Un habit de lumière : vêtement et désir chez Anne Hébert

Annabelle M. RÉA

Depuis ses premières oeuvres (comme « La robe corail »), Anne Hébert médite sur les questions sociales suggérées par les relations étymologiques habit/habitude et costume/coutume. Prenant comme point de départ de nombreuses études, provenant de disciplines différentes, sur le rôle du vêtement dans la société, ainsi que des travaux sur la théorie du désir. Annabelle Rea examine ici le dernier roman d'Anne Hébert, publié en 1999. Un code vestimentaire rigide en conformité avec l'ordre social ; la soif de métamorphose qui représente un désir mimétique et la consommation effrénée ; l'authenticité reflétée par un adolescent habillé en fille ; le leurre d'un « danseur étoile », quasi nu au « Paradis Perdu », qui semble d'abord promettre la réalisation des désirs : voilà quelques-unes des attitudes vestimentaires dépeintes par Hébert qui sont analysées dans cet article.