L'adolescente et les marques d'agentivité dans Le temps sauvage d'Anne Hébert : une expérience de l'altérité

Lucie GUILLEMETTE

L'auteur de l'article se propose de démontrer comment l'avènement d'une parole féminine ébranle la conception d'un temps appréhendé comme statique au sein de la pièce Le temps sauvage. Paru en 1967, le texte dramatique élabore un système de représentations dont les schèmes régulateurs du passé et du présent servent non seulement à caractériser les personnages, mais à instaurer une opposition parole/silence significative. À l'intérieur des quatre actes qui composent la pièce, l'auteure décrit et analyse la formation d'une identité féminine selon une perspective féministe fondée sur l'étude de l'agentivité. De fait, l'ouvrage hébertien explore un modèle exemplaire d'agentivité qui est personnifié par une figure adolescente récusant le temps figé et, par ricochet, un rapport mère-fille fondé sur l'autorité et la hiérarchie. Il s'agit plus précisément d'examiner le discours et les actions du personnage de Lucie, une jeune fille de dix-sept ans évoluant dans un milieu familial engoncé dans la servitude et l'ennui.