Sylvain Giroux

Professeur titulaire

Directeur et co-fondateur du laboratoire Domus

Coordonnées

Formation

  • Ph. D. Informatique, Université de Montréal, Canada (1993)
  • M. Sc. Informatique, Université de Sherbrooke, Canada (1990)
  • D.E.A. Langages, algorithmes et programmation, Université Paris 6, France (1988)

Expertise

  • Assistance cognitive, télévigilance et suivi médical pour les personnes ayant des déficits cognitifs.
  • Habitats intelligents. Information géo-référencée. Réseaux de capteurs.
  • Informatique diffuse. Informatique mobile. Systèmes multi-agents. Autonomic computing.
  • Reconnaissance d'activités. Personnalisation. Sensibilité au contexte.
  • Interfaces tangibles.
  • Travail collaboratif.

Biographie

Sylvain Giroux est professeur titulaire au Département d'informatique de l'Université de Sherbrooke. Il a obtenu un doctorat en informatique de l'Université de Montréal en 1993. Depuis, il a travaillé sur de nombreux projets interdisciplinaires de R&D, notamment au Canada, en France et en Italie. Ses projets présentent une grande variété de contextes et de domaines d’application dont la formation à distance, la géophysique, le commerce électronique, la télémédecine, le système d'aide à la tâche et l’assistance cognitive. Son expérience professionnelle montre un bel équilibre entre le monde académique et l'entreprise privée.

 Ses domaines de recherche principaux sont les habitats intelligents, l'assistance cognitive, les systèmes multi-agents, les interfaces tangibles et la modélisation des usagers. Il a participé à de nombreux projets ayant menés à des orthèses cognitives pour les personnes ayant des déficits cognitifs et/ou leurs aidants : rappel d'activités, épicerie, gestion de budgets, errance nocturne, etc.

Sylvain Giroux a cofondé le laboratoire de DOmotique et d’informatique Mobile de l’Université de Sherbrooke (DOMUS) en 2002. Il y assure depuis le poste de direction. Les recherches au laboratoire DOMUS se concentrent sur les habitats intelligents pour les personnes ayant des déficits cognitifs. DOMUS regroupe une équipe interdisciplinaire d’une vingtaine de chercheurs couvrant l’informatique, le génie, l’ergothérapie, la neuropsychologie, la psychiatrie, la psychoéducation, la psychologie, le design industriel et l’administration. DOMUS a mis sur pied un maillage au niveau international, national, et régional à travers des collaborations, des projets de recherches conjoints et des contrats de recherche avec des universités et des centres de recherche (e.g. Telecom Bretagne (France), Université de Montréal, UQAC, Institut universitaire de gériatrie de Montréal, Centre de recherche sur le vieillissement, AGE-WELL), le milieu clinique et de la santé (e.g. Centre de Réadaptation-Estrie, Résidence de l'Estrie) et des industries (e.g. Orange, Ericsson, Rogers, Sermax Automatisation). DOMUS présente une infrastructure de recherche unique regroupant un appartement intelligent de 4½ pièces à la fine pointe de la technologie qui se situe sur le campus de l’Université de Sherbrooke ainsi qu’un laboratoire vivant à l’extérieur du campus, soit une résidence qui héberge 10 personnes ayant subi des traumatismes crâniens sévères, qui a été complètement équipée avec des capteurs et effecteurs.

Programme de recherche

Les déficits cognitifs ont des coûts humains, sociaux et économiques élevés. Les personnes ayant subi un traumatisme cranio-cérébral (TCC) et les personnes Alzheimer savent combien les déficits cognitifs peuvent bouleverser une vie. De leur côté, leurs aidants sont continuellement confrontés à l'épuisement devant la lourdeur de la tâche et la rareté des ressources. Aussi actuellement faute de systèmes d'assistance cognitive et de supervision, ces personnes doivent trop souvent quitter leur domicile pour vivre en institution. Les technologies d'assistance cognitive sont faisables, pertinentes et efficaces. Par exemple, il a été démontré que l'usage des technologies dans leur vie quotidienne par les personnes Alzheimer retarde leur institutionnalisation de 8 mois en moyenne, tout en améliorant leur bonheur, leur autonomie, leurs contacts sociaux et leur sécurité.

