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Du Vert et Or dans nos veines

Psychologue invitée : Johanne Bernatchez

Les familles souches et nos racines

Avez-vous remarqué, tout comme moi, l'engouement croissant pour les fêtes de familles? Lors d'une visite aux Fêtes de la Nouvelle-France, j'ai été frappée par le nombre de kiosques représentant les différentes familles dites «souches», et de surcroît, par toute l'énergie qu'on semblait avoir déployé à rechercher tout ce qui unissait les personnes au même patronyme : les arbres généalogiques, des copies de documents officiels et même les blasons avec toutes leurs descriptions! Et moi qui croyais (pardonnez mon ignorance) qu'on ne retrouvait cela qu'au-dessus de l'âtre dans les vieux châteaux d'Écosse, ou du moins dans les «vieux pays»!

Sur une base plus individuelle, j'ai toujours été étonnée de constater, chez plusieurs de mes clients ayant été adoptés, combien ils exprimaient de la curiosité, un désir et même un besoin d'en connaître un tant soi peu sur les personnes à l'origine de leur existence. Et cela tout en considérant leurs parents adoptifs comme étant leurs véritables parents. Comme si le fait de savoir à qui nous sommes liés par le sang rassure de ne pas être sans racine, même si par ailleurs nous avons développé un sentiment d'appartenance à une autre famille.

Les familles d'adoption et les racines qu'on implante

Encore une fois, je fais appel à votre sens de l'observation. Avez-vous déjà remarqué, lors de rencontres entre collègues de différentes institutions, après les présentations d'usage, que les questions du genre : «Dans quelle université travailles-tu?» ou encore : «Où as-tu fait tes études?» ne mettent pas longtemps à se pointer? Ces questions, en apparence banales, nous fournissent beaucoup plus qu'un simple renseignement sur notre interlocuteur. En fait, cette information nous donne l'impression de connaître du coup son background, de la même manière que l'appartenance à un clan, par origine ou par allégeance, donne une couleur particulière à ses membres. Il n'y a pas si longtemps, chez Bombardier-Valcourt, les employés parlaient du «sang jaune» pour exprimer leur sentiment d'appartenance à leur compagnie. Comme quoi nous pouvons aussi choisir ce qui coule dans nos veines...

L'Université de Sherbrooke : une grande famille?

Prochainement auront lieu les Grandes Retrouvailles dans le cadre du cinquantenaire de l'Université de Sherbrooke. Plusieurs «anciens» convergeront vers leur alma mater. Plusieurs «actuels» se joindront à eux pour partager souvenirs, passés et récents. Toutes ces personnes sont reliées par le fait d'avoir séjourné à différents titres dans cette université. Mais n'existe-t-il pas un sentiment plus profond, commun à toutes ces personnes, qui les lie à l'Université de Sherbrooke?

J'ai interrogé des gens autour de moi. J'ai commencé par mon conjoint, promu à l'Université de Sherbrooke en 1988 et qui entretient un lien plutôt éloigné avec celle-ci : «Toi, te sens-tu attaché à l'Université de Sherbrooke?» «Non, pas vraiment. Quoique…» Il se met alors à me parler d'un sentiment chaleureux qu'il ressent lorsqu'il rencontre d'anciens collègues ou professeurs de Sherbrooke, d'une certaine fierté qu'il éprouve lorsqu'il aperçoit le logo de l'Université à Longueuil et de son intérêt toujours constant d'avoir des nouvelles de ce qui s'y passe. Je sens un petit quelque chose remuer dans ses veines.

D'autres encore disent être venus à l'Université de Sherbrooke parce qu'ils se sont sentis interpeller soit par sa mission, soit par sa façon différente de faire les choses, et que ça leur avait permis de trouver un espace, un lieu où ils peuvent réaliser des projets qui leur tiennent à cœur, tout en contribuant à quelque chose de plus grand. Ainsi, ils en sont venus à développer avec cette institution un lien très proche basé sur une forme de générosité mutuelle. Ils se sont implantés ici.

D'autres personnes enfin m'ont parlé sans hésitation de leur sentiment d'appartenance à l'Université de Sherbrooke. Pour ma part, qui fait partie de cette dernière catégorie, voici ce que je pourrais en témoigner. J'y suis devenue adulte. J'y ai acquis les bases de ma profession. J'en éprouve une reconnaissance quasi filiale. Et je m'y développe encore professionnellement. Seulement, ce qu'il y a de différent cette fois, c'est que j'ai envie de lui donner en retour. J'ai envie de contribuer à ce qu'elle soit l'une des meilleures universités. Vous l'aurez sans doute compris, je suis profondément attachée à l'Université de Sherbrooke.

Et vous? Y a-t-il un peu de « vert et or » qui coule dans vos veines?

