Demande d'aide

Les gars : sachez demander de l'aide

Le récit que vous allez lire s’inspire de faits vécus. Peut-être vous y reconnaîtrez-vous?

Salut,

Ce que j’ai à dire s’adresse surtout aux gars. Je vais aller droit au but et ça ne sera pas long. Je sais bien que pour les gars, aller chercher de l’aide psychologique n’est pas, disons, dans notre mentalité. Nous préférons nous organiser avec nos problèmes. Ça nous donne l’impression d’être plus forts de caractère et plus matures. C’est exactement ce que je pensais avant d’aller consulter au Service de psychologie et d’orientation (SPO). J’étais dans une période où ça allait vraiment mal et je n’arrivais pas à m’en sortir seul. Je n’osais pas en parler à mon entourage par crainte d’être perçu comme quelqu’un de faible. Alors je suis allé chercher de l’aide au SPO. Je ne voulais pas que ça se sache que je consultais et leur discrétion m’a convenu tout à fait.

La personne que j’ai rencontrée a vite saisi ma difficulté. Nous avons travaillé sur du concret et débouché rapidement sur de l’action. L’intervenante m’assistait dans ce que je voulais régler, jouant en quelque sorte un rôle d’instrument dans ma démarche. Je me suis rendu compte que, dans un contexte d’aide, on ne perd pas son autonomie. Je garde le contrôle de ce qui se passe pour moi. Mais je crois que, dans toute cette expérience, ma plus grande découverte a été de réaliser que demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse. Au contraire, ça prend peut-être du courage, mais surtout une bonne dose de maturité et d’autonomie pour choisir d’aller vers une autre personne, capable de nous aider, afin de retrouver un bien-être.

Johanne Bernatchez, psychologue
Service de psychologie et d’orientation
819 821-7666

Savoir se confier

Cette histoire est fictive, mais s’inspire de faits vécus…

Je ne sais pas si, comme moi, vous avez remarqué que beaucoup de personnes ont de la difficulté à parler de ce qu’elles vivent quand elles ne vont pas bien, et ce, même à un proche? Elles gardent leur peine pour elles en se disant « Je ne veux pas l’embêter avec ça, il a déjà assez de ses propres tracas » ou « Je ne veux pas être un fardeau » ou encore « Je ne veux pas qu’on me prenne en pitié ou qu’on pense que je suis fragile ». Cela fait en sorte qu’elles restent seules avec la lourdeur de leurs difficultés et toutes les émotions éprouvantes vécues. En réalité, cela ne fait qu’ajouter un sentiment d’isolement à leur situation difficile, pour la rendre encore plus lourde et plus pénible à porter.

Si vous êtes de ceux qui tendent à se replier sur eux-mêmes lors de périodes difficiles, je vous invite à penser à ceci : vous est-il déjà venu en tête que le fait de parler de vos difficultés avec un proche pourrait, au contraire de votre croyance, vous rapprocher de cette personne et augmenter la qualité de votre relation avec elle? Partager ce qu’on vit au plus profond de soi crée de l’intimité dans la relation. De plus, cela indique à l’autre qu’on le considère important et digne de la confiance qu’on lui démontre en partageant avec lui ce qu’on a de plus fragile en soi. En outre, les gens qui vous aiment souhaitent votre bien-être et ont envie de faire quelque chose pour vous aider, ne serait-ce que vous écouter. Quand on aime quelqu’un, on se sent concerné par ce qu’il vit, et on a le désir sincère de le supporter ainsi que de mettre l’énergie qu’il faut pour le faire. Cela ne représente pas un fardeau, mais provient au contraire d’un élan du cœur. Pour le comprendre, imaginez qu’une personne que vous aimez beaucoup souffre en silence, sans vous le dire. Cela vous affecterait sûrement lorsque vous l’apprendriez. Vous pourriez même vous sentir peiné ou froissé par ce manque apparent de confiance en vous.

Si vous vivez quelque chose de difficile ces temps-ci, osez prendre le risque de parler à un proche. Cela vous soulagera d’abord et vous vous sentirez moins seul face à vos problèmes. Quant à la personne à qui vous vous serez confié, elle éprouvera certainement la satisfaction d’avoir fait du bien à quelqu’un qu’elle aime, mais surtout, elle recevra le cadeau de se sentir encore plus importante qu’avant pour vous.

Mélanie Thibault, psychologue
819 821-7660