Ce programme de recherche développera des assistants cognitifs dans un but de réhabilitation et/ou de compensation pour les personnes ayant des déficits cognitifs, e.g. TCC et Alzheimer. Ces assistants seront déployés dans des habitats équipés de nombreux capteurs (cuisinière intelligente, montre intelligente, détecteur de mouvements, débitmètre, microphone, RFID...) et effecteurs (écran tactile, éclairage, haut-parleur...). La préparation de repas sera l'activité principale qui sera assistée, tant au niveau de la réalisation (choix de la recette, planification, exécution et auto-vérification) que de la sécurité. Au plan informatique, plusieurs problèmes doivent être résolus. Tout d'abord, l'assistant construit et fait évoluer un plan personnalisé d'intervention cognitive. Pour cela, il choisit et structure les outils et les stratégies de réhabilitation et de compensation les mieux adaptés au contexte et à la personne en s'appuyant sur les meilleures pratiques d'assistance fondée sur des données probantes. Ce plan permet d'identifier et d'anticiper les situations potentiellement problématiques et de décider de l'assistance à donner concrètement. Une intervention est ensuite concrétisée par la transformation de séquences d'actes d'assistance en interfaces-usagers réparties dans l'habitat de la personne assistée pour entretenir avec elle un dialogue continu et cohérent. Pour décider et agir, l'assistant interroge et raisonne sur le contexte (profil cognitif et préférences de l'usager, localisation, capteurs et effecteurs disponibles, état des capteurs...) à l'aide d'ontologies. La reconnaissance d'activités et la reconnaissance des émotions produisent des connaissance de haut niveau à partir des données recueillies par les capteurs. Finalement l'assistance à la préparation de repas ne vient pas seule. Il faut faire l'épicerie, s'assurer de l'adoption de comportements sécuritaires… donnant ainsi lieu à autant d'assistants cognitifs qui doivent se coordonner pour interagir avec le résident.

Publications

Laboratoire interdisciplinaire DOMUS: Les recherches y portent sur les habitats intelligents pour les personnes ayant des déficits cognitifs. Les clientèles couvertes sont les traumatismes crâniens (TCC), la démence, la déficience intellectuelle ou la schizophrénie. Depuis 2005, DOMUS dispose sur le campus principal de l’UdeS d’un appartement intelligent de 4½ pièces à la fine pointe de la technologie. Des recherches sont aussi menées à l'extérieur du campus, e.g. une résidence pour TCC, des résidences pour personnes âgées, ou encore des appartements individuels.

  • S. Giroux et H. Pigot, Smart Homes for People Suffering from Cognitive Disorders, in G. Calvary et al., Computer Science and Ambient Intelligence, Wiley-ISTE, 2012, pp. 225-262.

Laboratoire vivant: Grâce à une subvention de $1.1 M, j'ai mis sur pied en 2012 un laboratoire vivant dans la résidence alternative La Conquête. Cette résidence, qui héberge 10 personnes ayant subi des traumatismes crâniens, a été complètement équipée en capteurs et effecteurs.

  • M. Levasseur, H. Pigot, M. Couture, N. Bier, B. Swaine, P.-Y. Therriault and S. Giroux, Identifying participation needs of people with acquired brain injury in the development of a collective community smart home, Disability and Rehabilitation: Assistive Technology, 2015 Mar 31:1-9
  • S. Giroux, et al., Cognitive Assistance to Meal Preparation: Design, Implementation, and Assessment in a Living Lab, AAAI 2015 Spring Workshop Symposium, Ambient Intelligence for Health and Cognitive Enhancement, March 23-25, 2015, California USA

Orthèses cognitives : Sylvain Giroux a participé à de nombreux projets ayant menés à des orthèses cognitives pour les personnes ayant des déficits cognitifs et/ou leurs aidants : rappel d'activités, épicerie, gestion de budgets, errance nocturne etc. Parmi les activités quotidiennes visées, la préparation de repas a occupé une place de choix avec la création de trois orthèses qui ont démontré un grand potentiel : Archipel (assistance en mode pas-à-pas, clientèle : déficience intellectuelle), SemAssist (assistant au niveau de la mémoire sémantique, clientèle : démence sémantique) et MyHelper (assistance au niveau de la métacognition, clientèle : traumatismes crâniens). Ces orthèses ont toutes été validées par des études sur le terrain.

  • H. Imbeault, et al., Electronic organiser and Alzheimer's disease: Fact or fiction?, Neuropsychological Rehabilitation, 24(1), 2014, 71-100
  • F. Arab, et al., Design and assessment of enabling environments for cooking activities, Workshop on Smart Technology for Cooking and Eating Activities, CEA2014, Seattle, WA, US, Sept. 14, 2014.
  • J. Sablier, et al. Ecological Assessments of Activities of Daily Living and Personal Experiences with Mobus, An Assistive technology for Cognition: a pilot Study in Schizophrenia. Assistive Technology. Taylor & Francis, 2012 Summer, vol. 24, no. 2, pp. 67-77.
  • N. Bier, et al. Cooking “Shrimp à la Créole”: A pilot study of an ecological rehabilitation in semantic dementia, Neuropsychological Rehabilitation, vol. 21, no 4, pp. 455-483.

Pour d'autres publications, veuillez consulter la page Expertus du professeur Giroux.