L'art du compliment

Psychologue invité : GRÉGOIRE LEBEL

Vous entendez un homme dire à une femme qu'il trouve joli ce qu'elle porte. Vous vous dites qu'il est gentil, qu'il la courtise ou encore qu'il fait du harcèlement psychologique. S'il lui dit qu'elle a de beaux yeux, est-ce déplacé ou délicat? Est-ce que ça dépend de son intention? de son ton? de la réaction de la femme? Se connaissent-ils ou non? Depuis combien de temps? Quel genre de relation ont-ils créée? Est-ce que ç'a à voir avec la position de la lune et du cycle des marées? Finalement, vous vous dites qu'il aurait dû se taire parce que c'est bien trop compliqué! Malheureusement, c'est souvent ce qui finit par arriver.

Le compliment en 4 étapes

Le compliment est un art qui semble se perdre avec le temps. Éloge exagéré de l'humilité, absence de sensibilité ou manque de vocabulaire pour nommer le beau et le bon? Difficile à dire. Complimenter veut dire féliciter, louer, ou en d'autres mots, reconnaître et faire ressortir les forces, les réussites ou les qualités d'autrui. Essentiellement, les compliments sont très agréables à offrir et surtout à recevoir. Comment ça marche? Voici le mode d'emploi du compliment en quatre étapes.

  1. Soyez attentif à l'autre. De toute évidence, si vous ne remarquez pas la présence d'une personne ou si vous ne levez pas les yeux pour entrer en contact avec elle, il vous sera particulièrement ardu de la complimenter.
  2. Identifiez le beau et le bon chez l'autre. Cette deuxième étape peut vous demander un certain entraînement, puisque vous êtes probablement plus habitué à chercher l'erreur qu'à discerner le beau et le bon. Pour ce faire, il faut être ouvert, disponible, prêt à être touché par les qualités ou la beauté de l'autre. Facile à dire.
  3. Reconnaissez que vous êtes touché. Ici, c'est à votre sensibilité qu'il faut faire appel. Retrouvez en vous la partie capable de s'émerveiller, de vibrer à la beauté ou de s'exciter devant un bon coup, et redonnez-lui la possibilité de se faire entendre.
  4. Osez formuler à haute voix ce que vous pensez tout bas. En d'autres termes, prêtez maintenant votre voix véritable à la petite voix intérieure qui s'est manifestée, et partagez à l'autre le fruit de votre ravissement.

L'art de marcher sur des œufs

Vous venez de lire le mode d'emploi du compliment et vous vous demandez maintenant : «Mais pourquoi fais-je si rarement une chose si simple, même si je la sais si bonne?» Ne vous culpabilisez pas, la réponse ne se cache pas très loin. En fait, elle vit tout proche, trop proche, camouflée. C'est que la communication humaine est complexe et qu'elle cache en ses replis une foule d'informations implicites qui dépassent les mots eux-mêmes. En effet, ce n'est pas le compliment lui-même qui fait peur, mais son interprétation. Une peur qui prend souvent la forme d'un «qu'est-ce qu'il va penser si…?» On craint d'être mal reçu, mal perçu, de créer dans nos relations une confusion ou une zone grise inconfortable. Alors on s'abstient. En réalité, on n'a souvent même pas le temps de se rendre compte qu'on se tait : c'est fait. On a passé à autre chose, par habitude. Malheureusement, on vient de laisser filer l'occasion de faire plaisir à quelqu'un et de rendre nos relations plus agréables dans un monde où on se plaint régulièrement de l'individualisme et du négativisme. Mais alors, comment combattre l'inconfort des sous-entendus et aller au delà de la peur d'être mal interprété?

Pour éviter d'être mal interprété, et avant d'appliquer le mode d'emploi en quatre étapes, un petit examen de conscience est parfois nécessaire. Il s'agit ici de s'assurer d'être soi-même au clair avec son intention. Le véritable compliment est gratuit et sans attente. S'il est intentionné, il flirte avec la manipulation et c'est ce que les gens craignent par-dessus tout. Une fois le test de l'authenticité passé, ne reste plus qu'à choisir les bons mots pour transmettre notre pensée. Cette étape demande d'oser se mouiller; réveillez le poète ou l'artiste en vous! Apprivoisez et peaufinez votre style personnel, ça en vaut la peine! Et maintenant que vous êtes en mesure d'offrir des compliments, ne reste plus qu'à vous demander si vous êtes capable d'en recevoir! Alors là…

Les rituels : maladie ou nostalgie

Psychologue invité : MICHEL ROY

Qu'il se lève, celui ou celle qui ne pratique pas un rituel de temps en temps! «Allons donc, les rituels, c'est affaire de religion ou de quelqu'un qui a quelques habitudes maladives…»

Je dois vous avouer que je pratique moi-même l'art du rituel. En effet, j'adore, le samedi matin, prendre le temps de lire mon journal avec un bon café. C'est sacré. Petit rituel anodin, direz-vous, mais encore? J'aime, le samedi matin, choisir un grand bol pour mon café, ce que je ne fais pas en un autre temps. J'aime le rituel de la préparation du café : le moudre à la main, le tasser dans le porte-filtre de la cafetière expresso et le savourer avec un morceau de chocolat noir.

