La prose transocéanique : exil et identité dans Le Premier Jardin d’Anne Hébert

Kateri Lemmens

Le phénomène de l’exil est l’une des problématiques majeures de la création littéraire moderne. À la fois aiguillon et prodrome de l’écriture, les rapports entre l’exil et le travail de l’écriture ne cessent de susciter réflexions et controverses. L’exil et l'étrangeté constituant deux des thèmes fondateurs de l'œuvre hébertienne, cette étude cherche à mieux cerner les implications du thème de l’exil dans Le Premier Jardin, et ceci, suivant trois grands développements : d’abord, une mise en place conceptuelle visant à mieux saisir, à l’aide de stratégies du texte dites postcoloniales et postmodernes, la dynamique qui détermine le problème de l’exil dans la littérature. En second lieu, une lecture thématique du Premier Jardin ponctuée d’éléments appartenant aux analyses relevant du postcolonialisme et du postmodernisme. Et, finalement, une réflexion plus ouverte visant à saisir comment les phénomènes de l’exil et de la créativité des artistes migrants mettent en relief certaines problématiques de la complexe identité contemporaine.