La meilleure part. L'influence de Maurice Hébert et de Saint-Denys Garneau durant les années chrysalides d'Anne Hébert

Marie-Andrée LAMONTAGNE

Parmi les influences littéraires qui ont compté pour Anne Hébert, celles de son père, le critique Maurice Hébert et de son cousin, le poète Saint-Denys Garneau, ont sans contredit été déterminantes. Or ces derniers, bien que de manière différente pour chacun, ont formé leur goût sur la lecture de bon nombre d'écrivains français importants de l'entre-deux-guerres, catholiques pour la plupart, qui ont, par ricochet, informé l'horizon esthétique de la jeune Anne Hébert. En outre, à ses débuts, dans les années 1950, celle-ci a pu bénéficier du parrainage bienveillant de quelques écrivains français alors en vue, comme le poète Pierre Emmanuel et le critique Albert Béguin, catholiques eux aussi, et qui seront bientôt détrônés par des écrivains appartenant à d'autres générations littéraires. Le présent article veut montrer dans quelle mesure la réception de l'œuvre d'Anne Hébert est tributaire de son appartenance à cette famille esthétique des débuts et en quoi cette réception se distingue de celle de l'œuvre du poète de Saint-Denys Garneau, demeurée enfermée dans la référence québécoise.