Qu'on en soit conscient ou non, notre vie est jalonnée de petits rituels qui nous font du bien, nous confortent, ajoutent quelquefois une saveur particulière à ce qu'on fait qui, autrement, sombrerait dans la banalité. Tiens, avez-vous essayé de célébrer l'arrivée de l'automne? Le 21 septembre est une date qui marque un changement de saison, mais la veille ressemble au lendemain. On ne tombe pas dans l'automne sauf… si on décide de célébrer cet événement de manière à lui donner une saveur particulière, un sens. L'automne est la saison de la récolte, de l'abondance. Pourquoi ne pas s'inventer un rituel de souper entre amis où les fruits et les légumes de la saison s'y trouveront en abondance? Une journée, somme toute banale, aura été revêtue de sens grâce au rituel de la fête.

Voilà une des fonctions importantes du rituel : donner un sens, ou souligner ce qui serait fade ou banal ou encore dont le sens serait balayé sous le tapis. Vous quittez la maison pour la première fois afin de vivre l'expérience universitaire? Créez un petit rituel pour le souligner. Vous débutez cette merveilleuse aventure universitaire? Un petit rituel pour rehausser le tout! L'initiation, avec quelquefois ses maladresses, est un rituel d'intégration. Le tail gate party avant la partie de football est un autre rituel qui donne de la couleur à l'événement. Le 5 à 7 du jeudi, le lunch pris entre amis après la partie de volley-ball, la bouteille de vin dégustée pour souligner la fin des intras sont tous de petits rituels qui marquent d'une pierre notre vie quotidienne.

Le rituel nous invite à réfléchir et à partager sur l'événement qu'on met ainsi en valeur. Le départ de la maison peut être l'occasion d'évoquer en famille les plaisirs partagés, de discuter des départs et des deuils que tout un chacun a déjà vécus, de parler de ce que nous fait vivre maintenant ce départ. En fait, «le rituel le plus commun vise d'abord la saine régulation des émotions très intenses qui naissent dans diverses situations de la vie quotidienne. Il vise en fait à les symboliser, à les signifier, à leur donner une voie d'expression. Or, le rituel peut également chercher à susciter ou à prévenir des émotions intenses.»1 Le petit rituel de départ de la maison familiale aidera à exprimer toutes ces émotions mélangées, prises dans la gorge à cette occasion, alors que le rituel de l'initiation favorisera l'expression de nos appréhensions et de nos peurs face à cette transition vers l'université, mais sur un mode ludique. Nous allons passer à travers l'initiation et nous n'en mourrons pas. Probablement qu'il en sera de même pour notre passage à l'université!

L'an dernier, suite au décès accidentel d'un des leurs, les étudiants d'une faculté ont créé un site Internet en hommage à leur camarade. On y retrouvait des photos de l'étudiant de même que les commentaires des amis et des collègues du disparu, rappelant les bons moments passés avec lui, exprimant leurs réflexions et leurs sentiments face au destin. On avait inventé un rituel qui aura certainement permis aux personnes de se réconforter tout en les aidant à vivre les diverses étapes du deuil.

Finalement, tout postmoderne que nous soyons, jeunes ou moins jeunes, nous sommes des êtres de rituels. Pratiquer les rituels en toute conscience rehaussera leur saveur et enrichira encore plus notre expérience de la vie. Alors, que le rituel soit avec vous et avec votre esprit!

1. Jeffrey Denis, Éloge des rituels, Presses de l'Université Laval, 2003, 230p.

Quand une étiquette vous colle à la peau

Psychologue invité : MICHEL ROY

Vive les étiquettes! Tout le monde est pour l'instruction et l'étiquette… Mais qu'en est-il des étiquettes et des instructions? Apparemment, on ne peut plus vivre sans consulter les étiquettes des biens qu'on achète et sans référer aux instructions d'usage. Encore faut-il que ces indications soient claires. Quelquefois pour la clarté il faudra repasser. Et parlant de repassage, avez-vous remarqué sur votre dernier vêtement fabriqué en Dinde (made in Turkey) l'instruction suivante : enlever avant de repasser? Eh, oui, avec cette manie de tout expliquer, nous sombrons quelquefois dans le ridicule.

Des étiquettes pour des personnes?

Ces étiquettes, instructions, mises en garde sont quand même plus souvent qu'autrement utiles. Mais il me semble qu'on assiste de plus en plus à un dangereux glissement de cette «information» utile lorsque l'on commence à l'appliquer de manière intempestive aux humains. En ce domaine, plus qu'en tout autre, on voudrait bien savoir clairement à qui on a affaire et obtenir quelques instructions qui nous faciliteraient assurément «l'usage» de nos congénères. Je suis stupéfié de voir avec quel degré de raffinement les jeunes ont cartographié leurs semblables. Il n'y a plus de «jeunes» mais une constellation d'individus étiquetés en «yos», «imos», «gothiques», «grunges», etc., chaque catégorie ayant son code de conduite particulier, sa musique, son accoutrement, ce qui facilite évidemment «l'étiquetage» et permet l'utilisation d'instructions simples et claires pour la contacter.

