Dépression

La dépression

Le récit que vous allez lire s’inspire de faits vécus. Qui sait? Peut-être vous y reconnaîtrez-vous.

L’an passé, je ne me reconnaissais plus. Je me sentais sans énergie. Je n’avais plus le goût de rien. Les activités qui habituellement me font « tripper » m’indifféraient. Sortir avec la « gang » me pesait. Je me sentais tout le temps fatigué, même si je dormais parfois jusqu’à quatorze heures par nuit. J’étais irritable. La moindre contrariété prenait des proportions démesurées. Ou encore, je me sentais abattu sans trop savoir pourquoi. J’avais perdu l’appétit. Je me disais que la vie n’était qu’un long passage rempli d’embûches et je me questionnais sur son sens réel. Je m’absentais de plus en plus de mes cours. Un jour, mon coloc m’a dit qu’il s’inquiétait pour moi. Il trouvait mes comportements de plus en plus étranges. Selon lui, je devais faire quelque chose. Il m’a « brassé » pas mal, ce qui m’a incité à aller voir un médecin. J’ai su alors que je faisais une dépression et que mon état était suffisamment sérieux pour qu’il me recommande de prendre une médication. Il m’a fortement suggéré aussi que je consulte un psychologue afin de m’aider à mon rétablissement. Mon état dépressif a été déclenché par une série d’évènements qui se sont succédé rapidement, ne me laissant pas de répit pour les assimiler. D’abord, la rupture avec ma blonde. Ça m’a fait mal, mais je n’ai rien voulu laisser paraître. Puis la mort de Toto, mon chien âgé de quinze ans. Toto représentait beaucoup pour moi. Il avait été mon compagnon d’enfance. Ne riez pas. Ceux qui ont un chien comprennent le lien privilégié que l’on peut avoir parfois avec cet animal. Ensuite l’entrée à l’université, le travail à temps partiel pour aider à payer les études, la session effrénée… Mon mental ne fournissait plus à gérer tout le stress que cela m’occasionnait. La médication m’a aidé au départ. Au bout de 6 semaines, je sentais déjà une amélioration. En thérapie, j’ai pu ventiler les évènements pénibles et faire la paix en dedans de moi. Maintenant, je vais bien. Ç’a été une période difficile de ma vie et je ne le souhaite à personne. Avec du recul cependant, je dois avouer que cette mauvaise passe a eu un effet positif, celui de m’obliger à faire le point sur ma vie. J’ai appris à connaître mes limites et à me voir comme un être humain et non plus comme une machine qui peut tout encaisser sans broncher.

Johanne Bernatchez, psychologue
Service de psychologie et d’orientation
819 821-7666

Passer à travers une dépression

Le récit que vous allez lire s’inspire de faits vécus. Qui sait ? Peut-être vous y reconnaîtrez-vous ?

Je m’appelle Serge et je suis étudiant au deuxième cycle. L’an passé, je me suis décidé à aller consulter un psychologue au Service de psychologie et d’orientation. Je n’arrivais plus à fonctionner efficacement. Même si je dormais au moins douze heures par nuit, je me sentais toujours fatigué. Je n’avais plus d’appétit non plus. Je passais de la tristesse à la colère sans trop savoir pourquoi. Je ne trouvais plus ma vie intéressante. Je m’isolais de plus en plus.

Après quelques rencontres avec le psychologue, j’ai compris que j’étais en dépression depuis un certain temps. En fait, l’événement déclencheur remonte à ma première année de bac. Durant l’été qui a précédé mon entrée à l’université, mon frère, qui avait deux ans de plus que moi, est décédé dans un accident de moto.

Lors des entrevues, j’ai pris conscience que je n’arrivais pas à surmonter sa disparition. Je me sentais coupable d’être encore en vie. Il faut dire que j’étais près de mon frère. Nous étions des amis inséparables. La dépression s’est installée progressivement. Au début, je croyais que ma peine passerait avec le temps, mais, au contraire, je me suis enfoncé de plus en plus dans ma détresse.

J’avais l’impression que personne ne me comprenait et que je ne pouvais compter sur personne pour m’aider. Pourtant, dans la relation avec mon psychologue, je me suis senti reçu et compris dans ma souffrance. Peu à peu, j’ai fini par accepter la mort de mon frère. Cela m’a aidé à me reprendre en main et à redonner un nouveau sens à ma vie.

Cette période a été très difficile, mais je peux dire aujourd’hui que cela m’a permis de faire la paix avec moi-même. J’ai beaucoup appris sur moi. Surtout, je sais maintenant qu’il y a de la lumière au bout du tunnel. J’espère que mon récit pourra redonner espoir à ceux qui n’en ont plus.

Jean Lafontaine, psychologue
Service de psychologie et d’orientation
819 821-7666