Projets subventionnés

Centre interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie – CRIDAQ

FRQSC - Regroupement stratégique, 2020-2027 

Chercheurs

Dominique Leydet, Koussens, David, et al. 

Résumé 

Actif depuis 2003, le Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie (CRIDAQ) s’intéresse de façon toute particulière à la gestion du plurinationalisme dans l’espace québécois et par extension dans l’espace canadien et international. Dans cette optique, nous croyons que le Québec gagne à faire partager son expérience en matière d’intégration et d’aménagement de la diversité aux états et nations (Pays basques, Catalogne, Galice, Wallonie, Flandre, écosse, Puerto Rico, les diverses régions d’Europe, etc.) confrontés aux mêmes défis, mais aussi gagne à apprendre et à s’inspirer des expériences internationales. De façon plus concrète, la problématique centrale met en lumière les tensions que la diversité idéologique, religieuse, sexuelle et culturelle fait subir au principe national comme mode d’organisation politique. En mettant l’accent sur les tensions qui existent entre le principe national et la reconnaissance de la diversité au niveau infra et supra/transnational, nous explorons la diversité nationale et surtout, nous la problématisons. Bref, toute la pertinence et l’originalité de la programmation de recherche du regroupement reposent sur son approche englobante et intégrante de la diversité.

Guide des bonnes pratiques en matière de gestion des différences culturelles et religieuses dans les établissements d'enseignement supérieur québécois

Ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Gouvernement du Québec, 2020-2021

Chercheurs

David Koussens, Bertrand Lavoie et David Koussens

Résumé 

Après avoir réalisé une centaine d’entrevues semi-directives dans dix-sept établissements collégiaux et universitaires, les cochercheurs avaient mis en lumière l’ambivalence et les hésitations des gestionnaires sur la nature des mesures à mettre en œuvre pour administrer la diversité religieuse au sein de leurs établissements. Dans un contexte social et juridique en constante évolution et qu’ils estiment par conséquent peu lisible, les gestionnaires affirment en effet avoir des difficultés à comprendre les obligations juridiques qui s’imposent à eux dans le contexte laïque québécois. Ils se trouvent alors souvent tiraillés, au moment de la prise de décision, entre le souci de s’accommoder aux demandes ponctuelles des étudiants relatives à l’expression de leurs convictions religieuses dans les établissements et celui de clarifier la marche à suivre, par l’adoption d’un cadre plus strict, quitte à ce que celui-ci soit plus limitatif de l’expression du religieux dans l’espace public.

En s’appuyant sur les résultats de cette première recherche et en collaboration avec les Cégeps et universités, le présent mandat vise à produire le « Guide des bonnes pratiques » clarifiant le cadre juridique laïque s’imposant à tout gestionnaire d’établissement supérieur à partir d’une série de mises en situation et de cas pratiques. Ce nouveau mandat confirme la pertinence des travaux que la Chaire mène sur la laïcité et l’importance de son rôle de conseil auprès des organismes publics.


La laïcité en pratique – Perspectives comparées

Mission investissements d’avenir, Programme initiative d’excellence de l’Université de Bordeaux 2016-2017

Chercheur

David Koussens

Résumé du projet

Ce financement a permis d’organiser à l’Université de Bordeaux un colloque international qui documente la polysémie du mot « laïcité » par une analyse comparée des contextes d’émergence des vocabulaires de la laïcité dans les démocraties libérales, des contenus attribués à la laïcité par ces vocabulaires, des acteurs sociaux et des logiques de réseaux qui les véhiculent. Il a permis un renforcement des collaborations de recherche entre la Chaire, mais également le Centre de recherche Société, Droit et religion de l’Université de Sherbrooke, avec le Laboratoire Cultures-Éducation-Sociétés (LACES EA 4140) de l’Université de Bordeaux.


L’expertise religieuse en droit de la famille

Chambre des notaires du Québec / Association du barreau canadien 2017-2018

Chercheur

David Koussens

Résumé du projet

Cette recherche analyse le poids de l’expertise en matière religieuse devant les tribunaux dans le contentieux du droit de la famille et l’arbitrage familial, afin de saisir les effets de l’analyse «objective» du religieux sur le droit. Ce faisant, elle permet de mieux éclairer la pratique des professionnels du droit, en leur permettant d’avoir un regard plus aisé sur les mandats donnés par les clients, comportant un aspect religieux, en lien avec les relations de mariage en tant que telles ou dans ce qui a trait au droit de la famille en général.  


