Réceptions française et québécoise de Poèmes d'Anne Hébert en 1960-1961

Pascale MONGEON

Dès sa parution en 1960, Poèmes d'Anne Hébert suscite une réception critique riche dans les champs littéraires français et québécois. Selon le milieu où il est accueilli, le recueil provoque des discours variés. Poèmes sera principalement lu en France comme un témoignage de ce que le « Canada poétique » peut apporter à la tradition française : l'accent rafraîchissant d'une jeune auteure aux images exotiques et aux origines intrigantes. Pour les critiques québécois, le recueil évoque plutôt, à l'aube de la Révolution tranquille, l'emblème de l'éveil national, la prise de conscience d'une spécificité littéraire québécoise. Ce discours se juxtapose à une lecture spirituelle encore manifeste chez les critiques de la génération précédente. Ainsi, nous assistons à l'émergence de discours parallèles autour de Poèmes, dont nous tenterons de dégager les divergences et confluences.