Cet étiquetage banal envahit de plus en plus le monde sérieux des adultes. Combien de conférences, de livres, d'articles de revues et de journaux nous découpent les personnes en catégories (la génération X, les baby-boomers, les yuppies…) à qui l'on attribue sans nuances une série de caractéristiques tout en nous promettant de «mieux comprendre nos jeunes et les 10 clés pour les motiver», «la génération X, ce qu'elle pense, ce qu'elle veut et comment mieux saisir ses attentes», «comment agir avec les vieux», «comment réveiller les morts» et quoi encore. Ces étiquettes sont souvent, bien sûr, accompagnées d'instructions censées nous faciliter la vie pour transiger avec qui en est affublé.

Besoin de comprendre… et de contrôler?

On peut comprendre le besoin de se donner quelques repères utiles qui agiront comme raccourcis lors de nos rapports avec les autres. L'étiquette que nous accolons à quelqu'un peut servir d'accélérateur pour faciliter notre contact avec l'autre. Nous pouvons ainsi, parfois, saisir plus rapidement des messages, mieux interpréter des comportements et même, au besoin, adapter nos communications à notre interlocuteur. Ces étiquettes sont alors au service de notre relation à l'autre. Mais cette habitude anodine peut avoir un effet pervers. Le danger survient lorsque l'étiquette, au lieu de servir le rapport avec une autre personne, devient un écran, un obstacle au contact avec cette personne. Au lieu de nous ouvrir des portes, elle nous enferme alors dans une perception étroite et rigide de l'autre. Ce qui devrait servir d'agent facilitateur devient un outil utilisé pour dépersonnaliser et chosifier des personnes, discriminer et isoler quelqu'un et quelquefois, ghettoïser certains groupes. L'étiquette et le mode d'emploi prennent le dessus sur la réalité de la personne qui est en face de nous et remplissent alors une autre fonction, celle d'ostraciser des personnes ou de réduire à quelques généralités la richesse de quelqu'un.

De nouveaux étudiants, de nouvelles étudiantes arriveront bientôt en nos murs. Nous en verrons de toutes sortes et de toutes les couleurs : des «nerds», des «yos», des «punks», des «p.m.d.», des «métrosexuels»… Que voilà une belle occasion d'élargir notre champ de connaissances et de vérifier l'utilité de nos étiquettes et surtout de mettre en valeur notre flexibilité et notre ouverture. Saurons-nous dépasser l'étiquette et partir à la découverte de tout ce beau monde?

Que l'amour triomphe!

Psychologue invitée : STÉPHANIE LALANNE

Vous souvenez-vous où vous étiez le 11 septembre 2001 quand vous avez appris la catastrophe du World Trade Center? Il y a fort à parier que oui. Toutes les personnes à qui je l'ai demandé s'en souviennent avec précision. Ce moment est gravé dans leur mémoire, dans leur esprit, dans leur corps. Toutes se rappellent leur réaction viscérale, le choc devant l'incroyable, l'incompréhensible, l'inacceptable. Toutes se sont senties dépassées, démunies, écrasées par l'ampleur de la tragédie.

« On veut pas le savoir, on veut le voir » (Deschamps)

«C'est pas possible, il y a une erreur, c'est pour un film…», ont dit certains. Rivés à leur téléviseur pendant des heures, hypnotisés par ces images, souhaitant une autre finale à l'histoire, ils ont cherché la vérité… et l'espoir. Au premier avion qui percutait l'une des deux tours, ils pouvaient encore croire à un accident. Comme ils le souhaitaient! Quelques minutes plus tard, le deuxième avion leur enlevait toute illusion. Comment était-ce possible? Pourquoi? Qui avait fait ça? Pourquoi à nous?

Les analystes politiques ont parlé du «géant aux pieds d'argile» : la superpuissance américaine pouvait s'écrouler sans avoir vu venir l'ennemi. Un ennemi tellement résolu qu'il était prêt à mourir pour ses convictions. Abattement, sentiment d'injustice – qu'avons-nous fait pour mériter ça? – impuissance.

Certains Américains, sans doute plus conscients, se sont demandé ce qui avait pu susciter une telle haine. Leur attitude y était-elle pour quelque chose? «Aurions-nous pu éviter un tel malheur en étant moins arrogants?» Une ouverture à leur propre responsabilité dans l'enjeu d'un tel drame.