Étudier le religieux au Québec. Regards d’ici et d’ailleurs

CRSH, subvention Connexion 2017-2018

Chercheur principal

David Koussens

Co-chercheurs

Catherine Foisy (UQAM), Jean-François Laniel (UQAM)

Résumé du projet

La religion est revenue au centre de l’actualité politique et au coeur des débats scientifiques. Qu’il s’agisse de la pluralisation ethnoreligieuse des sociétés, de la diversification des expressions du croire ou de la republicisation des religions et des églises, les raisons ne manquent plus d’étudier la religion en société. En cela, le Québec fait désormais figure de laboratoire pour l’analyse du religieux et des religions en modernité avancée : il connaît les enjeux et défis des sociétés contemporaines, il se trouve à la croisée de plusieurs aires géographiques et culturelles, il évolue en contexte multiculturel et plurinational. De plus en plus de recherches comparatives lui sont d’ailleurs consacrées et plusieurs ouvrages récents, publiés autant au Canada qu’à l’international, questionnent les nouvelles formes d’expression du religieux dans un Québec largement sécularisé, ainsi que leurs modalités d’encadrement, dans un État québécois en processus avancé de laïcisation. 

Ainsi assiste-t-on à un paradoxe : le regain d’intérêt pour la religion au Québec survient alors même que certains champs traditionnels, à l’instar de la théologie, paraissent menacés. Si le religieux contemporain bouleverse les frontières disciplinaires, il souligne également le besoin d’une compréhension scientifique globale. 

Dans ce contexte, la subvention obtenue a visé à l’organisation d’un important symposium dont le but était de dresser un bilan de ces travaux sur la religion au Québec - un tel exercice n’ayant pas été réalisé depuis plus de seize années. La subvention visait aussi à d’établir les propriétés particulières et universelles du phénomène religieux tel qu’il se présente au Québec, ainsi que favoriser des relations nouvelles, durables et synergiques entre chercheurs canadiens et internationaux.

Un ouvrage collectif est en préparation.


Où en sont nos sociétés en matière de gestion de la diversité culturelle et religieuse : 10 ans après la Commission Bouchard-Taylor

Subvention connexion, CRSH, 2017-2018

Équipe

Solange Lefebvre est chercheure principale. David Koussens et  Peter Beyer sont co-chercheurs.

Résumé du projet

Depuis 2007-2008, plusieurs chercheurs et citoyens issus de multiples sociétés ont intensivement débattu des enjeux, et l’événement planifié entend réunir plusieurs d’entre eux, alors qu’ils livreront les résultats de leurs réflexions les plus récents.  L’événement est traversé par trois problématiques interreliées : un examen des exercices publics de réflexion eux-mêmes, les théories récentes de la diversité et du pluralisme, la diversité et le pluralisme en contextes (Australie, Canada-Québec, France, Angleterre, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Europe en général, pays scandinaves).  Il est important de tenir de tels événements et de continuer à mobiliser les connaissances autour de ces enjeux clés pour améliorer le vivre ensemble de nos sociétés, soumis à rude épreuve depuis les années 2000.  Après l’anxiété collective suscitée par les extrémismes se réclamant d’une religion, la crise des réfugiés a relancé à nouveaux frais les débats sur les politiques identitaires, l’inclusion et l’immigration, sans compter l’acte criminel commis dans la ville de Québec contre des musulmans pratiquants dans une mosquée, l’avant-veille du dépôt de la présente demande. Dix ans après la commission et le rapport Bouchard-Taylor, comment évaluer les défis actuels? Quelles sont les réponses gouvernementales pertinentes? Quels sont les écueils auxquels se heurtent les politiques d’inclusion dans l’opinion publique survoltée? Quels sont les résultats des divers exercices de consultation et de délibération s’étant tenus au Québec et ailleurs dans le monde? 


Vers une définition fonctionnelle de l'islam comme religion en droit canadien

Fondation du barreau du Québec, 2016  

Équipe

David Koussens est chercheur principal et Sébastien Lebel-Grenier est cochercheur.
Safa Ben Saad est collaboratrice au projet.

