Projets subventionnés

Les mouvements LGBTQ au Québec, des militants laïques d’un nouveau genre (1990-2017)

CRSH, Subvention Développement Savoir - 2018-2020

Chercheur principal

David Koussens

Chercheure postdoctorale rattachée au projet

Sara Teinturier (Chaire de recherche Droit, religion, laïcité)

Résumé du projet

Le Québec est un terrain remarquable d’observation des reconfigurations de la laïcité, de par la variété des débats et la diversité de ceux qui y sont engagés. C’est le cas des communautés Lesbiennes, Gays, Bisexuel(le)s, Transsexuelles, Transgenres, et Queer (LGBTQ) dont les mobilisations historiquement jalonnées de confrontations avec des valeurs morales incarnées par des institutions religieuses, se déploient aujourd’hui sur des enjeux de laïcité parfois inattendus. Au Québec, leurs mobilisations militantes ont d’abord concerné l'union civile et le processus de redéfinition du mariage civil (1990-2005). Plus récemment, par de nombreuses prises de position dans les médias ou dans le champ politique, ils se sont prononcés et parfois divisés sur la question du port de signes religieux dans la sphère publique (2006-2017). Leur arrivée dans ce dernier débat soulève plusieurs questions que cette recherche souhaite aborder. Pourquoi observe-t-on une extension du champ d’action militante des mouvements québécois LGBTQ sur cet enjeu contemporain de laïcité ? Comment cet engagement se distingue-t-il de celui sur la redéfinition du mariage civil, tant par les groupes qui y sont, intervenus, les motivations qui les ont guidées et les ressources (tant symboliques que matérielles) qu’ils ont mobilisées ? Ce faisant, comment les militants LGBTQ ont-ils contribué à refaçonner les aménagements laïques québécois ?

Ce projet que développera la Chaire de recherche Droit, religion, laïcité au cours des deux prochaines années, renouvellera les connaissances universitaires actuelles sur les mouvements LGBTQ et enrichira les approches, souvent théoriques, portant sur la laïcité en se focalisant sur la perception concrète qu’en ont des acteurs engagés sur le terrain.

Les espaces destinés aux prières dans les établissements d’enseignement supérieur. Enjeux juridiques et sociaux

Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur 2018-2019

Chercheur principal

David Koussens

Co-chercheurs

Bertrand Lavoie (chercheur post-doctoral rattaché à la Chaire), Frédéric Dejean (professeur, UQAM)

Résumé du projet

Cet important projet financé par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur est actuellement réalisé à l’échelle du Québec. Portant sur 17 établissements d’enseignement collégial ou universitaire, il vise dans un premier temps à diagnostiquer les politiques et pratiques de gestion de la diversité religieuse adoptées par les établissements d’enseignement collégiaux et universitaires, et plus particulièrement en lien avec des espaces destinés aux prières. Le travail de terrain effectué permettra dans un second temps de proposer des recommandations afin de soutenir l’action institutionnelle de ces établissements, confortant toujours plus la pertinence sociale du travail mené par la Chaire de recherche Droit, religion et laïcité.


La laïcité en pratique – Perspectives comparées

Mission investissements d’avenir, Programme initiative d’excellence de l’Université de Bordeaux 2016-2017

Chercheur

David Koussens

Résumé du projet

Ce financement a permis d’organiser à l’Université de Bordeaux un colloque international qui documente la polysémie du mot « laïcité » par une analyse comparée des contextes d’émergence des vocabulaires de la laïcité dans les démocraties libérales, des contenus attribués à la laïcité par ces vocabulaires, des acteurs sociaux et des logiques de réseaux qui les véhiculent. Il a permis un renforcement des collaborations de recherche entre la Chaire, mais également le Centre de recherche Société, Droit et religion de l’Université de Sherbrooke, avec le Laboratoire Cultures-Éducation-Sociétés (LACES EA 4140) de l’Université de Bordeaux.


L’expertise religieuse en droit de la famille

Chambre des notaires du Québec / Association du barreau canadien 2017-2018

Chercheur

David Koussens

Résumé du projet

Cette recherche analyse le poids de l’expertise en matière religieuse devant les tribunaux dans le contentieux du droit de la famille et l’arbitrage familial, afin de saisir les effets de l’analyse «objective» du religieux sur le droit. Ce faisant, elle permet de mieux éclairer la pratique des professionnels du droit, en leur permettant d’avoir un regard plus aisé sur les mandats donnés par les clients, comportant un aspect religieux, en lien avec les relations de mariage en tant que telles ou dans ce qui a trait au droit de la famille en général.  