Entre l'amour et la haine

Bien sûr, sous un tel choc, il est bien humain d'être anxieux et même angoissé. La menace rôde et on ne sait comment s'en protéger. Cette anxiété, toutefois, peut se manifester de différentes façons : on peut se mettre à avoir peur de tout et de tous, se refermer, devenir plus ou moins «parano» parce qu'on craint de devenir victime sans l'avoir mérité; on peut aussi avoir envie de se rapprocher des gens qu'on aime, de leur démontrer notre affection, de goûter pleinement cette chance extraordinaire d'être aimé de ceux qu'on aime. Aimant et aimé. Pendant qu'on est vivant.

Frappée de plein fouet, la population de New York nous a offert un grand message de solidarité. Blessées dans leur cœur et dans leur âme d'avoir tant perdu, ces personnes ont su trouver en elles-mêmes d'immenses réserves de générosité, de compassion et d'amour. Croire en la vie, plus forte que tout. Survivre, d'abord au deuil. Puis, peu à peu, revivre. Autrement. Plus enraciné, plus engagé.

En fin de vie, que reste-t-il?

Ce qui m'a le plus touché, c'est la force de l'amour. D'abord, l'humanisme pour ses semblables. N'êtes-vous pas ému en songeant aux quelques hommes qui, dans le quatrième avion, ont réussi à mater les terroristes et à détourner l'avion vers une zone moins habitée? Ils savaient qu'ils allaient mourir et ils ont eu ce courage d'utiliser leurs dernières énergies à lutter pour que le moins de gens possible soit fauché. Chapeau!

Et puis, l'amour pour ses proches. Des hommes, des femmes, sachant que la mort était là, tout près, ont eu l'élan de livrer leurs dernières paroles, par téléphone, à leur femme, à leur mari, à leurs enfants, pour leur dire, dans ce moment ultime : Darling, I want to tell you how much I love you. L'héroïsme, pour moi, c'est ça : répondre à la haine, à la peur, à la mort, par l'amour. Faire triompher l'amour.

Au bout de leur vie écourtée, ces êtres ont été accompagnés, jusqu'à la fin, par la présence indélébile de visages aimés. Je me console, un tout petit peu, en pensant que ces hommes et ces femmes ne sont pas morts seuls.

Quel monde merveilleux?

Psychologue invitée : Marie-Claude Poirier

«Moi, je ne veux pas avoir des enfants dans un monde aussi malade! L'être humain est de plus en plus individualiste et égocentrique. Les valeurs de partage et d'entraide perdent leur place pour des valeurs matérialistes. Chacun pour soi, pourvu que je sois meilleur que toi! On est coincé dans une image de ce que l'on croit être l'idéal, plutôt que d'être vrai. On devient ce qui est souhaité plutôt que d'être ce que l'on souhaite. L'important, c'est de sauver sa peau, faire de l'argent, devenir puissant peu importe les dommages qui seront causés.»

Est-ce que ce discours vous est familier? Peut-être l'avez-vous déjà entendu? Peut-être en étiez-vous l'auteur? L'être humain est-il si égoïste, si malade? En regardant les nouvelles relatant toute la souffrance et la violence, je suis tentée de croire, moi aussi, que notre monde est rempli de haine, de mépris et d'absence de sens. Cependant, quelque chose en moi m'empêche de me résoudre à cette idée. Ça ne peut être ça, la vérité!

Ombre

Il est difficile de nier le côté obscur de l'humain. On n'a qu'à penser au génocide au Rwanda, à la guerre en Afghanistan, à Columbine, aux attentats du 11 septembre. Plus près de nous, il y a eu la tuerie du collège Dawson, la saga Norbourg, le scandale des commandites… je pourrais poursuivre pendant des pages. Les tueries, les fraudes, les crimes et les actes terroristes se multiplient. Comment expliquer toute cette noirceur? Certaines réflexions peuvent éclairer cette question…

Il semble que l'être humain soit fait entre autres de pulsions : de vengeance, de sexe, de rage, de désir, etc. On préfère souvent fermer les yeux sur ces dernières, car elles peuvent être dérangeantes. Toutefois, elles sont souvent plus dangereuses inconscientes que conscientes. On n'a pas de pouvoir sur ce que l'on ressent, mais on peut choisir ce qu'on fait avec.

De plus, il semble que l'humanité porte une souffrance à l'état brut. Chaque être a une histoire blessée qui continue de se manifester dans le présent. Cette blessure provient de tous les manquements d'empathie et de tous les messages explicites ou implicites du non-droit à l'existence tel que je suis. Ce parcours crée des zones sensibles qui risquent d'influencer notre présence à l'autre et à la collectivité.

Lumière

Au moment où je me résous à l'idée que l'être est égoïste, des histoires me reviennent à l'esprit…

Marie-Louise a 17 ans et elle perd subitement sa mère à la suite d'un accident de voiture. Cette dernière laisse dans le deuil 5 enfants de 4 à 17 ans. Touchés par cette épreuve, les gens du village se relayent pendant des semaines et viennent porter des repas chauds sur le balcon de la famille érpouvée.

