Outils pour la thèse

Compléter avec succès son doctorat demande de maîtriser de nombreuses compétences, de se déterminer un parcours de formation et de « s'équiper » pour le franchir dans les meilleures conditions possibles. Il faut entre autres :

  • savoir acquérir ou combiner des connaissances pour arriver à en produire de nouvelles;
  • savoir bien définir son projet, en reconnaître la nouveauté, en comprendre les implications et possibles retombées;
  • savoir bien planifier la réalisation de son projet, organiser son temps, obtenir l'aide et les conseils des personnes appropriées;
  • enfin, communiquer ses résultats en participant à des congrès, en échangeant avec le public, en rédigeant des articles, en demandant des brevets en plus de rédiger sa thèse.

Ces compétences peuvent certes être acquises au gré des expériences, c'est-à-dire « sur le tas ». Mais leur acquisition peut également être accélérée ou facilitée. Les activités du microprogramme visent à accélérer le mûrissement de la doctorante ou du doctorant, ce qui devrait accroître la probabilité de mener à bon port son projet de thèse en minimisant les erreurs tout en tirant le maximum d'apprentissage des inévitables détours.


Position compétitive pour l'emploi

Au cours des dernières années, le marché de l’emploi des diplômées et diplômés de doctorat a été témoin d'importantes transformations. Pour mieux préparer au marché du travail, la formation devra apporter certains ajustements qui ne sont pas liés à la composante « disciplinaire » à proprement parler, comme le laisse envisager les commentaires et observations suivantes :

  • une majorité des détenteurs de PhD trouvent désormais un emploi hors du milieu universitaire;
  • plusieurs employeurs se plaignent du manque de compétences et d’ouverture des jeunes chercheuses et chercheurs;
  • les universités exigent une largeur et une maturité scientifiques accrues;
  • les sociétés savantes recommandent que la formation doctorale prépare mieux aux différents métiers de chercheuse et de chercheur;
  • lors d'enquêtes, les doctorantes et les doctorants ont eux-même souligné des lacunes, notamment vis-à-vis de la préparation aux carrières, du démarrage du projet, de la rédaction scientifique, de la préparation à la valorisation du savoir.

Quelle que soit la carrière que vous comptez poursuivre, il faut savoir s'y préparer d'avance et acquérir des compétences et des attitudes qui permettront de se démarquer aux yeux des employeurs potentiels. Voici quelques exemples de compétences pertinentes qui peuvent êtres développées dans le cadre de nos formations :

  1. Connaître et comprendre le rôle de la propriété intellectuelle dans la relation recherche et économie.
  2. Être à même de rédiger un publication scientifique, de communiquer avec d'autres chercheurs ou avec la société.
  3. Arriver à intégrer une réflexion éthique à sa démarche de chercheur.
  4. Pouvoir gérer des projets de recherche ou des portefeuilles d'innovation.

Le microprogramme souhaite contribuer au développement des doctorantes et doctorants en les aidant à devenir des leaders dans leur milieu de travail.


Vision plus large de la profession

Si jadis on formait des PhD pour qu'ils puissent ensuite gonfler les rangs du corps professoral universitaire, c'est maintenant bel et bien une chose du passé. En effet, on estime que plus de 60% des détenteurs de PhD se construiront une carrière à l'extérieur de la « tour d'ivoire » qu'est le milieu académique universitaire.

Une multitude de carrières s'offre maintenant aux détenteurs de PhD. Cependant, un travail important reste à faire avec les doctorantes et les doctorants afin qu'ils puissent acquérir et développer une vision de l'éventail des possibilités comme le soutient Dr Peter Fiske (auteur, chroniqueur au site Science Careers) :

« The challenge for many young scientists is to understand how their skills and training translates into opportunities outside of the Ivory Tower. »

Face à cette diversité et au dynamisme du marché du travail actuel, le microprogramme invite les doctorantes et doctorants à prendre le contrôle de leur carrière. Les participantes et les participants de nos formations ont l'occasion d'améliorer leur connaissance de soi, d'explorer les possibilités de carrière et de connaître les attentes des employeurs. Ce sont là des éléments-clés à la base de la réussite d'un parcours professionnel.


