Le projet de réécriture historique dans La Cage et L’Île de la Demoiselle d’Anne Hébert

Elena MARCHESE

Le théâtre d’Anne Hébert a fait l’objet d’une réception critique assez tiède au Canada comme ailleurs. Les deux dernières pièces, La Cage et L’Île de la Demoiselle, sont passées presque inaperçues. Ce manque d’intérêt de la critique dépendrait-il du sujet historique fortement enraciné dans l’imaginaire canadien ou du fait que la production théâtrale est considérée plus discrète que celle poétique ou romanesque? Dans cet article, on essaie de décortiquer les motifs qui ont pu conduire à une lecture moins attentive, surtout à l’étranger, de ces pièces qui pourtant témoignent, une fois de plus, de la richesse créatrice d’Anne Hébert. C’est ainsi qu’est mise de l’avant la notion de réécriture historique, étant donné que les deux histoires fictives se tissent sur le réseau historique de deux légendes réécrites par l’écrivaine, dans le but de réhabiliter deux figures féminines maltraitées par la mémoire des Hommes.