Mathieu remarque que personne n'aime Nicolas. Les gens le trouvent critique et désagréable. Il décide de s'approcher de lui en se disant que derrière sa façade, se cache de la beauté. Il engage la discussion avec lui, lui demande comment il va, l'invite à des activités, lui présente ses amis, etc. Au début, il reçoit des attaques de Nicolas, des remarques désagréables, mais il persévère. Aujourd'hui, Nicolas n'est plus le même homme. Il est devenu lumineux et il a des amis. Il sera toujours reconnaissant envers Mathieu d'avoir vu du beau en lui au moment où il se trouvait si laid et repoussait tout le monde.

Je suis certaine que si vous fouillez dans votre mémoire, vous avez de ces histoires d'amour, de ces actes de bonté. Prenez le temps d'y penser et vous serez forcés d'admettre que l'amour est bien là, parmi nous. L'être humain est aussi beauté, compassion et grandeur.

Et pourquoi pas les deux…

Pour moi, l'humain est à la fois grand et petit… merveilleux et blessé. Je dois toutefois me confesser, j'ai tendance à vouloir voir sa beauté. Qui sait, nommer le beau chez une personne pourrait peut-être avoir l'effet de l'amplifier. L'histoire de Mathieu et Nicolas en est un bon exemple. Toutefois, le véritable défi est de reconnaître la personne dans sa lumière… et de l'aimer dans son ombre!

Quelques vérités sur le mensonge

Psychologue invitée : Johanne Bernatchez

La vérité peut être une affaire très subjective. Devant un évènement, plusieurs perceptions d'une même réalité peuvent être évoquées, sans que la vérité ne soit entachée, parce que les témoins, dans ce cas-là, sont généralement de bonne foi et sincères. Mais il arrive que la vérité soit maltraitée. Lorsqu'il y a une intention consciente de biaiser les faits, de modifier la réalité pour arriver à des fins plus ou moins louables. En cette fin d'année, moment toujours propice au bilan et à la réflexion, arrêtons-nous un peu sur notre rapport à la vérité et, surtout, à son antithèse : le mensonge.

Bleu...

D'abord, il y a le mensonge bleu. Bleu ciel. C'est un mensonge qu'on dit pour faire du bien. Il se veut bien intentionné et est plutôt innocent. On le commet sans trop de culpabilité, parfois allègrement. À la personne qui découvre la vérité, un peu plus tard, il ne fait généralement pas de mal. On le pardonne aisément.

Il se veut parfois ludique. Levez la main, celles et ceux qui n'ont jamais parlé du Père Noël à un jeune enfant! Pour un enfant, le gros personnage rubicond a quelque chose de bon et de bienveillant. Lorsqu'en grandissant, l'enfant finit par découvrir la vérité, sa déception est souvent éphémère. Il lui reste, dans certains cas, une impression de magie en cette période de l'année. L'innocuité de cette fausseté est telle que la majorité des adultes perpétuent la légende!

Le mensonge bleu se veut aussi flatteur à ses heures. Chez l'adulte, il est alors pardonnable aussi car, en vérité, il se produit dans une complicité tacite des interlocuteurs. La parole est commise par l'un, mais l'autre, complaisamment, choisit d'y croire, ou du moins de fermer les yeux… «Oui, la petite blonde est assez jolie, mais je préfère les brunes comme toi.» Ah! Bleu, bleu, l'amour est bleu lui aussi.

Blanc…

Il y a aussi le mensonge blanc. Celui que l'on commet pour protéger, pour éviter de blesser, ou encore, par manque de courage : «Je n'ai pas osé lui dire… Il le saura bien assez vite.» Dans ce dernier cas, on cherche davantage à se préserver plutôt qu'à ménager l'autre. On cherche à s'éviter d'affronter la réaction de l'autre…

Généralement, le mensonge blanc blesse quand on le découvre. Il est plutôt nuisible et souvent inutile, car la vérité qu'il cherche à cacher fera mal de toute façon quand celle-ci sera dévoilée. Il blesse plus profondément aussi. Il transmet indirectement à l'autre la piètre opinion qu'on a sur ses capacités à affronter la vérité. Le mensonge blanc peut également malmener la qualité d'une relation. Il engendre déception et ébranle la confiance qu'on avait envers l'autre : «Pourquoi ne me l'as-tu pas dit? J'aurais préféré savoir la vérité tout de suite. Me caches-tu autre chose?» Il peut heureusement être pardonné, car, malgré tous les dommages qu'il peut causer, son intention n'est, au fond, pas si malveillante.