Étudier le religieux au Québec. Regards d’ici et d’ailleurs

CRSH, subvention Connexion 2017-2018

Chercheur principal

David Koussens

Co-chercheurs

Catherine Foisy (UQAM), Jean-François Laniel (UQAM)

Résumé du projet

La religion est revenue au centre de l’actualité politique et au coeur des débats scientifiques. Qu’il s’agisse de la pluralisation ethnoreligieuse des sociétés, de la diversification des expressions du croire ou de la republicisation des religions et des églises, les raisons ne manquent plus d’étudier la religion en société. En cela, le Québec fait désormais figure de laboratoire pour l’analyse du religieux et des religions en modernité avancée : il connaît les enjeux et défis des sociétés contemporaines, il se trouve à la croisée de plusieurs aires géographiques et culturelles, il évolue en contexte multiculturel et plurinational. De plus en plus de recherches comparatives lui sont d’ailleurs consacrées et plusieurs ouvrages récents, publiés autant au Canada qu’à l’international, questionnent les nouvelles formes d’expression du religieux dans un Québec largement sécularisé, ainsi que leurs modalités d’encadrement, dans un État québécois en processus avancé de laïcisation. 

Ainsi assiste-t-on à un paradoxe : le regain d’intérêt pour la religion au Québec survient alors même que certains champs traditionnels, à l’instar de la théologie, paraissent menacés. Si le religieux contemporain bouleverse les frontières disciplinaires, il souligne également le besoin d’une compréhension scientifique globale. 

Dans ce contexte, la subvention obtenue a visé à l’organisation d’un important symposium dont le but était de dresser un bilan de ces travaux sur la religion au Québec - un tel exercice n’ayant pas été réalisé depuis plus de seize années. La subvention visait aussi à d’établir les propriétés particulières et universelles du phénomène religieux tel qu’il se présente au Québec, ainsi que favoriser des relations nouvelles, durables et synergiques entre chercheurs canadiens et internationaux.

Un ouvrage collectif est en préparation.


Où en sont nos sociétés en matière de gestion de la diversité culturelle et religieuse : 10 ans après la Commission Bouchard-Taylor

Subvention connexion, CRSH, 2017-2018

Équipe

Solange Lefebvre est chercheure principale. David Koussens et  Peter Beyer sont co-chercheurs.

Résumé du projet

Depuis 2007-2008, plusieurs chercheurs et citoyens issus de multiples sociétés ont intensivement débattu des enjeux, et l’événement planifié entend réunir plusieurs d’entre eux, alors qu’ils livreront les résultats de leurs réflexions les plus récents.  L’événement est traversé par trois problématiques interreliées : un examen des exercices publics de réflexion eux-mêmes, les théories récentes de la diversité et du pluralisme, la diversité et le pluralisme en contextes (Australie, Canada-Québec, France, Angleterre, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Europe en général, pays scandinaves).  Il est important de tenir de tels événements et de continuer à mobiliser les connaissances autour de ces enjeux clés pour améliorer le vivre ensemble de nos sociétés, soumis à rude épreuve depuis les années 2000.  Après l’anxiété collective suscitée par les extrémismes se réclamant d’une religion, la crise des réfugiés a relancé à nouveaux frais les débats sur les politiques identitaires, l’inclusion et l’immigration, sans compter l’acte criminel commis dans la ville de Québec contre des musulmans pratiquants dans une mosquée, l’avant-veille du dépôt de la présente demande. Dix ans après la commission et le rapport Bouchard-Taylor, comment évaluer les défis actuels? Quelles sont les réponses gouvernementales pertinentes? Quels sont les écueils auxquels se heurtent les politiques d’inclusion dans l’opinion publique survoltée? Quels sont les résultats des divers exercices de consultation et de délibération s’étant tenus au Québec et ailleurs dans le monde? 


Vers une définition fonctionnelle de l'islam comme religion en droit canadien

Fondation du barreau du Québec, 2016  

Équipe

David Koussens est chercheur principal et Sébastien Lebel-Grenier est cochercheur.
Safa Ben Saad est collaboratrice au projet.

