De la fin des dogmes à la volonté de puissance du sujet féminin : une lecture nietzschéenne d'Aurélien, Clara, Mademoiselle et le lieutenant anglais

Lucie Guillemette

La lecture nietzschéenne proposée ici se fonde sur l'hypothèse que le texte hébertien Aurélien, Clara, Mademoiselle et le lieutenant anglais mettant en scène la jeune Clara Laroche échappe aux structures binaires de la pensée judéo-chrétienne.  Il s'agit de montrer que la parole féminine, telle qu'elle s'exprime dans le récit, a pour fonction de faire coïncider le monde intelligible avec le monde sensible en harmonisant la pensée et la connaissance au rythme irrégulier de la nature dont la subjectivité d'une adolescente qui développe sa conscience du monde se fait la métaphore.  Plus précisément, il s'agit de décrire la raison naturelle, que développe la généalogie féminine, suivant la perspective d'une philosophie nihiliste.  Pour ce faire, il importe de démontrer d'abord comment le discours romanesque tente d'abolir l'antinomie corps / esprit issue de la pensée judéo-chrétienne et d'examiner par la suite les représentations discursives du féminin qui relativisent les régimes d'oppositions binaires édifiés par le discours philosophique de la modernité.