Rouge…

Et il y a le mensonge rouge. Rouge danger. Celui fait par duplicité, par égoïsme ou par méchanceté pure. Il blesse à tout coup. Profondément, dans l'intégrité d'une personne. Il démolit des relations. La perte de confiance est quasi irréversible : «Je ne sais pas si je pourrai te faire confiance à nouveau.» Il a des odeurs de trahison. Il peut ronger de remords celui qui l'a commis. Il finit toujours par rattraper celui qui le commet sans scrupules. Malheur à celui qui, pour s'en sortir, utilise à nouveau le mensonge, car il se retrouvera enlisé davantage dans la fausseté au point de ne plus savoir distinguer le vrai du faux. Il est extrêmement difficile à rattraper. Parfois, miraculeusement, avec une dose massive d'honnêteté, de vérité et de courage…

L'adage dit : faute avouée à demi pardonnée. Dire la vérité? Oui, le plus souvent. Surtout à considérer le peu d'avantages que le mensonge comporte, même avec les intentions les plus généreuses et les plus honorables. Prendre le temps de réfléchir à comment et quand dire la vérité fera probablement toute la différence.

Mais le mensonge le plus cramoisi de tous, celui qui provient d'une faiblesse momentanée de l'être, celui dénotant d'une telle complaisance envers soi-même qu'il correspond ni plus ni moins à une stagnation chez un individu, à un refus d'évoluer : le mensonge qu'on se fait à soi-même. Heureusement, l'issue est en nous.

Salut beauté!

Psychologue invité : GRÉGOIRE LEBEL

Par un joyeux après-midi de printemps où le soleil me frappait le visage à travers la fenêtre, une soudaine sensation de bien-être m'a envahi. J'ai tourné la tête vers l'horizon pour admirer le paysage offert, habillé de ses couleurs renaissantes, presque arrogant avec son mont Orford proéminent. Ces simples mots se sont échappés de ma bouche : «C'est beau!» Après quelques secondes de contemplation, curieux, inspiré et bien de mon temps, j'ai tapé le motbeauté dans Google. Je voulais en savoir plus sur ce savoureux sentiment que je venais d'éprouver. Brusquement tiré de ma rêverie, j'ai regardé défiler les sites de crèmes antirides, de soins pour le corps et de salons de bronzage. Étonné, je ne reconnaissais pas dans ces cosmétiques et ce soleil artificiel la beauté par laquelle je venais d'être touché. J'avais ressenti avec certitude l'existence d'une beauté autre que celle des magazines de mode.

Le laid avant le beau?

Freud avançait que le malheur est bien moins difficile à vivre que les sentiments élevés. Cette affirmation laisse supposer qu'il est plus facile pour l'être humain d'être malheureux qu'heureux. Pessimiste me direz-vous? Peut-être. Néanmoins, j'ai remarqué que plusieurs exemples de mon quotidien, tel le contenu de mon bulletin de nouvelles, appuyaient avec virulence cette hypothèse. Puis, juste à côté, j'ai constaté la publicité qui travaillait d'arrache-pied pour m'offrir des modèles de beauté et de bonheur artificiels qui tentaient de m'inculquer l'idée que je n'étais qu'à une voiture, à une crème ou à un shampoing du bonheur. Je n'y croyais pas. J'avais ressenti autre chose, quelque chose de plus grand, de plus rassasiant. C'est alors que je suis tombé sur le dernier livre d'Eric-Emmanuel Schmitt,Ma vie avec Mozart. Au fil des pages, l'auteur partageait son salut par la beauté à travers la musique de Mozart. Je sentais que je m'approchais, que son idée de la beauté balisait mon sentiment. En fait, en lisant les mots qu'il avait choisis pour décrire son état, je revisitais le mien. C'était beau. C'était touchant. C'était vrai. Vrai comme dans humain. Vrai comme dans sensible. Vrai comme un enfant. Un enfant! Voilà une bonne idée! Retrouver en moi l'enfant instinctif et impulsif capable de s'émerveiller.

Concrète réalité

«Retrouver l'enfant, c'est quétaine. Pis ta montagne, c'est juste une montagne après tout, pourquoi tu t'énerves?» Mon ami Marc. J'avais pensé le consulter pour me donner un petit coup de pouce dans ma quête. Visiblement, il n'était pas sur la même longueur d'onde que moi! Dommage. Il me faisait néanmoins réaliser que la beauté pouvait être partout, là, devant moi, et que je pouvais ne pas la voir. Qu'est-ce qui me la cachait parfois? Possiblement ma pensée pratique, pragmatique, organisée, qui me dépeignait un monde scientifiquement expliqué sans magie et sans surprise. Sinon mes distractions ponctuelles, mes préoccupations, mes responsabilités, qui m'amenaient à vivre dans un univers parallèle peuplé de planification et de résolution de problèmes abstraits. Parfois ma fatigue ou mon stress, qui anéantissaient ma capacité à être disponible, simplement. Bref, je comprenais que pour être touché par la beauté, il me fallait être présent, ici, maintenant, en contact avec la vraie réalité. Pas celle de mes pensées ou celle de mes angoisses. Celle du mont Orford qui s'érige au milieu d'une marée de verts ondoyants, des rayons du soleil qui cherchent et réchauffent mon visage. Celle qui me permet de me sentir vivant au milieu d'une humanité en quête de sens, qui dérape et glisse parfois vers l'artifice ou le matérialisme.