Réseau de chercheurs et d'experts

Bien que l'on puisse avoir accès à beaucoup d'informations par le biais de sources écrites comme les livres, les articles scientifiques ou internet, les personnes constituent souvent des sources d'informations privilégiées.
Les réseaux sociaux sont un élément important de l'environnement de travail, car quelle que soit la carrière que l'on entreprenne, ils sont un excellent moyen d'avoir accès à des informations, des connaissances et des expertises. Cela s'applique entre autres à la recherche d'emploi, la veille scientifique ou  technologique et à la prise de contact avec des experts.

Selon Dr Peter Fiske (auteur, chroniqueur au site Science Career), les carrières scientifiques n'échappent pas à la règle :

« Keeping connected through networking is part of building and maintaining a professional career in any field, including research science. »

Les activités du microprogramme permettent de rencontrer des chercheuses et des chercheurs du milieu universitaire comme du milieu industriel ainsi que des expertes et experts dans divers domaines dont l'éthique, la propriété intellectuelle, la gestion de projet, la rédaction en langue anglaise et le marché de l'emploi.


Approche réflexive

Selon Philippe Perrenoud (Professeur, Laboratoire Innovation-Formation-Éducation à l'Université de Genève), une approche réflexive permet d'apprendre de ses actions :

« Le praticien réflexif se prend pour objet de sa réflexion, il réfléchit à sa propre manière d’agir, de façon à la fois critique et constructive. Critique, car il rompt avec la tentation de la justification et de l’autosatisfaction, pour mettre à distance, objectiver et comprendre. Constructive, car son but n’est pas de se flageller, mais d’apprendre de l’expérience, de construire des savoirs qui pourront être réinvestis dans les situations et les actions à venir. »

En intégrant la réflexion à l'action et en prenant du recul sur ses actions et mode de fonctionnement, la chercheuse ou le chercheur s'outille pour apprendre de ses expériences, se maintenir à jour et favoriser son amélioration.

Dans ses approches pédagogiques, le microprogramme incorpore de façon transversale cette dimension de la réflexivité. Il est essentiel que les doctorantes et les doctorants soient outillés pour apprendre le plus efficacement possible de leurs expériences personnelles du métier de chercheuse ou de chercheur. Cela permettra d'accélérer le mûrissement des jeunes chercheurs, mais également de produire des professionnels plus robustes qui pourront rapidement s'adapter à différents milieux.


Multidisciplinarité

Les années 1990 ont vu la reconnaissance d'un phénomène en émergence en lien avec la production des savoirs : le « mode 2 »! Ce mode correspond à une approche de la recherche qui est davantage à la frontière des disciplines, qui implique des acteurs variés et qui s'articule autour de problèmes donnés que par une discipline quelconque. La nouvelle génération de chercheuses et de chercheurs doit se préparer à l'approche multidisciplinaire ou même transdisciplinaire.

Le microprogramme permet de constituer un creuset multidisciplinaire d’une quinzaine de programmes pour décloisonner les disciplines, favoriser l’ouverture et pratiquer l’interdisciplinarité en multipliant des occasions de dialogue entre doctorantes et doctorants, chercheures et chercheurs ou expertes et experts d’autres disciplines.

Selon Dr Mark Green (directeur, Institute for Pure and Applied Mathematics, UCLA), la qualité clé est l'habilité de passer outre les frontières disciplinaires pour arriver à établir un véritable contact avec un collègue chercheur :

« If I had one piece of advice to give to young people interested in interdisciplinary work, it would be this: You don’t have to know everything. […] The crucial skill is dialogue. This involves humility […] and a willingness to meet your opposite number on their own turf. »

C'est précisément à cette ouverture à l'autre que le microprogramme souhaite prédisposer ses participantes et participants.