route. Il a alors pris le risque de dire à sa copine que la fidélité était pour lui une valeur incontournable dans la complicité amoureuse qu'il recherche; et finalement, il a lâché prise. Il a perdu sa copine, mais il s'est retrouvé, lui et son amour-propre. Il se sent en accord avec ses valeurs. Et Marthe a décidé qu'il est important qu'elle se sente à l'aise de communiquer avant de s'impliquer sexuellement avec quelqu'un.

Si nous adoptons la bonne attitude – faire ce qui est en notre pouvoir pour améliorer ou modifier la situation et lâcher prise sur le reste – les échecs apparents se transformeront manifestement de succès en succès à plus longue portée.

Et maintenant la récompense. Une fois l'obstacle ou l'échec surmonté, posez-vous la question suivante : «Est-ce que je peux dégager de cette expérience une leçon ou un message constructif pour mon évolution?» Écrivez cette découverte et conservez-la précieusement. Si une autre mauvaise nouvelle survient, ressortez ce trésor. Relisez-le. Ce sera peut-être votre porte-bonheur!