L'art et la nature

La nature m'apparaissait donc comme une excellente porte d'accès vers mon contact privilégié avec la beauté. Également ce livre qui m'avait permis d'y goûter à nouveau. J'ai compris alors l'essence du travail des artistes : remâcher, ressasser, revisiter cette réalité grandiose et nous la rendre à travers leurs lunettes originales, sensibles et humaines. Je pouvais donc me brancher sur la beauté par le biais de différentes sources telles que la peinture, la musique ou la littérature. Quel bonheur! Et en bon être humain incarné, je vous dirais que pour vivre le bonheur, il faut vivre une bonne heure à la fois. Êtes-vous disponible maintenant? Sur ce, je vous souhaite un bel été!

Trop de modèles ou des modèles trop...?

DANNY ROCHEFORT

Dans mon service, on a récemment dû se positionner face à une question particulière. Voici le portrait rapide de la situation. Dans la salle où les clientes et clients attendent pour rencontrer leur psy, des âmes charitables ont déposé des magazines afin d'agrémenter le moment de patience. Initiative bienveillante jusqu'à ce qu'une collègue remarque que dans certaines de ces revues, les valeurs véhiculées contrastent avec le travail que nous faisons auprès de notre clientèle. Permettez-vous de rire un brin du méli-mélo : avant d'aller faire un travail pour mieux s'accepter, les clientes et clients avaient la chance de se comparer à des images corporelles contrefaites et de se faire offrir des chirurgies esthétiques. Si la problématique trouve rapidement une réponse dans un service de psychologie et d'orientation, elle ne demeure pas moins pertinente à élargir.

La réussite… une affaire de trucage?

Avez-vous vu le clip vidéo de la marque de savon Dove où on assiste à la construction d'une image publicitaire à partir de la banale réalité? Le détour en vaut la peine (www.campaignforrealbeauty.ca). On y démontre en accéléré les nombreuses manipulations qui permettent à l'image d'une mannequin de rencontrer les exigences de la publicité contemporaine. Il est pertinent de se demander si la beauté naturelle est devenue insuffisante pour nos sens qui sont constamment titillés par des recettes toujours plus aguichantes.

Parallèlement à cette course sur le thème de l'apparence physique, on développe continuellement de nouveaux moyens plus ou moins légaux et sains pour rehausser les performances. Je fais référence entre autres aux régimes draconiens, aux entraînements violents et au dopage. On se demande après s'il est envisageable pour quelqu'un qui a une vie équilibrée de vivre une réussite médiatisée.

Publicités trompeuses

Les innombrables écrans qui tapissent nos vies nous présentent des prouesses en perpétuel dépassement. Notons au passage une définition du mot «écran» selon le Petit Larousse : «Dispositif qui arrête, […]tout objet qui empêche de voir.» Y aurait-il un risque de s'aveugler de la réalité au contact de tous ces extrêmes? À force de voir et revoir ces modèles de moins en moins réalistes, notre conception de la réussite ne peut qu'en être tordue.

À en croire les analystes, le nombre de chirurgies esthétiques augmente chaque année. Le développement de la consommation de produits dopants suivrait une courbe exponentielle. On proposerait désormais des antidépresseurs pour éliminer les baisses de productivité dues au SPM. Certains consommeraient du Red-Bull (une boisson contenant des agents psychotropes énergisants) avant les parties dans le hockey mineur.

Trêve d'énumérations de ce genre, posons des questions : Peut-on avoir besoin de sommeil par moments? ne pas toujours être à son meilleur? être moins concentré à l'occasion? Bref, peut-on être imparfait sans se sentir atteint d'une pathologie? Et lorsqu'on a besoin d'une pause, peut-on apprendre à respecter ses limites sans se sentir en échec?

Ne suivons pas la parade, soyons leaders!

Difficile d'écarter toutes ces images qui nous attirent tant, mais soyons francs : la réalité se trouve ailleurs. Les rides, la fatigue, la cellulite, les remises en question, le doute, les vergetures, la variation de la confiance en soi et les maux divers sont des phénomènes normaux. Gober le produit en vogue n'est probablement pas le meilleur soin à se donner. Vous avez des maux de tête et vous êtes fatigué, pourquoi ne pas prendre de l'air et du sommeil plutôt qu'un comprimé et du café?

Plutôt que de rechercher des moyens palliatifs en centrant son attention sur les exigences sociales et les standards perçus, pourquoi ne pas investir en soi? Après tout, les modes changent alors qu'on demeure la même personne. Tolérons une part d'inconfort à ne pas répondre au modèle si fortement véhiculé. Osons vivre des expériences nouvelles afin d'apprendre à répondre à nos besoins, à explorer nos goûts et à développer nos talents.

Troquons une séance de télévision pour une activité de peinture, de frisbee, de marche en forêt ou de méditation sous la neige!