Résumé du projet

La Fondation du Barreau du Québec a attribué une nouvelle subvention de recherche aux professeurs David Koussens et Sébastien Lebel-Grenier pour une recherche intitulée « Vers une définition fonctionnelle de l’islam comme religion en droit canadien ? ». Safa Ben Saad, docteure en droit de l’Université Toulouse 1 et chercheure postdoctorale à la Chaire de recherche Droit, religion et laïcité, collaborera activement avec eux sur ce projet.

L’État canadien est à la fois séparé des Églises, ne pouvant ainsi s’occuper directement des affaires religieuses, et astreint à une obligation de neutralité, lui interdisant de porter un jugement de valeur qui aurait pour effet de favoriser ou de désavantager une conception du bien de nature religieuse présente dans la société. Toutefois, l’État dispose également d’une obligation de garantie de la liberté de conscience et de religion qui l’amène indirectement à s’immiscer dans le champ religieux dont il va se faire l’interprète. Autrement dit, le principe même de la liberté de conscience et de religion va impliquer que l’État n’ignore pas le fait religieux mais, à l’inverse, le prenne en compte afin que les contours de cette liberté soient clairement définis. L’État est dès lors amené à déterminer a priori les contours de la religion, afin de garantir a posteriori la liberté de conscience et de religion de ceux qui s’en réclament. Pour ces derniers, l’appartenance à la catégorie « religion » devient ainsi un brevet de légitimité recherché et convoité, autant pour la reconnaissance qu’il confère que pour les avantages qu’il autorise.

Dans la période contemporaine, la visibilité accrue de certaines pratiques religieuses associées à l’islam contribue à remettre en question la place de ces pratiques à la fois dans la société et dans les institutions publiques. Malgré les processus de sécularisation et de laïcisation qui peuvent être retracés en contexte canadien, le christianisme y reste largement majoritaire. Historiquement ancré, il conserve un rôle de matrice culturelle de normalisation des croyances. En ce sens, la visibilité de religions qui ne sont donc pas normalisées dans la société, et c’est le cas de l’islam, devient alors un nouveau défi pour l’État dans sa régulation de la diversité religieuse. Ce défi, qui trouve sa source dans l’évolution démographique de la société, rejaillit indéniablement dans le champ du juridique par le biais de la protection de la liberté de conscience et de religion.

Cette recherche explorera les conceptions de la religion qui sont véhiculées par le droit au Canada dans son traitement du fait musulman. Il ne s’agira pas de travailler sur les conceptualisations de la religion qui ont pu être formulées dans le champ sociologique afin de comprendre l’islam, mais plutôt de montrer comment, dans le contexte canadien, la jurisprudence véhicule une définition fonctionnelle de l’islam qui emporte des conséquences pour l’expression collective des groupes musulmans concernés.


Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie - CRIDAQ

Regroupement stratégique du FR-QSC 2014-2020 

Résumé du projet

En 2016, David Koussens a rejoint le CRIDAQ, un regroupement stratégique du FR-QSC dirigé par Alain G. Gagnon (Science politique, UQAM) et rassemblant 32 chercheurs de 9 universités québécoises. L’équipe de chercheurs travaille sur la question du plurinationalisme dans l’espace québécois et par extension dans l’espace canadien et international. De façon plus concrète, la problématique centrale met en lumière les tensions que la diversité idéologique, religieuse, sexuelle et culturelle fait subir au principe national comme mode d’organisation politique. En mettant l’accent sur les tensions qui existent entre le principe national et la reconnaissance de la diversité au niveau infra et supra/transnational, nous explorons la diversité nationale et surtout, nous la problématisons. Bref, toute la pertinence et l’originalité de la programmation de recherche du regroupement reposent sur son approche englobante et intégrante de la diversité.

Dans le cadre de ses collaborations avec le CRIDAQ, David Koussens organisera deux colloques internationaux pour l’année universitaire 2016-2017. 

Le premier, intitulé « Les catholiques et la laïcité », sera coordonné conjointement avec Catherine Foisy (Sciences des religions, UQAM) et questionnera  les multiples rôles et positionnements des acteurs catholiques québécois dans le processus de laïcisation de l’État au cours des cinquante dernières années.

Le second, coordonné avec Michel Seymour (Philosophie, Université de Montréal), est intitulé « Multani, 10 ans après » et dressera un bilan des dix dernières années de débats sur les enjeux de laïcité au Québec.