Authenticité

Être soi-même

Cette histoire est fictive, mais s’inspire de faits vécus…

Jusqu’à récemment, je croyais que pour me faire des amis et être respecté d’eux, je devais éviter de déplaire et plutôt m’ajuster au style et aux attentes des autres. J’avais des amis, mais je n’avais pas l’impression de compter réellement pour eux. Le plus souvent, c’est moi qui organisais les activités que l’on faisait ensemble. De plus, je me faisais facilement des copines, mais ça ne durait pas. Elles me disaient qu’elles n’avaient rien à me reprocher, mais que ça n’allait pas. Il y en a même une qui m’avait dit que j’étais trop gentil! On ne me détestait pas, mais on ne recherchait pas ma compagnie non plus. J’avais même parfois l’impression qu’on ne me voyait pas, que je n’existais pas aux yeux des autres! Moi qui souhaitais vivre des amitiés riches et vraies, je me retrouvais avec des relations interpersonnelles ternes et insatisfaisantes. Au bout de quelques années de déceptions, j’ai fini par m’écoeurer. Je me suis dit alors que ça ne servait à rien de tant en faire pour les autres, puisqu’au bout du compte, je n’étais pas plus apprécié. J’ai donc commencé à me considérer d’abord plutôt que de faire passer les autres en premier. Je me demandais plus souvent si les activités qui se présentaient à moi me tentaient vraiment ou si c’était pour plaire ou encore par crainte de décevoir que j’acceptais. Je me suis mis en quelque sorte à la découverte de moi-même : mes points forts et mes limites, mes intérêts, mais aussi ce que j’aime et n’aime pas. Puis, je me suis mis à agir davantage selon qui j’étais vraiment. Au début, j’avais peur de déplaire et d’être rejeté par les amis que j’avais. Pourtant, rien de cela ne se passait. Quand je disais non à quelque chose, on ne m’en tenait pas rigueur. Mais c’est quand j’ai commencé à parler davantage de certains de mes intérêts particuliers que j’ai senti qu’on s’intéressait plus à moi. On m’invitait davantage, on venait vers moi. Cela m’a fait réalisé qu’auparavant, dans ma façon d’être avec eux, ils ne retrouvaient en moi que le pâle reflet de ce qu’ils étaient au lieu de découvrir une personne distincte. Comment pouvaient-ils s’intéresser à moi et avoir le goût de créer un lien s’ils n’avaient aucune idée du gars que j’étais! Depuis, je vis avec les autres des relations vraies, parce que tout simplement, je suis vrai avec les autres.

Johanne Bernatchez, psychologue
819 821-7666