Résumé du projet

La Fondation du Barreau du Québec a attribué une nouvelle subvention de recherche aux professeurs David Koussens et Sébastien Lebel-Grenier pour une recherche intitulée « Vers une définition fonctionnelle de l’islam comme religion en droit canadien ? ». Safa Ben Saad, docteure en droit de l’Université Toulouse 1 et chercheure postdoctorale à la Chaire de recherche Droit, religion et laïcité, collaborera activement avec eux sur ce projet.

L’État canadien est à la fois séparé des Églises, ne pouvant ainsi s’occuper directement des affaires religieuses, et astreint à une obligation de neutralité, lui interdisant de porter un jugement de valeur qui aurait pour effet de favoriser ou de désavantager une conception du bien de nature religieuse présente dans la société. Toutefois, l’État dispose également d’une obligation de garantie de la liberté de conscience et de religion qui l’amène indirectement à s’immiscer dans le champ religieux dont il va se faire l’interprète. Autrement dit, le principe même de la liberté de conscience et de religion va impliquer que l’État n’ignore pas le fait religieux mais, à l’inverse, le prenne en compte afin que les contours de cette liberté soient clairement définis. L’État est dès lors amené à déterminer a priori les contours de la religion, afin de garantir a posteriori la liberté de conscience et de religion de ceux qui s’en réclament. Pour ces derniers, l’appartenance à la catégorie « religion » devient ainsi un brevet de légitimité recherché et convoité, autant pour la reconnaissance qu’il confère que pour les avantages qu’il autorise.

Dans la période contemporaine, la visibilité accrue de certaines pratiques religieuses associées à l’islam contribue à remettre en question la place de ces pratiques à la fois dans la société et dans les institutions publiques. Malgré les processus de sécularisation et de laïcisation qui peuvent être retracés en contexte canadien, le christianisme y reste largement majoritaire. Historiquement ancré, il conserve un rôle de matrice culturelle de normalisation des croyances. En ce sens, la visibilité de religions qui ne sont donc pas normalisées dans la société, et c’est le cas de l’islam, devient alors un nouveau défi pour l’État dans sa régulation de la diversité religieuse. Ce défi, qui trouve sa source dans l’évolution démographique de la société, rejaillit indéniablement dans le champ du juridique par le biais de la protection de la liberté de conscience et de religion.

Cette recherche explorera les conceptions de la religion qui sont véhiculées par le droit au Canada dans son traitement du fait musulman. Il ne s’agira pas de travailler sur les conceptualisations de la religion qui ont pu être formulées dans le champ sociologique afin de comprendre l’islam, mais plutôt de montrer comment, dans le contexte canadien, la jurisprudence véhicule une définition fonctionnelle de l’islam qui emporte des conséquences pour l’expression collective des groupes musulmans concernés.


Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie - CRIDAQ

Regroupement stratégique du FR-QSC 2014-2020 

Résumé du projet

En 2016, David Koussens a rejoint le CRIDAQ, un regroupement stratégique du FR-QSC dirigé par Alain G. Gagnon (Science politique, UQAM) et rassemblant 32 chercheurs de 9 universités québécoises. L’équipe de chercheurs travaille sur la question du plurinationalisme dans l’espace québécois et par extension dans l’espace canadien et international. De façon plus concrète, la problématique centrale met en lumière les tensions que la diversité idéologique, religieuse, sexuelle et culturelle fait subir au principe national comme mode d’organisation politique. En mettant l’accent sur les tensions qui existent entre le principe national et la reconnaissance de la diversité au niveau infra et supra/transnational, nous explorons la diversité nationale et surtout, nous la problématisons. Bref, toute la pertinence et l’originalité de la programmation de recherche du regroupement reposent sur son approche englobante et intégrante de la diversité.

Dans le cadre de ses collaborations avec le CRIDAQ, David Koussens organisera deux colloques internationaux pour l’année universitaire 2016-2017. 

Le premier, intitulé « Les catholiques et la laïcité », sera coordonné conjointement avec Catherine Foisy (Sciences des religions, UQAM) et questionnera  les multiples rôles et positionnements des acteurs catholiques québécois dans le processus de laïcisation de l’État au cours des cinquante dernières années.

Le second, coordonné avec Michel Seymour (Philosophie, Université de Montréal), est intitulé « Multani, 10 ans après » et dressera un bilan des dix dernières années de débats sur les enjeux de laïcité au Québec.