Le regard en arrière dans les romans d'Anne Hébert

Antoine SIROIS

Anne Hébert utilise abondamment le thème du regard. Regard qui fixe, dominateur, qui perce, fouillant l'intimité, qui attire, séducteur, etc., mais aussi regard en arrière, vers le passé, l'enfance, les êtres ténébreux. Ce dernier regard est souvent associé au regard curieux de la femme de Lot ou d'Orphée. Dans Les chambres de bois, Catherine ne veut pour rien au monde se retourner vers Michel, « comme si elle eût craint d'être changée en statue de sel ». Quel est le sens profond de ce regard qui fige celui qui le jette, mais aussi méduse celui qui le reçoit, comme Bernard dans Héloïse, et fixe son destin ? Une étude plus approfondie de ce roman, à l'aide de la mythocritique, précise le rôle et les suites du regard trop curieux vers l'au-delà.