Alcool

Toutes les raisons sont bonnes pour prendre un coup…

Le récit que vous allez lire s’inspire de faits vécus. Qui sait? Peut-être vous y reconnaîtrez-vous?

Salut, J’aimerais vous faire part d’une prise de conscience que j’ai eue, il n’y a pas si longtemps.

Quand j’ai quitté la maison familiale pour mes études collégiales puis universitaires, j’ai découvert une nouvelle liberté enivrante. Le mot n’est pas trop fort, car à partir de ce moment, des partys, j’en ai connu. J’avais déjà eu des occasions de boire de l’alcool chez mes parents, mais maintenant, je ne faisais plus les choses à moitié.

Toute raison était bonne pour prendre un coup. Il m’est même arrivé quelques fois de ne plus me souvenir de ce que j’avais fait la veille. Au début de ma troisième année d’université, je me suis senti blasé par ma vie sociale : mes sorties suivaient toujours le même scénario, avec les mêmes acteurs. Je commençais à avoir le goût de quelque chose de différent de ce côté. Je souhaitais aussi plus de stabilité dans ma vie amoureuse. De plus, je réalisais que j’accéderais au marché du travail sous peu et que là ce serait du sérieux si je voulais faire quelque chose de ma vie. J’ai donc décidé de modifier mes habitudes de consommation d’alcool.

J’ai réalisé avec surprise qu’il m’était plus difficile que je ne le croyais de moins boire. La crainte d’être devenu dépendant de l’alcool m’a motivé à me prendre en charge à ce niveau. Je me suis d’abord donné comme objectif de ne pas absorber une goutte d’alcool pendant deux semaines. Pour m’aider, j’ai changé momentanément mes sorties : j’allais soit au cinéma, soit prendre une marche. Mes amis passaient des commentaires mais ce que je réglais dans ma vie me semblait plus important que leurs moqueries. Puis, j’ai recommencé à fréquenter mes endroits habituels, mais en décidant d’avance la quantité que je consommerais. J’apportais juste l’argent nécessaire et je gardais à l’esprit mon objectif de la soirée.

Ce que j’appréhendais le plus était de ne plus avoir autant de plaisir lors de mes sorties. Je me suis aperçu qu’il n’en était rien, au contraire. Je revenais de mes soirées avec beaucoup de satisfaction: j’étais content de moi, j’avais eu du plaisir, et je m’en souvenais clairement le lendemain matin! Un peu plus tard, au cours d’un party, une amie m’a dit qu’elle et d’autres copines avaient remarqué favorablement le changement chez moi. Elle m’a aussi confié que certaines filles s’étaient déjà intéressées à moi mais que mes comportements de fêtard les avaient finalement éloignées.

Depuis que j‘ai changé ma façon de boire, quelques copains se sont distancés de moi mais je ne ressens pas vraiment de pertes. J’ai tellement l’impression d’avoir gagné plus en me prenant en main face à l’alcool.

Johanne Bernatchez, psychologue
Service de psychologie et d’orientation
819 821-7660